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"Non non non à l’aéroport"

Plus de 200 tracteurs et environ 5 000 personnes sont venus à la manifestation anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Nantes.

Manifestation Notre Dame des Landes

C’est aux sons de « un éléphant, ça frappe, ça frappe… », « Vinci dégage » ou encore « non non non à l’aéroport » que les manifestants ont défilé dans le centre de Nantes ce samedi. L’objet de la manif ? Notre-Dame-des-Landes. Et plus particulièrement l’opposition au projet du nouvel aéroport. Et pour cela, plus de 200 tracteurs sont venus et environ 5 000 personnes (3 000 selon la police et 10 000 selon les organisateurs).
Partis de trois points en périphérie de la ville (Le Cardo au Nord, La Haluchère à l’Est et Pirmil au Sud), les manifestants se sont retrouvés à la Préfecture. Après un tour dans la ville, c’est Cours des 50 Otages, qu’un petit bocage a été reconstitué devant lequel quelques prises de paroles ont eu lieu.

Tous pour un et un pour tous

Les opposants ne sont pas que des exploitants de Notre-Dame-des-Landes, d’autres exploitants, des écologistes ou encore des citoyens interpellés par le projet étaient réunis. « Je vois aujourd’hui de la solidarité paysanne ; elle est belle », s’exclame l’un des organisateurs avant que le cortège ne parte de la préfecture. De Nantes, de la Presqu’île Guérandaise, mais aussi des autres départements comme l’Ille-et-Vilaine ou encore le Maine-et-Loire. « Les sympathisants ne sont pas tous des paysans, ce projet implique tout le monde », explique Camille de Nantes.

Un non-sens économique

C’est ce qui revient souvent. La construction d’un nouvel aéroport surtout en temps de crise étonne et interpelle. « C’est un projet inutile car Nantes-Atlantique n’est pas saturé ! », souligne Thérèse de La-Chapelle-sur-Erdre. Il suffirait de quelques changements sur le site de Nantes Atlantique pour l’améliorer ; et pour beaucoup moins cher.
Il leur semble que la seule raison qu’il y a de faire cet aéroport, c’est le prestige mais « nous ne sommes pas d’accord pour payer pour ça », est une réponse fréquemment entendue. Pour Laurette, militante du Front de Gauche, « C’est une société privée qui va récolter tous les fruits de ce projet. Les transports aériens sont extrêmement polluants, Nantes se dit une ville verte et Ayrault glorifie l’avion ! ». Elle souligne aussi que pour chaque exploitation qui fermera à Notre-Dame-des-Landes, ce seront six salariés licenciés, soit au total au moins 600 personnes.

La défense du monde paysan

Tous les sept ans, c’est l’équivalent en terres agricoles d’un département qui disparaît. Peu de projets de l’importance de Notre-Dame-des-Landes, mais beaucoup de grignotages pour créer des ZAC, des lotissements, … Les manifestants prônent aussi une autre manière d’aménager le territoire, autre que la construction à outrance, un modèle de développement « d’un autre temps ». Mathieu habite en Presqu’Île Guérandaise mais travaille à Notre-Dame-des-Landes, en plus de son emploi, c’est « le maillage de toute la commune qui va disparaître si l’aéroport est construit ». Des militants bretons d’Europe Écologie Les Verts (EELV) présents précisent que leur parti veut « arrêter la déperdition agricole ».

« Non à l’Ayrault-port »

Le slogan, un peu partout dans la bouche des manifestants ou sur les pancartes, dénonce l’accord donné par le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, au projet. Pour EELV, il est possible de stopper le projet, par la force. Pas physique, bien sûr, mais politique. « C’est une histoire de rapports de force, les hommes politiques savent évaluer ce genre de choses et changer d’avis », estime une militante. Abordant avec fierté son écharpe d’élu, Hervé Le  Roux conseiller municipal de Treillières est là pour afficher son hostilité au projet : « nous considérons que c’est un projet du passé, coûteux, désastreux sur le plan environnemental et destructeur d’emplois, notamment pour les agriculteurs ». Joël Guerriau était l’un des rares élus connus à être présent à la manifestation. Dans le discours d’un des intervenants, ELLV il a été accusé d’avoir vendu son âme concernant le site de Notre-Dame-des Landes. Le tout nouveau sénateur ne s’est pas vraiment ému de cette attaque ciblée : « C’est énervant. On voit bien qu’il y a des gens de la gauche radicale qui n’ont jamais accepté les accords de gestion que nous avons passés avec la gauche. Mais c’est une stratégie que nous assumons pleinement. Moi je considère que la lutte n’est possible que si nous sommes unis ».

