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Notre-Dame-des-Landes : le problème de la compensation écologique

Avant de construire le nouvel aéroport, il faudra d'autres études mais parmi les questions, une n'est pas seulement technique : comment les promoteurs compenseront-ils les surfaces perdues ?

Les promoteurs du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes doivent revoir la façon dont ils répareront ailleurs les centaines d'hectares de milieux naturels détruits : les critiques émises mardi par des experts illustrent les écueils de la compensation écologique, méthode contestée dont ce projet constitue un laboratoire.

La compensation, définie comme « créer ailleurs des milieux équivalents à ceux détruits » est une obligation légale dans le cadre de grands projets.

Pour Raphaël Romi, professeur de droit de l'environnement à l'Université de Nantes, élu écologiste à Nantes, « le projet n'est pas simplement enterré mais carrément noyé », en considérant la loi sur l'eau (déclaration à l'APF).

Notre-Dame-des-Landes, utiliserait plus de 1650 ha, presque tout en zones humides, c'est l'un des premiers projets en France à devoir compenser sur une superficie aussi vaste. De plus la compensation ne doit pas s'effectuer en terme de surface (deux de compensation pour une perdue) mais par fonction : en restaurant des milieux remplissant le même rôle écologique, l (dépollution, régulation du débit d'eau localement, l'hébergement d'espèces protégées).

On peut aussi se demander comment « ailleurs » peut-être « être équivalent ».

Les experts relèvent douze réserves qui devraient être levées pour débloquer le projet et discutent la méthode retenue. En effet elle ne garantit pas la vérification de l'équivalence entre fonctions restaurées et celles qui ont été perdues par la perte des zones humides détruites. Aussi le risque d'échec des mesures proposées, ni le temps nécessaire pour atteindre les objectifs fixés n'est pas pris en compte correctement.
Le ministère des transports et Vinci, qualifiaient mercredi ce rapport « de contribution scientifique détaillée, rigoureuse et sans concession » pour caractériser la richesse des milieux. Ils indiquaient aussi que maîtres d'ouvrage et services de l'État devaient maintenant étudier cet avis assorti de recommandations amis rappelant que la compensation qualitative des surfaces amputées est une approche pragmatique, volontariste, et innovante, mais complexe.

 « Le projet, défendu en première ligne par Jean-Marc Ayrault, est intenable écologiquement, en plus d'être intenable économiquement » indique Benoît Hartmann, porte-parole de la fédération France Nature Environnement (FNE). Pour Raphaël Romi, « on ne sait pas faire le type de compensation proposée dans le dossier ».

Mais en attaquant la méthode retenue pour des modifs différents, experts et promoteurs, ne s'apprêtent-ils pas à demander des modifications de la règle du jeu et donc à ouvrir un chemin de négociation, à revoir le système de compensation ?

 


 


 

11/04/2013 | 0 commentaire
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