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Réunion d'ouverture pour le débat public sur l'éolien maritime

Les champs d'éoliennes marines inquiètent en Presqu'île. Le premier débat public s'est tenu en présence de 250 personnes à l'Agora dans une salle trop petite, pour traiter du projet et de son contexte.
La vision des éoliennes selon le Parc du banc de Guérande
La vision des éoliennes selon le Parc du banc de Guérande

Chantal Sayeret présidente de la commission particulière du débat public présente les enjeux, voir http://www.media-web.fr/eolien-off-shore-le-debat-est-lance-80-102-1001.html

La parole de chacun « pèse » de la même façon, particulier, chef d'entreprise, président d'association, chercheur, le discours est écouté et (ou) écourté, avec la même autorité. Le tout est enregistré, chacun a l'obligation de se présenter avant d'intervenir.
Joël Batteux, maire de Saint-Nazaire a expérimenté cette règle, un peu surpris. Ces réunions très structurées ont l'intérêt d'informer le public, et de lui permettre de réagir. Les porteurs de projets, l'État sont interrogés et doivent répondre.
Le débat qui vient de s'ouvrir doit permettre de répondre à trois questions principales : « pourquoi un parc d'éoliennes au large de Saint-Nazaire ? Quelle installation ? Est-ce compatible avec les usages des territoires maritime et terrestre ?
 

Les zones propices : 10 km, 30 m, 7 m/s

Le préfet maritime a commencé par expliquer la démarche de l'État pour la définition des « zones propices », techniquement acceptables en terme de sécurité et d'usage et permettant de produire à des tarifs acceptables. En résumé il a fallu trouver des zones à au moins 10 km des côtes, ayant moins de 30 m de fond et subissant des vitesses de vent d'au moins 7 m/s. Ensuite, il faut s'assurer que ces zones sont compatibles avec les zones de trafic maritime, de pêches, de passages des oiseaux. La navigation de plaisance n'est pas un obstacle à l'installation.

Rappel des étapes du projet

Alstom projette d'implanter en mer, sur le banc de Guérande, 80 éoliennes de  6 MW chacune,  à 12 km des côtes sur une surface de 78 km2, capables de fournir 720 000 habitants.

Les industriels sont nommés « lauréats » des appels d'offres depuis avril 2012. Il sont actuellement dans la période de 18 mois dite de « levée des risques » c’est-à-dire de complément d'études (jusqu'à octobre 2013).
Le débat public prend sa place dans cette période de mars à juillet 2013. Ensuite il s'agira de confirmer le projet et d'obtenir les autorisations (octobre 2013 à mai 2015). Pour l'instant rien n'est « légalement acquis », et si le projet s'avérait impossible les industriels pourraient décider de « ne pas faire ». C'est pourquoi la présidente de la commission a exigé de parler « au conditionnel ».
La construction commencerait en 2015 et le démarrage serait progressif jusqu'en 2020. Le démantèlement est inclus dans le projet et interviendrait 20 ans après la mise en service.
 

Les questions

Parmi les questions et inquiétudes les sujets suivants ont été évoqués :

- La vue : « peut-on les placer plus loin ? », (l'association PROSIMAR), le FN aussi par la voix de Didier Vernet fait remarquer que le projet s'appelle « parc éolien de Saint-Nazaire alors qu'on le verra surtout de la Baie (de La Baule). Des photos montages présentent la vue de la baie, ou de la pointe du Diable.
- La sécurité, « vous ferez quoi si un autre Erika vient jouer aux quilles dans le champ d'éoliennes ». Le préfet maritime explique les paquets Erika I, II,III, les radars sur les éoliennes extérieures, et l'obligation d'envoyer les bateaux dans des ports refuges ».
- La pêche :  l'étude d'impact est engagée.
- L'emploi : «quelles retombées pour les jeunes, quelles formations ? » ;
- Le choix technique : « est-ce qu'on n'est pas en train d'installer des technologies qui vont être très vite dépassées, on parle maintenant d'éoliennes flottantes ?».
 

