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Notre-Dame-des-Landes : "Un retour à l’ordre public est possible sans évacuation violente !"

Matthieu Orphelin, député (LREM) du Maine-et-Loire et José Bové, eurodéputé écologiste vont proposer au premier ministre une solution pour que le problème de la ZAD soit réglé en douceur.

"A quelques jours de la décision définitive du gouvernement, nous affirmons qu’une sortie par le haut est possible à NDDL, loin des tentations belliqueuses de certains ou des rêves d’un Etat de non-droit d’autres. Un retour à l’ordre public à NDDL sans évacuation violente est possible ; c’est, à nos yeux et de très loin, le meilleur scénario !

Saluons d’abord la méthode mise en œuvre par le Président de la République (qui tranche avec celle des responsables politiques précédents !) : regarder d’un œil nouveau l’avenir du transport aérien du grand Ouest de la France. Le rapport de médiation rendu mi-décembre 2017, dont nul ne peut sérieusement contester la qualité du travail, montre que le réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique est une alternative crédible. L’ultime phase d’écoute des élus et décideurs locaux, pilotée par le Premier Ministre, permettra à l’exécutif de prendre une décision éclairée avant fin janvier.

Au-delà du choix de la plate-forme aéroportuaire (NDDL ou Nantes-Atlantique), sur lequel notre préférence est connue de tous, ce sont les conditions de sortie de crise qui se jouent. Retrouver un climat pacifié est non négociable et si nécessaire pour les habitants de la zone. Dans le cas du choix du réaménagement de l’aéroport existant, notre conviction est que l’Etat peut être fort en assurant un retour à l’ordre public à NDDL sans évacuation violente.

Pour y arriver, l’Etat peut imaginer un nouvel avenir pour NDDL, via un projet fédérateur autour de l’agriculture durable et de la biodiversité. Une mission pourrait être nommée pour élaborer ce nouveau projet emblématique, animer le dialogue avec toutes les parties prenantes, imaginer les soutiens aux actions portées par les acteurs locaux et préfigurer une future « Société civile du bocage » à qui serait confiée la concrétisation de ce projet agricole innovant sur les 1600 hectares préservés et la gestion de l’usage de ces terres agricoles.

Des expériences réussies peuvent être inspirantes. Celle du Larzac, où les terres récupérées après l’abandon de l’extension du camp militaire sont depuis gérées, avec la satisfaction de tous, par une société foncière titulaire d’un bail emphytéotique de longue durée signé avec l’Etat. Celle également du Plan Loire Grandeur Nature qui avait acté, après cinq années d’occupation du site de Serre de la Fare, l’abandon de quatre projets de barrages sur la Loire et permis de mettre en place une équipe pluridisciplinaire d’experts aux services de territoires et des porteurs de projets.

L’Etat peut également être fort en assumant une phase de transition de quelques mois vers un retour à la normale. Est-ce si étonnant, pour un projet si mal emmanché depuis plus de 50 ans ? Cette transition pourrait commencer à se concrétiser par de premiers signaux rapides, dont un nettoyage de la route « à chicanes » RD 281 qui doit sans délai retrouver une circulation normale. Le dialogue sera aussi enclenché avec les citoyens non-violents qui expérimentent sur le site de nouvelles organisations sociales ou activités -de facto pour l’instant de façon irrégulière-, pour, par exemple à terme, qu’une zone définie de la ZAD leur soit accessible pour continuer ces activités dans une relation régularisée. L’Etat gérera cette transition et les éventuelles difficultés qu’elle engendrera. Il faudra évidemment également du temps pour gérer la question de la remise à plat des droits de propriété et d’usage des terres sur lesquelles devait être construit l’aéroport.

L’Etat peut également démontrer sa force en s’assurant qu’il n’y ait plus jamais de projets menés comme celui-ci l’a été. Il doit y avoir un avant et un après NDDL. Les convictions d’élus locaux, aussi respectables soient-elles, ne doivent plus suffire à convaincre de l’utilité d’un grand investissement. Il faut de nouvelles pratiques : plus jamais un grand projet ne pourra être mené sans que ses impacts sur les grands enjeux de demain (climat, préservation des terres agricoles) ne soient correctement évalués et que ses alternatives n’aient été envisagées ; c’est d’ailleurs le sens de la loi sur le dialogue et l’évaluation environnementale des projets qui va être votée dans quelques semaines, sans beaucoup d’écho médiatique alors qu’elle changera vraiment la donne.

Enfin, l’Etat doit être fort dans sa négociation avec le groupe Vinci. Il est hors de question de payer des centaines de millions d’euros à un groupe qui tire une grande part de ses bénéfices d’équipements dont la puissance publique lui a confié la gestion, et qui de plus, gère l’aéroport existant de Nantes-Atlantique !"

Matthieu Orphelin, José Bové

08/01/2018 | 5 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 08 janvier 2018 à 11h46 par Jupiter
Nul ne peut contester que c'est l'occupation illégale de cette zone qui a fait reculer les différents gouvernements.
Cette situation est inadmissible en état de droit et aujourd’hui aménager une solution pacifique sur le dos des autres contribuables ou autres paysans qui ont vendu leurs terre est un encouragement à la violence et la rébellion.

Arrêtons avec ces éternels moralisateurs qui tronquent ou falsifient la vérité et les réalités économiques

Employer la force est la seule solution; les solutions non-violentes ne marchent malheureusement pas avec ces voyous, à moins de tout leurs céder.
Qu'un député LREM se rapproche de J Bové pour proposer de telles âneries en dit long sur le grand écart idéologique de ce mouvement.

Les sondages le confirment, les français en ont marre de ces tergiversations et de tous ces privilèges et passes-droits accordés à ceux qui ne respectent ni la démocratie, ni la loi, ni la république.
#2 - Le 08 janvier 2018 à 18h25 par michel bailly, Bouguenais
Orphelin, ex directeur de campagne de Hulot lors de la primaire écolo en 2016 ...

Bové parrainé par Françoise Verchère, maire de Bouguenais, pour sa candidature à l'élection présidentielle 2007 ...

Comme ils se retrouvent .. à l'aube de ce qu'ils considèrent comme leur victoire, que cet abandon de NDDL.

Orphelin et Bové pyromanes en soutenant TOUTES les actions anti NDDL, et non des moindres, jusqu'à il y a quelques jours, voudraient-ils devenir pompiers dorénavant ?

Que ces deux-la nous f... la paix !!!

Michel Bailly
Bouguenais

Militant pro NDDL qui croit naïvement (!!!) que le Président Macron tiendra sa promesse de campagne sur ce dossier, pour ceux qui se sont déplacés pour exprimer leur avis lors de la consultation ... et aussi ceux, dont je fais partie, qui ont tenus les bureaux de vote pour le bon déroulement de celle-ci.
#3 - Le 10 janvier 2018 à 10h58 par breizh44, Pornichet
Abandonner le projet NDDL et ne pas évacuer la ZAD sera un signal très dangereux que l’anarchie et le non-respect de la loi paient. Il y aura des ZAD partout dans le pays et la démocratie en prendra un sacré coup. On ne va tout-de-même pas par-dessus tout caresser ces anarchistes dans le sens du poil, non ?
#4 - Le 11 janvier 2018 à 17h02 par Lemere
@Breizh44
Et où avez vous vu que la démocratie était bafouée?
#5 - Le 12 janvier 2018 à 08h13 par breizh44, Pornichet
@ Lemere
A Notre Dame des Landes très précisément où une infime minorité d'anarchistes impose leur volonté à la population de la Loire-Atlantique qui a voté clairement en faveur du projet.

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