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Notre-Dame-des-Landes : les opposants dénoncent « l'illusion » d'un dialogue

L'opposition institutionnelle au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a dénoncé samedi l'"illusion" d'un dialogue au sein de la commission mise en place par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, menaçant de ne pas y participer si celle-ci ne peut pas aborder le bien-fondé même du projet.

"Nous dénonçons l'opération de communication engagée ces dernières vingt-quatre heures qui vise à créer l'illusion que le dialogue est possible", soulignent dans un communiqué commun l'Acipa (principale association d'opposants), le Cedpa (élus opposés au projet), l'Adeca (agriculteurs concernés) et la Confédération Paysanne.
En confiant à la commission la mission de "poursuivre le dialogue dans chacune des étapes de la réalisation du projet", M. Ayrault a réaffirmé "que le projet se fera, quoi qu'il arrive", montrant "à nouveau son mépris total pour tous les citoyens qui s'y opposent", estiment ces organisations.
Les signataires demandent au président de la République "de se saisir du dossier" et d'assurer notamment un "réel débat, aux yeux de tous, sur le fond du dossier", "faute de quoi nous ne pourrons pas participer aux travaux de cette commission".
M. Ayrault a assuré à plusieurs reprise que cet aéroport, qu'il a déjà porté alors qu'il était maire de Nantes, et destiné à remplacer l'actuel aéroport de la ville, "se fera".
Or "il ne s'agit pas pour (les opposants) de discuter la couleur du papier cadeau dont le gouvernement voudrait, à la veille de Noël, envelopper ce projet de nouvel aéroport mais bien de discuter du choix même du +cadeau+", rappellent les associations.
Lors de la première réunion de la commission de dialogue, vendredi à Matignon, son président, Claude Chéreau, a rappelé que sa mission est d'"écouter" à la fois "opposants et partisans" du projet, mais "sans juger" celui-ci.
Le premier ministre avait annoncé la mise en place de cette commission le week-end dernier, dans l'espoir d'appaiser les esprits sur fond de durcissement de la mobilisation contre le projet. De nombreux élus et responsables écologistes avaient demandé la nomination d'un médiateur.
De son côté, la Ligue des droits de l'Homme de Nantes, du Pays nantais et de Saint-Nazaire a estimé samedi dans un communiqué que "le dialogue entre opposants et porteurs du projet doit pouvoir être respectueux de l'autre".
L'organisation a par ailleurs mis en garde contre l'"escalade" et un "enchaînement pression-réaction", une semaine après de violents affrontements entre opposants cagoulés et forces de l'ordre sur le site, près de Nantes.

La LDH déplore notamment une "utilisation démesurée des forces de police avec le déploiement de plusieurs centaines de gendarmes, l'usage du flash-ball pour la LDH, cette arme ne doit pas être mise en ouvre dans le cadre de manifestations -, de grenades assourdissantes et des policiers infiltrés parmi des occupants de la Zone".
Plusieurs personnes, dont un CRS et un gendarme déguisé en manifestant, ont été blessés lors d'affrontements dans le secteur les 24, 25 et 26 novembre.
Dans une lettre ouverte adressée cette semaine au préfet de Loire-Atlantique, une
praticienne affirmant avoir soigné des opposants sur place le week-end dernier dénombre une trentaine de blessés, dont douze touchés par "des tirs de Flash-Ball" et six par des éclats de "bombes assourdissantes".
Samedi, des manifestations de solidarité contre le projet d'aéroport ont réuni localement quelques dizaines de personnes dans plusieurs petites villes de l'Ouest ainsi qu'à Strasbourg, sans incident.

Auteur : AFP | 01/12/2012 | 0 commentaire
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