La nouvelle filière industrielle

Le maire de Saint-Nazaire, un élu de la CARENE, François Lefèvre pour Neopolia s'enthousiasment pour cette « plateforme qui sera le départ d'une nouvelle filière », « l'intérêt pour notre pays », pour les emplois créés.
 

L'avis des biologistes

Les chercheurs biologistes marins ont bien des choses à dire, mais le temps de parole est compté et la présidente indique « pour cela il y a les cahiers d'acteurs ».
Ils ont été appelés à la demande de la DREAL (direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement) pour donner leur avis.
Ils ont dit que le plateau de Guérande est très ressemblant au plateau du Four (classé zone Natura 2000). C'est un écosystème riche, une zone de nourrisseries, qui présente des grottes (caches pour les espèces) et de surcroît une belle forêt de laminaires, « quand les laminaires vont bien la pêche va bien »). Des mesures de houle de 14 m ont été enregistrées (projet SEMREV), pas top pour la sécurité. Ils s'interrogent sur  des fondations par monopiles plutôt que par jackets dans ce lieu rocheux fragile. Ils indiquent avoir montré « par a+b » que « tout près il y a une zone colonisée par des espèces très invasives ».(En clair elles se remettraient vite des perturbations du milieu lié à l'installation des éoliennes). Cela permettrait de plus d'utiliser des fondations de type jackets produites à Saint-Nazaire. Ils ont l'impression de n'avoir pas beaucoup été entendus et le font savoir.
 

On les déplacera s'il faut !

Plusieurs demandes ou démonstrations aboutissent à la question de l'implantation des éoliennes.
« On les déplacera s'il faut ! » répond le représentant d'EMR limite agacé.

Étrange cette utilisation du futur pour  modifier un projet dont il est dit en préambule  qu'il doit être présenté «au conditionnel». Comme si tout était déjà fixé.

Dans ce « débat », c'est le lieu d'implantation de la  ferme éolienne qui a posé le plus de questions : le banc de Guérande, et moins le principe de l'éolien maritime. EMR aura sans doute à « ferrailler » dur contre les opposants concernant ce point car il rassemble beaucoup de monde pour des raisons, ou des intérêts, très différents.
Les prochains mois diront si l'avis des scientifiques par exemple est pris en compte, si le débat est réellement utile, ou si tout cela n'est que « siffler dans dans le vent » pour « faire  joli » dans un projet déjà bordé, l'implantation étant déjà définie.

La « zone propice » pourrait-elle devenir une « zone de conflit », une ZAD (Zone à défendre, comme à Notre-Dame-des-Landes) ? Les voiliers, les bateaux de pêcheurs se mobiliseraient-ils pour la protection du banc de Guérande ?

Et à terre, quelle position ? Pour ou contre l'éolien en mer, et si oui, où ? Pour Joël Batteux qui rêve de voir des éoliennes de ses fenêtres et des dizaines de jackets sur le port de Saint-Nazaire pas de doute. Mais les candidats aux élections municipales de 2014  se définiront-ils clairement sur ce point ? Seront-ils présents pour donner leur avis dans les prochaines réunions ? Ils étaient bien discrets ce soir à Agora.


Pratique :
Pour les prochaines réunions, les comptes rendus et plus d'infos: debatpublic-eolienmer-saint-nazaire.org

