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Notre-Dame-des-Landes : à Nantes, la manifestation anti-aéroport dégénère rapidement

Annoncé depuis maintenant plusieurs mois, le mouvement qui se voulait « populaire, familial, intergénérationnel et festif » a vite été débordé par une frange radicale. Le centre-ville de Nantes a connu une véritable guérilla urbaine.
La manifestation anti-aéroport a dégénéré
La manifestation anti-aéroport a dégénéré

Dès samedi matin, on savait que la mobilisation serait forte. Les tracteurs sont arrivés par centaines des départements voisins. Les appels à défiler de la part des différents partis politiques et syndicats ont permis de grossir les rangs des manifestants.

Avant même la manifestation, les mésententes entre organisateurs et la préfecture s’étaient fait sentir. Le trajet du cortège ne plaisait à personne. Les manifestants voulaient traverser le centre-ville, tandis que la préfecture souhaitait canaliser le mouvement sur les grands axes.

Partie un peu après 13 h 30, la manifestation s’est élancée vers la rue de Strasbourg. Mauvais choix ! Vinci dispose d’une agence dans la rue. Dès les premiers tracteurs passés, l’agence a été cassée, saccagée et pillée. Concessionnaire de l’aéroport, Vinci est particulièrement visé par les manifestants. Le chantier du Neptune, sur l’île Feydeau a également vu un tractopelle brûler.
Plus l’heure tournait, plus la manifestation avançait. Mais plus l’atmosphère devenait pesante également. Certains manifestants s’en prennent aux forces de l’ordre qui répondent par des gaz lacrymogènes.

Pour la préfecture de Loire-Atlantique, « la fête est gâchée, les organisateurs sont débordés par la frange radicale sur laquelle ils s’appuient depuis le début de ce mouvement ». La préfecture annonce également que le commissariat situé Olivier de Clisson a été investi par les manifestants. Les forces de l’ordre comptent quatre blessés dans leurs rangs.

Pour empêcher les manifestants de se rendre dans le centre-ville, le cours des Cinquante Otages est fermé au niveau du cours Franklin Roosevelt. Le carrefour devient le centre de la contestation et des violences. Pavés, pieux, pétards, bouteilles, un harpon, des grilles de caniveaux, billes d’acier, fusées de détresse, tout y passe. Juchés sur le canon à eau, les CRS repoussent les assauts. Les vitrines des boutiques du cours Franklin Roosevelt volent en éclat, les locaux de la TAN (société de transport de l’agglomération) sont incendiés un par un de manière méticuleuse. Les cafés de la place du Commerce rangent leurs terrasses en quatrième vitesse. Cinq minutes plus tard, ils sont contraints de baisser le rideau de fer et de faire sortir les derniers clients.

Parallèlement à ces scènes de guérilla, un groupe se détache de la manifestation. Place de la Petite Hollande, les prises de paroles alternent avec les danses et les chants. Maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud assure que « si les casseurs manifestent avec nous, c’est que le gouvernement ne les a toujours pas virés de la zone. Ils décrédibilisent le mouvement ». Pour Jean-Luc Mélenchon, « le gouvernement finira par reculer parce que tout cela est absurde ». Les membres d’Europe Ecologie-Les Verts étaient également en nombre ; on a pu croiser Eva Joly ou encore Jean-Vincent Placé.

Les réactions des candidats à la mairie de Nantes ne se sont pas faites attendre. Laurence Garnier (UMP) « dénonce les débordements avec la plus grande fermeté et apporte son soutien aux forces de l’ordre » ; elle attend « une même réaction de la part de chacun des candidats ». Sur Twitter, Johanna Rolland « condamne fermement les dégradations et les violences » et assure « faire un point sur la situation avec le maire et le préfet ». Pierre Gobet « dénonce l’ensemble de la classe politique d’avoir provoqué une situation pareille ». S’exprimant pour Sophie van Goethem, Jean-Marc Vallaury « condamne les violences de ce jour ».

Après une telle manifestation, la contestation de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se radicalise. Si une partie des opposants, de bonne foi, conteste un projet qui leur semble inutile, une autre frange d’opposants semble profiter de chaque manifestation pour s’en prendre aux forces de l’ordre.
En fin de journée, la préfecture annonçait les chiffres. Près de 20.000 personnes ont défilé dans les rues de Nantes, avec « un millier de manifestants radicaux prêts pour le combat ». De son côté, le porte-parole de l’ACIPA, Julien Durand, évoquait « plusieurs dizaines de milliers » de manifestants.


 

Auteur : H.C. | 22/02/2014 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 22 février 2014 à 22h54 par Voleurs
Combien de ces anti démocraties vont payer les dégâts?
Il semblerait que peu d'entres eux aient été interpellés.
Envoyons alors la facture à EELV et les organisateurs complices et irresponsables.
#2 - Le 23 février 2014 à 09h06 par michel bailly, Bouguenais
Que l'on prélève sur les montants publics dus, au nom de la loi sur le financement des partis, les sommes engendrées par les dégâts.
Tout de suite, avec acompte significatif pour provision.
Sont concernés : EELV, Parti de Gauche, NPA, Conf. paysanne en tout premier lieu.
Quant à la présence de ces mouvances dans les exécutifs municipaux, régionaux, que les chefs de ces instances prennent les décisions qui s'imposent dès le 24 Février.
Quant aux Ministres EELV, que le 1er Ministre les prennent dès ce même jour.
Quant aux candidats EELV, Parti de Gauche, pour les prochaines élections municipales, que les comptes de campagnes soient bloqués dès ce 24 Février sans aucune possibilité d'entreprendre des dépenses de campagne.
IMPOT pour financer les partis politiques.
IMPOT pour rembourser des comptes de campagnes électorales
IMPOT pour payer la note des dégâts.
Sans oublier des coûts d'assurances à l'inflation prévisible, avec hausse mécanique, sonnante et trébuchante TVA.
Cela suffit !!!

Etc ...
Bon dimanche, tout de même.

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