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Vie des marchés : « Il n’y a plus de saison »

Morosité et chiffres d’affaires en berne sur les marchés, une saison déjà jugée catastrophique par les professionnels.

Cœur de vie des places des villes et des campagnes, lieu de rencontres par excellence, incontournable lors de ses vacances, colorés et pittoresques, bruyants et odorants, appétissants et éclectiques, le marché est bien plus que l’endroit où l’on fait ses courses, il reste dans l’imagerie populaire un lieu sympathique, pittoresque et incontournable.

L’envers du décor

Pour le vacancier, sur le marché, les clichés sont nombreux : il est de toute évidence que la vie au grand air semble aller formidablement à la marchande de fraises, que le vendeur de saucissons avec son chapeau de paille et son accent du Sud-Ouest fait terriblement authentique (avant, il vendait des tee-shirts), que la vieille dame derrière son banc de fromages sent bon le terroir, que le démonstrateur (qui ressemble à un acteur, mais, si tu sais) a bien bonimenté pour vendre son lot de casseroles à 250 euros et que la rencontre fortuite au détour d’une allée de sa bonne amie ayant fait l’affaire du jour (achat de deux parapluies pour le prix d’un) est un réel plaisir (comment allez-vous ?).
Ainsi, en se promenant d’allées en allées, disposées de façon plus ou moins anarchiques, rappelant l’ambiance des souks pour les chanceux qui passent l’hiver dans les pays du Maghreb, notre chaland chine le futile et court à l’essentiel (qu’est ce qu’on prend pour ce midi ?)
Avec des chiffres d’affaires ressentis en baisse de moins 30 à 60 % par rapport à l’an passé, les commerçants des marchés, eux, tirent la langue en ce mois de juillet 2011.
Si les institutionnels, bouchers, poissonniers, marchands de fruits et légumes, de fromages et autres boulanger font grise mise, que dire des centaines « d’itinérants » qui déboulent « sur la côte » espérant profiter de la venue massive des touristes pour faire du « bénéfice ».

Vendeurs de tongs, Doudous et Gens du voyage

Les commerçants itinérants sont issus de tous les milieux : Demandeur d’emplois cherchant à rajouter quelques euros supplémentaires aux allocations de fin de droits (moins de 500 euros mensuels), gens du voyage qui débarquent par famille entière, les incontournables « Doudous » africains ou issus des DOM avec leurs marchandises identiques de stands en stands, les marchés brassent une population de vendeurs éclectiques. Il y a des reconvertis, ici, une ancienne comptable licenciée (crêpes et galettes bio), là, un informaticien en quête de retour à la nature (confiture et miel), plus loin, un caricaturiste « faisant la saison » pour financer ses autres projets artistiques, encore, plus loin, un rempailleur et un marchand de matelas aux cheveux blancs, dépités, eux connaissent toutes les ficelles du métier. Ils sont tous unanimes pour dire que cette année, c’est la catastrophe « On a jamais vu çà, plus, on avance dans la saison, moins, on fait de chiffres, çà se promène, mais çà n’achète pas » explique Patrick qui vend des sacs et des chapeaux.
La haute saison devient peau de chagrin, 15 juillet, 15 août et encore « On vend pratiquement à perte, entre le prix de la place, le gasoil et les frais de place, repartir avec 50 euros dans sa caisse est déprimant, je ne vous parle même pas du temps passer sur la route et derrière le stand » évoque ce quinquagénaire qui fait dans « le marocain ».
La montre automatique

La montre automatique

Il y a toujours la nouveauté qui fait le « buzz », cette année, cette drôle de montre au bracelet qui s’adapte à chaque poignet et qui tient sans attache. Affichée à 15 euros la première semaine par un petit malin qui avait trouvé le bon « coup », les ambulants se sont rués sur le produit faisant par le jeu de la concurrence et de l’offre et la demande baisser les prix. La montre magique a vu sa côte dégringoler entraînant dans sa chute la marge des vendeurs « Si ça continue, on va les donner » déplore ce marchand venu du Sud de la France.
La bonne affaire du moment se transforme en piège, pour avoir des prix chez les grossistes, il faut sortir l’artillerie lourde, acheter par 1 000 ou 2 000 exemplaires. Un investissement rentable en écoulant rapidement son stock au prix fort, car à l’achat, la montre revient de 2,30 à 2,50 euros pièce. C’est du quitte ou double, voir triple dans cet exemple avec le risque de se retrouver avec des invendus impossibles à écouler par la suite.
« Les marchés, ce n’est plus ce que c’était » est le constat fataliste et amère des commerçants ambulants. Ils essayent de trouver des « plans » sur des achats de « marchandises » afin de pouvoir afficher des jeans à 8 euros ou des caleçons à 3 les 10 euros ou se refilent des tuyaux sur les « bons marchés », ceux qui rapportent encore.
Ainsi, le bouche à oreille fonctionne, parfois comme un serpent qui se mord la queue : « St-Nazaire, le mardi, c’est mort, les gens ne peuvent pas se garer et en plus, c’est payant » Les ambulants se donnent le mot, résultat le marché est désert, donc, moins attirant pour les touristes (qui aiment les bains de foule) que celui de Pornichet avec ses 250 exposants !

Mais, pléthore de commerçants n’est pas nécessairement synonyme de grosses rentrées : « Je fais 3 fois plus de recettes à Guérande qu’à Pornichet, trop de concurrences, trop de monde, pas d’argent à dépenser, les gens ne savent plus où donner de la tête, alors pour sortir le porte-monnaie… » s’exclame ce rôtisseur sur la place depuis 5 ans.
« On vient sur le marché, juste pour l’essentiel, deux melons, un kilo de moules, une salade, pour le reste, ça sera les supermarchés et le superflu, on verra, il faut déjà régler la semaine de location (750 euros pour une petite maison à Pornichet) » nous confie cette touriste venue du Centre de la France, « Tout est cher, il n’y a plus que la mer et les feux d’artifices qui sont gratuits ! »
Alors, tous les commerçants des marchés espèrent que les touristes, « les vrais », ceux qui ont de l’argent, comme les « étrangers » vont enfin « en lâcher » en août en priant que la météo soit favorable, autre facteur essentiel pour remplir le tiroir-caisse.

 

Auteur : JRC | 21/07/2011 | 0 commentaire
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