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Les sapeurs-pompiers de France et le secours à personnes

François Hollande s’est engagé à garantir, pour tous et partout, un accès aux soins d’urgence dans un délai maximal de trente minutes. Les sapeurs pompiers de France ont remis une contribution, au président de la République lors d’une audience accordée au Comité exécutif fédéral le 4 février 2013.

Nous reproduisons ici in-extenso la contribution des sapeurs-pompiers de France en 18 points remise au président de la République.

« Le dispositif français d’organisation du secours à personnes et de l’aide médicale urgente est construit autour d’une véritable chaîne des secours et soins d’urgence avec l’intervention complémentaire de deux acteurs : les sapeurs-pompiers et l’hôpital.

Premier maillon de cette chaîne, les sapeurs-pompiers de France, par leur proximité avec les populations et les territoires, ont vu croître ces dernières années leur participation au secours à personnes.


1 - Les sapeurs-pompiers interviennent plus vite et plus souvent que tout autre acteur de l’urgence
Ils disposent d’un maillage territorial inégalé avec 7 300 centres de secours. Ils apportent une réponse urgente sur l’ensemble du territoire dans un délai moyen de 12 minutes et 32 secondes. Ils ont porté secours à 3 367 046 personnes en 2011.
Les sapeurs-pompiers pilotent les dispositifs de secours dans les situations d’urgences collectives et de catastrophes (Toulouse AZF...). Leur expérience est également reconnue de longue date à l’étranger dans les catastrophes (Haïti...).

2 - Le secours à personnes a désormais rejoint le coeur d’activité des sapeurs-pompiers
Il constitue 80 % de l’activité opérationnelle et il connaît une croissance ininterrompue depuis plus de vingt ans.

3 - Le secours à personnes structure les services d’incendie et de secours
Il dimensionne les ressources humaines et les infrastructures. Il s’appuie sur un dispositif capable de monter en puissance.
Le maillage territorial du secours à personnes bénéficie à toutes les autres missions des sapeurs-pompiers.

4 - Le pilotage du secours à personnes est un enjeu majeur pour l’ensemble du service d’incendie et de secours
Les services d’incendie et de secours doivent en être les gestionnaires, et non des sous-traitants, en définissant et stabilisant le périmètre et la conduite de leurs missions. Les sapeurs-pompiers assurent le commandement des opérations de secours à personnes. Ils ne doivent pas être confinés aux seuls territoires les plus difficiles.

5 - Le secours à personnes commence avec une action de prompt secours (mais ne s’y arrête pas)
Une intervention relève du secours à personnes dès qu’elle nécessite une action de prompt secours. Cette action de secourisme en équipe permet l’évaluation rapide des situations d’urgence et l’adaptation éventuelle des secours complémentaires dont les soins d’urgence médicaux ou paramédicaux. Le prompt secours ne se limite donc pas à la prise en compte des urgences vitales, et se poursuit jusqu’à l’évacuation de la victime.

6 - Les victimes en détresse vitale ne survivent pas 30 minutes sans une action de prompt secours
Le secourisme en équipe permet de maintenir en vie les victimes les plus graves : arrêts cardiaques, traumatismes graves, détresses respiratoires… La réponse à l’objectif de soins d’urgence à 30 minutes relève d’une compétence partagée entre les acteurs concernés.

7 - Le secours à personnes et l’aide médicale urgente ne sont pas antinomiques
L’aide médicale urgente ne se résume pas à l’action des SMUR : elle recouvre un domaine plus large et va bien au-delà des urgences vitales en incluant notamment la permanence des soins. Ainsi lors d’une opération de secours à personnes, l’action des sapeurs-pompiers contribue à l’efficience de l’aide médicale urgente.

8 - Le rôle de la régulation médicale doit être distingué de la gestion opérationnelle du secours à personnes qui relève des sapeurs-pompiers
L’essentiel des appels à la régulation médicale est étranger au secours à personnes et relève notamment de la permanence des soins. Le référentiel commun « secours à personnes – aide médicale urgente » (SDIS-SAMU) définit les conditions de l’articulation entre le commandement des opérations de secours à personnes et la régulation médicale.