Mobilisation encore et encore

Une énième manifestation, direz-vous. Mais pas la dernière. « Nous voulons profiter d’un petit espace de liberté qu’il nous reste pour nous exprimer. En tant que citoyens, nous sommes démunis face au rouleau compresseur de Vinci et des notables », regrette une manifestante. Prenant l’exemple du Larzac dans les années soixante-dix, ou, plus récemment et localement, le projet d’autoroute à travers les marais salants de Guérande, ils savent que la mobilisation des citoyens peut faire changer les choses. Et comme il n’est pas trop tard pour stopper le projet, ils vont continuer encore et encore. « Tant que la construction n’est pas commencée, on peut tout arrêter. Nous avons besoin d’un moratoire », ajoute Thérèse.
 

Témoignage d’une agricultrice

Sylvie Thébault agricultrice à Notre-Dame-des-Landes est directement impactée par le projet d’aéroport et refuse d’abdiquer face à la puissance dévastatrice de Vinci. Productrice laitière sur 65 ha, elle ne possède qu’un seul, qu’un hectare à titre personnel : « Il y a 13 ans, j’ai repris l’exploitation à un tiers. Un an après mon arrivée, Jospin a ressorti le dossier de Notre-Dame des Landes des cartons. Le 9 février dernier tout comme les autres propriétaires, j’ai reçu la notification d’expropriation qui annonce le transfert des terres à AGO. Aujourd’hui tout propriétaire qui n’a pas négocié à l’avance avec FIT conseils (filiale de Vinci chargée des acquisitions de biens) sera considéré comme squatter sur ses propres terres. Moi, je n’ai pas voulu céder malgré le harcèlement téléphonique incessant de FIT Conseils et j’entends me battre jusqu’au bout ».

24/03/2012 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 25 mars 2012 à 20h04 par Stéphanie Dupin
Il y avait hier 220 tracteurs venus de partout, les paludiers de Guérande étaient là mais il y avait aussi des agriculteurs d'Herbignac et des gens solidaires du Larzac (une banderole a traversé la ville), des italiens, des anglais...
Nous étions surement plus près des 10 000 que des 3000. Je pense que la police a du omettre de compter les gens sur les trottoirs.Comme à son habitude.

Il aurait été intéressant aussi de parler de l'excellente organisation de cette manifestation. Afin de défendre la culture paysanne, les organisateurs ont intégré à la manifestation des actions culturelles ponctuelles, théâtre, musique, performance de peinture sur sol, dragon déambulatoire, clowns, lancé de chaussures sur les fils électriques (attention très dangereux ;).... Un tract expliquant l'organisation de la manifestation est passé dans toutes les mains, pour permettre aux citoyens de se repérer et savoir où aller.

Bien évidemment,les médias ont évité, comme à leur habitude, de traiter ce sujet un peu trop positif et ne faisant pas leurs choux gras. En revanche, de beaux gros titres en première page dans Ouest France pour dire que la manifestation a un peu dégénérée dans l'après midi. FAUX !

En fait la manifestation a été parfaitement calée,et s'est terminée comme prévu à 17h. Les CRS ont passé leur temps à se tourner les pouces derrière les barrières. Leur seule action dans la manif a été d'embarquer les deux flics de la BAC, en civil, qui ont été repérés dans un des cortèges. Près de 2000 CRS dans Nantes avec des camions immatriculés du 75... On trouve ça normal. Et pendant ce temps là Jean Marc Ayrault répond au citoyens demandant un débat "Ce n'est pas la rue qui gouverne". Belle preuve de démocratie !

Et pour faire taire les mauvaises rumeurs, il y a seulement une petite bande d'excités le soir plutôt vers 18h / 18h30 qui a commencé à s'échauffer. La question a été réglé en moins d'une heure. Ils n'étaient pas 300 ! il y avait des mineurs !

CQFD

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