www.media-web.fr

« Main basse sur l’information »

C’est le titre du livre de Laurent Mauduit qui explique pourquoi la presse est en  état de "déliquescence avancée."

« Jamais depuis la seconde guerre mondiale l'information n'a été aussi muselée. » Souligne Laurent Mauduit cofondateur de Mediapart, ancien chef du service économique de Libération et ancien directeur adjoint de la rédaction du monde.

Son livre sorti en janvier 2016 n’a pas reçu un grand écho de la presse et pour cause. " S'il faut une refondation de la presse pour garantir son indépendance et l'honnêteté de l'information, elle n'a guère de chances d'aboutir sans une refondation générale de notre démocratie. Si notre presse est entre des mains fortunées, si la télévision publique est toujours aux ordres de l'éxécutif, c'est qu'en réalité notre démocratie est plus que jamais malade. C'est que les medias sont plus que jamais contaminés par les ravages tout à la fois du présidentialisme et de l'affairisme." Souligne l’écrivain sur Mediapart.

Alors que le Conseil National de la Résistance espérait, à la Libération, que la France se dote d'une presse indépendante des "puissances finnacières", celles-ci contrôlent aujourd'hui presque tous les medias. Et la normalisation économique se double fréquemment d'une normalisation éditoriale, quand il ne s'agit pas d'une censure pure et simple. 

En 2012, la concentration de la presse entre les mains de quelques milliardaires a atteint en France des proportions inimaginables.

- Vincent Bolloré est à la tête Canal + et C News

- Le financier franco-israélien Patrick Drahi, possède Libération, le groupe L'Express avec ses innombrables publications, dont L'Expansion, L'Entreprise, L'Étudiant, Lire, À Nous Paris, Classica, et pris le contrôle de 49 % du capital de NextRadioTV (BFM-TV, BFM-Business, RMC).

- Le trio Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse, après avoir mis la main sur le groupe Le Monde, a élargi son empire en achetant Le Nouvel Observateur. Matthieu Pigasse a par ailleurs investi dans le magazine Les Inrocks et la radio Nova, ainsi que dans Vice. À eux trois, ils possèdent désormais Le Monde, M, Le Monde des religions, La Vie, Télérama, Courrier international, L'Obs, Rue89, Vice, et comme actionnaire minoritaire Le Huffington Post.

- Le milliardaire du luxe Bernard Arnault, après avoir avalé le premier quotidien économique français, Les Échos, s'est offert le premier quotidien populaire, Le Parisien. Il possède de ce fait Radio Classique, Aujourd'hui en France, Investir, et pour partie L'Opinion.

- Le milliardaire libanais Iskandar Safa s'est offert le magazine de droite radicale Valeurs actuelles.

- Arnaud Lagardère a en partie liquidé l'immense empire de son père mais a gardé le contrôle de trois grands médias : Europe 1, Paris-Match et Le Journal du dimanche. Le groupe est par ailleurs encore propriétaire de France Dimanche, Elle, Version Femina, Ici Paris, Public, Télé 7 jours, Gulli, MCM, Mezzo, Virgin Radio, RFM.

- Martin Bouygues, le roi du béton, détient la première chaîne privée française, TF1, et donc TMC, NT1, HD1, LCI, TV Breizh, Histoire et Ushuaïa TV.

- Serge Dassault, avionneur et marchand d'armes de son état, est à la tête du Figaro.

- François Pinault, l'autre milliardaire du luxe, est le propriétaire du magazine Le Point.

- Les Bettencourt contrôlent et financent massivement le journal L'Opinion.

- Bernard Tapie contrôle La Provence.

- Le groupe EBRA, propriété du Crédit Mutuel, détient les journaux régionaux Lyon Plus, Top Est, Le Bien public, L'Est Républicain, Les Dernières nouvelles d'Alsace, Le Progrès, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Journal de la Haute-Marne, Vaucluse Matin, Vosges Matin, Le Dauphiné libéré, Le Républicain Lorrain, La Liberté de l'Est.

La concentration de la presse n’a jamais été aussi importante. Le site sott.net parle d’un retour de la presse de l’entre-deux-guerres.

« Nous assistons à un retour de la presse de l'entre-deux-guerres, cette presse vénale et corrompue, propriété des plus grandes puissances d'argent, avec lesquelles le CNR avait précisément voulu rompre. Mais que l'on observe encore les crédits publics à la presse, pour achever ce tour d'horizon : dans le cas des aides directes, ce sont les milliardaires qui sont les premiers servis et, pour tout dire, les aides les plus colossales tombent toujours, semble-t-il, dans la poche des plus riches. » 

 

Au hit-parade de ces aides directes (chiffres 2014) : 

- Le Figaro (groupe de Serge Dassault) arrive 1er (15,2 millions d'euros) 

- Aujourd'hui en France (Bernard Arnault) (14 millions) 

- Le Monde (Niel, Pigasse et Bergé), (13,1 millions) 

- Libération (Patrick Drahi), (8 millions) 

-  Télérama (Niel, Pigasse et Bergé) (7,1 millions) 

- L'Obs (Niel, Pigasse et Bergé), (5,2 millions) 

 - L'Express (Patrick Drahi), (4,9 millions) 

 - Le Parisien (Bernard Arnault), (4,3 millions) 

- Paris-Match (Arnaud Lagardère), (3,6 millions) 

 - Le Point (François Pinault), (3,5 millions) 

 - Les Échos (Bernard Arnault), (3,4 millions)

 

Main basse sur l'information, de Laurent Mauduit. aux éditions Don Quichotte.

25/08/2017 | 0 commentaire
Article précédent : « Les Républicains à La Baule : On a beaucoup parlé de Wauquiez, très peu de ligne politique »
Article suivant : « 35ème anniversaire de l'attentat de la Rue des Rosiers et les suspects courent toujours »

Laisser un commentaire

*

*

*

*

Les champs marqués d'une étoile sont obligatoires

Media Web 136, avenue des Ondines 44500 La Baule
www.media-web.fr  |   Nous contacter