9 - La coordination des secours doit faire appel à des plateformes communes
Le rapprochement entre les centres d’appel d’urgence doit être la règle, au minimum par des plateformes virtuelles et chaque fois que possible avec des infrastructures communes.

10 - Le prompt secours doit être distingué du transport sanitaire :
- Prompt secours : action urgente de secourisme, en équipe constituée, accompagnée d’un bilan et suivie de l’évacuation de la victime lorsqu’elle est nécessaire : c’est le rôle des sapeurs-pompiers.
- Transport sanitaire : transport d’un patient, dans des conditions adaptées à son état de santé (couché, assis…), depuis ou vers un lieu de soins : c’est le rôle des transporteurs sanitaires.

11 - Les actions des sapeurs-pompiers auprès des personnes ne relevant pas d’une opération de secours doivent être gérées de manière distincte
Outre les transports sanitaires par indisponibilité des transporteurs privés, il s’agit également des missions d’assistance non urgente aux personnes. Leur réalisation par les services d’incendies et de secours doit être compensée financièrement et n’est pas prioritaire sur l’activité opérationnelle urgente.

12 - L’expertise technique des services d’incendie et de secours leur permet de piloter le secours à personnes
Cette expertise s’appuie sur la pratique opérationnelle des secouristes sapeurs-pompiers (au sein des véhicules de premiers secours et des véhicules de secours et d’assistance aux victimes) et des membres du Service de santé et de secours médical (SSSM en charge des soins d’urgence médicaux et paramédicaux) des services d’incendie et de secours.

13 - Des soins d’urgences adaptés sont délivrés sur tout le territoire national par les infirmiers de sapeurs-pompiers
Il existe un champ intermédiaire entre le prompt secours et la réanimation pré-hospitalière qui correspond aux infirmiers de sapeurs-pompiers mettant en oeuvre des protocoles de soins d’urgences, et prochainement des pratiques avancées.
Il ne s’agit pas d’une réponse dégradée, mais bien d’une réponse adaptée à la situation de la victime : le « juste soin » qui contribue à l’accès aux soins d’urgence.

14 - Des médecins de sapeurs-pompiers interviennent également chaque jour auprès de la population
Ce sont des praticiens de proximité intervenant aux côtés des équipes de prompt secours et qui constituent une première réponse médicale à l’urgence. Les médecins de sapeurs-pompiers n’ont pas besoin d’un autre statut pour participer aux missions de secours à personnes. Ils sont notamment présents sur les territoires les plus éloignés des structures d’urgences et contribuent également à l’objectif de soins d’urgence à 30 minutes.

15 - Le secours à personnes ne se résume pas à l’action secouriste des sapeurs-pompiers, mais recouvre aussi une part des soins d’urgence
Ces soins d’urgence sont apportés par :
- Les infirmiers de sapeurs-pompiers disposant de protocoles de soins d’urgence,
- Les médecins de sapeurs-pompiers de proximité,
- Les équipes de réanimation pré-hospitalière : les SMUR et les équipes constituées des services d’incendies et de secours (BSPP, BMPM, SDIS...).

16 - La médicalisation des hélicoptères de la sécurité civile doit être développée
La médicalisation des hélicoptères de secours de la sécurité civile est une condition de leur usage le plus rationnel : elle peut être le fruit d’une coopération entre les moyens des SDIS et ceux des SMUR. Des expériences probantes existent depuis plusieurs années.

17 - Les coopérations entre services d’incendies et de secours et les agences régionales de santé doivent être renforcées
Au niveau national, le ministère de l’Intérieur est le pilote du secours à personnes en concertation avec le ministère de la Santé. Les schémas départementaux d’analyse et de couverture des risques et les schémas régionaux d’offre de soins doivent être validés après concertation entre les services d’incendie et de secours et les agences régionales de santé.

18 - L’activité des services contribuant au secours à personnes et à l’aide médicale urgente doit faire l’objet d’une évaluation qualitative
L’évaluation prévue par le référentiel commun SDIS-SAMU n’est pas mise en oeuvre à ce jour. Elle ne se limite pas à l’appréciation a priori des situations au moment de la régulation médicale et doit également faire apparaître le bénéfice apporté aux victimes par les différents acteurs.»

Source : pompiers.fr
 

06/03/2013 | 0 commentaire
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