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Un concert à moitié réussi à Paris

La Mairie de Paris a offert au public un concert très inégal le 14 juillet : grande tenue pour la première partie très appréciée, facile et décevant pour la seconde.

Entre la tour Eiffel et les Invalides, sur la pelouse de la fête de la Fédération de 1790, de nouveau consacrée en 1990 lors du fameux show « des trois ténors » (Domingo, Carreras et Pavarotti) mais récemment saccagée par les supporters du Paris-Saint-Germain, 400 000 personnes s’étaient donné rendez-vous pour assister à un concert de musique classique concocté par la Mairie de Paris. Pour une fois les organisateurs et la police étaient d’accord : il y avait au moins autant de spectateurs présents hier soir que de manifestants lors de la manif contre le mariage gay.

 

Réconciliation

Sous un dais de lumières en forme de théâtre classique L’Orchestre National de France et les Choeurs de Radio-France ont proposé à un public qui ne met jamais les pieds à l’opéra une kyrielle d’airs célèbres et contagieux : La méditation de Thaïs de Massenet, l’ouverture de Carmen et l’air de La fleur que je t’avais jetée de Bizet, un concerto impressionniste de Ravel, quelques extraits de Verdi (ouverture de La force du destin, le Va, pensiero de Nabucco, le Libiamo de la Traviata et sans oublier quelques ritournelles parisiennes dont La vie en rose ou Les feuilles mortes de Prévert et Cosma. Quelques-uns des meilleurs artistes du moment étaient là, tels Renaud Capuçon et son célèbre Garnerius del jésu (ex Isaac Stern), Ludovic Tézier (baryton), Vittorio Grigolo (ténor), Sonya Yoncheva (soprane) sans oublier l’extraordinaire Philippe Jaroussky (contre ténor) et le fabuleux pianiste Lang Lang. Un plateau haut de gamme où les artistes recherchaient moins la performance que la transmission de l’émotion. Un pari risqué mais réussi au-delà de toutes les espérances. Le public enchanté, s’est laissé séduire comme un seul homme et emporter par la magie des voix, la beauté des airs et la puissance de l’orchestre et des choeurs. L’apothéose ? Une Marseillaise divine et vibrante chantée par Roberto Alagna et reprise par tous les artistes présents, y compris Lang Lang et Renaud Capuçon. Le public leur a fait un véritable triomphe. Même un CRS qui avait été affecté le matin même au défilé confiait, la larme à l’œil : « ça, c’est autre chose que la musique militaire ! »

Prêchi-prêcha

Hélas, le concert qui avait réussi en une heure et demie à réconcilier les Parisiens avec la musique lyrique, et le beau chant avec une certaine idée de la France, s’est poursuivi par une bouillie droits-de-l’hommiste faite de citations sonores de l’abbé Pierre, de Coluche, de Malraux ou de Martin Luther King à la gloire de la liberté, de l’égalité et de la fraternité – des mots qui ont fait tous les métiers disait Paul Valéry – et que l’on ressort des tiroirs à clichés chaque fois que la gauche « éternelle » veut redorer son blason terni par les dures réalités de la vie. Et il arriva ce qui devait arriver : La « Hollandaise » ayant remplacé la Marseillaise, le magnifique élan d’émotion que les organisateurs avaient réussi à susciter est mort étouffé sous le prêchi-prêcha idéologique bassiné par la Mairie et une bonne partie de ces nouveaux convertis à l’art lyrique a préféré plier bagage.

Décidément, en chaque socialiste, il y a toujours un curé qui sommeille et qui ne peut s’empêcher d’emmerder ses fidèles au point de les décourager d’aller la messe. Et c’est bien dommage.

Auteur : CM | 15/07/2013 | 0 commentaire
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