Auteur : LY | 30/03/2013 | 5 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 03 avril 2013 à 17h04 par DE MAUVES
Je m'etonne que personne ne se préoccupe de la vue que nous aurons de ce parc éolien de la cote sauvage du Croisic.S'il est vu de la plage de la baule tel que dessiné actuellement ce sera encore pire de la cote sauvage.
Il faur raison garder, arretons de massacrer notre environnement.
#2 - Le 05 avril 2013 à 15h19 par collas, Jans
Un Appel d'offre préparé par de Hautes Autorités (?) et qui après sélection des Promoteurs se trouve maintenant mis en Débat public... Depuis toujours notre Association n'est pas la seule à demander que ce Parc éolien soit débaptisé "St Nazaire" mais annoncé aux Décideurs et Associations sous le Nom des Villes Côtières =La Baule, Le Pouliguen, Batz, le Croisic ou simplement selon sont lieu d'implantaion "Parc éolien de la Baie du Pouliguen... Donner la parole aux Décideurs locaux et aux Associatits qui défendent depuis toujours ce littoral si fragile, c'est logique, mais tous les utilisateurs de ce Patrimoine ont leur mot à dire sur le devenir de leur lieu de vacances... Ce Débat doit donc être prolongé afin de faire participer les Vacanciers, juilletistes et aoutiens, et les personnes du 3 éme âge qui viennent hors saison pour profiter du calme... une méconnaissance des Fonds marins a permis cette implantation à 12 Km de la Côte pour réduire le coût des travaux et de la maintenance, mais aussi de limiter les pertes de courant en ligne... D'autres énergies sont à l'étude au large du Croisic avec les courants, la houle et les marées, il serait sage d'arrêter le projet pour envisager un investissement plus rentable et moins destructeur de ce patrimoine... 2 milliards d'euros pour 80 éoliennes qui risquent d'attendre le vent alléatoire... 176 mètres de hauteur sur l'horizon, si les photo-montage ne sont pas accetables, il est possible comme cela s'est déjà fait pour des Parc éoliens terrestres de mettre en place au large des Ballons captifs montrant la hauteur et l'impact sur l'horizon... où d'aller voir le prototype sur le bord de la Loire au Carnet et de se placer à 12 Km pour comprendre... CC "Les Trie t'on?"
#3 - Le 05 avril 2013 à 16h36 par DLM - PROSIMAR, Pornichet
Les zones propices: 10km, 30m, 7m/s!

Ce n'est pas des "zones ayant AU MOINS 30m de fond" comme vous l'indiquez mais ayant AU PLUS 30m de fond: cette valeur de 30m ayant été imposée ARBITRAIREMENT par les industriels, et pour ce qui nous concerne, sur le banc de Guérande, c'est même moins de 20m!

Une éolienne de 180m de haut à 10 km sera vue par un observateur situé à 10m au dessus de la mer avec une hauteur de 6 fois le phare de la Banche et sous un angle de 58mn d'arc, c'est-à-dire presque deux fois plus grande que le soleil couchant ou la lune se levant sur l'horizon!
Une seule éolienne, ce serait acceptable, mais une forêt de 80 éoliennes ce serait un paysage incompatible avec le tourisme ou le rêve de chacun devant ce que représente l'horizon marin en termes d'espaces, d'aventures, de liberté, d'infini...
Voilà pourquoi la zône du projet devrait être éloignée à une vingtaine de km au moins, sur des fonds jusqu'à 45m comme dans les autres pays.

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Exact. merci de votre lecture- nous avons modifié - Rédac
#4 - Le 06 avril 2013 à 15h33 par Poisson, Idf
c'est du massacre ...avec 170 de haut soit environ un équivalent immeuble de plus de 50 étages ...le débat devrait même pas avoir lieu ....pas à moins de 25 ou 30 km en tous les cas ...et partout en France d'ailleurs Manche , atlantique ou méditérannée . guérande n'est pas plus ni moins précieux qu'ailleurs .
vous êtes aveougle ou quoi ! ou y a t'il encore des conflits d'intérets financiers ou politiques !? La vue sur mer est immuable ...les éoliennes seront toujours en face !!!!
Tous ces milliards peuvent être utilisés de façon plus intelligente ..isolation , géothermie partout , éolienes flottantes trés au large , hydroliennes, recherche etc ...
#5 - Le 06 avril 2013 à 19h34 par gosselet
Si dès le début il avait été dit: Eoliennes au large de La Baule, çà l'aurait pas fait comme on dit alors qu'à Saint-Nazaire qui est une ville industrielle, çà passe. Déjà que le phare de la Banche haut de 30 metres est visible du bd de mer de La Baule, que dire de 80 éoliennes de 150 metres de haut.

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