Tout ça, c’est la faute à Benjamin Franklin qui, en faisant publier le 16 avril 1784 dans le Journal de Paris un article concernant la possibilité de décaler les horaires pour économiser de l’énergie, a enclenché un processus quasi irréversible.
Il faudra attendre 1916 pour voir nos voisins, Allemands et Anglais instaurer ces changements d’heure. Laissons passer la guerre de 39/45 pour arriver aux chocs pétroliers de 73 et 76 qui vont induire le rétablissement d'une vieille loi votée au parlement français en 1917.
C’est donc le 28 mars 1976 que l’on passe pour la première fois en France à un décalage de deux heures par rapport au soleil. L’idée est de réduire la consommation d’éclairage en soirée. C’est le dernier dimanche de mars que l’on doit s’adonner à ce sport pour passer à l’heure d’été. Même opération fin octobre de chaque année, pour cette fois revenir à un rythme plus en adéquation avec l’heure solaire.
Le changement d’heure estival a été adopté par l’Union européenne dans les années 80 et harmonisé en 1998 pour faciliter les communications et les transports au sein de l’UE.
EDF et l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) se sont penchées sur les « économies réalisées ». Selon une étude datant de 2003, l’énergie gagnée serait de 0,28 % de la consommation intérieure d’électricité et de 4 % de la consommation totale d’énergie.
Évidemment, on ne peut pas prendre en compte la consommation induite des déplacements liés à ces soirées à rallonge qui incitent à « sortir » plus tard.
On reste donc dans le vague, la Commission Européenne déclarant « Les économies effectives réalisées sont difficiles à déterminer et en tout cas, relativement limitées ».
Les nouveaux types d’éclairage, comme les lampes fluorescentes et à basse tension participent aussi à cette réduction des bénéfices.
Les opposants au changement d’heures sont nombreux, en France, c’est l’association ACHED la plus virulente. Envoi de lettres aux députés européens ou aux politiques par exemple, où elle apporte la controverse et des éléments tangibles. On trouve ainsi sur son site internet ce paragraphe :
« L'Association française "Contre l'Heure d'Été Double" a remis aux services du Premier Ministre, des présentations de l'étude Karolinska et aussi des travaux de Barnes (USA) sur l'élévation du nombre des accidents du travail après l'avancement de l'heure. Elle leur a joint ceux de Kotchen et Grant (USA) relatifs au bilan énergétique négatif de l'heure d'été, compte tenu des surconsommations d'électricité induites dans l'habitat (chauffage et climatisation principalement) ».
Et cette préconisation :
« L'ACHED demande expressément au gouvernement français de réduire tout de suite l'avancement exceptionnel de l'heure légale du pays, en adoptant de préférence l'heure fixe GMT + 1. Cependant, dans la mesure où les responsables refuseraient d'abandonner les changements d'heure avant les autres partenaires européens, il serait nécessaire d'adopter rapidement l'heure d'été "simple", c'est-à-dire GMT en "hiver" et GMT + 1 en "été", comme solution d'attente. Ce système constituerait une réelle amélioration par rapport à la situation actuelle. Son introduction ne pourrait que faciliter un examen objectif du problème des heures d'été dans l'ensemble de l'UE».
On pourrait rajouter le rapport de l’École des Mines de 1992 concluant à « un effet minime » comme celui remis au Sénat en 1997 estimant que « les avantages annoncés ou attendus ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par la population ».
Le décalage par rapport au rythme solaire naturel entraîne des conséquences établies sur les animaux domestiques (la traite des vaches), sur les rythmes de sommeil des petits enfants et des personnes âgées ; un certain malaise qui dure, pour certains, quelques jours.
Sorte de serpent qui se mord la queue, qu’il fasse « jour plus tard » n’incite pas vraiment à se mettre au lit à 9 heures du soir. De plus, les activités de loisirs d’aujourd’hui « consomment », qu’il s’agisse de télévision, d’écrans d’ordinateurs ou de consoles de jeux vidéo.
Côté environnement, les pics d’ozone sont plus élevés avec l’heure d’été.
« Le sommeil est le grand perdant » avancent les opposants : « Pour s’endormir, le corps fabrique de la mélatonine, cette hormone est secrétée durant l’obscurité. Il faut environ deux heures pour attendre le niveau permettant l’endormissement ».
Les secteurs de l’agriculture, du bâtiment et de l’hôtellerie-restauration souhaitent le retour à GMT + 1 toute l’année. Enfin, on notera des rapports accablants émanant de la sécurité routière. l’ACHED évoque le nombre de 661 tués supplémentaires l’été de l’instauration de ce système.
L’ADEME insiste dans ses calculs pour estimer que l’on restera dans le bon choix jusqu’en 2030.
Laissons enfin à l’appréciation de chacun la petite gymnastique à pratiquer pour remettre montres et pendules à la bonne heure.
Le passage à l’heure d’hiver aura lieu dimanche 30 octobre 2011 à 3 heures du matin. Vous devrez retirer 60 minutes à l’heure légale. Il sera alors 2 heures.
Le passage à l’heure d’été aura lieu dimanche 25 mars 2012 à 2 heures du matin.
Le 10/05/2012 par REMY dans
Pour Bretagne Réunie la Bretagne, c'est maintenant !
Le 10/05/2012 par grand-ouest dans
Pour Bretagne Réunie la Bretagne, c'est maintenant !
Le 21/04/2012 par yt75 dans
Le Front de Gauche se crashe sur Notre-Dame-des-Landes
Le 14/04/2012 par Les Indignés du PAF dans
L’Appel des indignés du PAF
Le 14/04/2012 par PP dans
Visite éolienne pour les élus au Carnet
Le 25/03/2012 par Stéphanie Dupin dans
"Non non non à l’aéroport"
Média Web