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Les protestants en fête à Paris

Après le rendez-vous réussi de Strasbourg en 2009, la Fédération protestante de France en la personne de son actuel président, le pasteur Claude Baty, organisait une nouvelle manifestation conviviale de trois jours dans la capitale, un « pari de l’espérance pour tous » requalifié en « Paris d’espérance ».
photo  http://www.protestantsenfete2013.org
photo http://www.protestantsenfete2013.org

En guise de préambule, un manifeste intitulé L’espérance, un pari nécessaire  avait été signé par un grand nombre de religieux (pasteurs, mais aussi évêques et cardinaux dont André Vingt-Trois, et Philippe Barbarin, de civils comme Éric Peugeot, les professeurs Didier Sicard et Jean-François Collange ainsi que des personnalités du spectacle tel le comédien Roland Girault.

 
 

Un objectif ambitieux

« Tous ceux qui veulent mettre la confiance, la générosité, la simplicité et l’humilité au cœur de leur vie » étaient invités à se réunir dans le but de réveiller les consciences endormies, d’encourager les fidèles à s’engager plus avant dans leur foi et à s’interroger sur le bien fondé de leurs différences. Une vingtaine d’églises (trois cents paroisses et communautés) représentant la diversité protestante (réformés, luthériens, évangéliques, adventistes, pentecôtistes...) a répondu à l’appel auquel étaient associé les quelques deux millions de protestants vivants en France.

Un programme « tous azimuts »

Autour du Palais omnisports de Paris-Bercy (POPB), plus habitué à d’autres genres de manifestations, il y en avait pour tous les goûts et pour tous les âges : des visites commentées des hauts lieux de la mémoire protestante que sont les rues Saint-Denis, de la Ferronnerie, de l’Arbre Sec, la rue Perrault, celle de Rivoli, Saint-Germain-l’Auxerrois ou la cour carrée du Louvre ; un « village jeunesse » implanté gare de Lyon était équipé d’une scène sonorisée pour la musique, le théâtre, la danse et toutes sortes d’animations. Également au programme : des parcours méditation, des débats sur des sujets d’actualité ou théologique ou encore des conférences (dont l’une avec Leymah Gbowee, co-lauréate du prix Nobel de la paix 2011). à noter aussi une évocation filmée du regretté Théodore Monod à l’Oratoire du Louvre, une nuit de jazz au théâtre de Nesle, du gospel à Alésia, un concert Jean-Sébastien Bach à Saint-Augustin, d’autres de musique allemande des XVIIe et XVIIIe siècles et même un récital des « notre-père » à travers les siècles à l’église évangélique allemande de la rue Blanche. Bref, du beau monde, de l’intelligence, de l’écoute, de la joie et de la bonne humeur.

Un chef étonnant

Pour coordonner les mille choristes, la fanfare de l’Armée du Salut et les vingt-cinq autres musiciens requis, la Fédération avait choisi un directeur musical hors-norme : John Featherstone, alias « Jean plume de pierre », un chef d’orchestre anglais aux yeux bleus et au crâne rasé, né à Calcutta et vivant à Paris. Un homme plein de talents et de sérénité, également chanteur et guitariste, et auteur des arrangements des dix-sept cantiques tout en étant le compositeur des interludes instrumentaux. Il a joué dans des prisons anglaises, dans des écoles françaises et donné des concerts dans les cathédrales d’Orléans, de Nancy, d’Évry ou de Chartres. Son « pari » à lui ? « Je cherche à faire entrer les gens dans la présence de Dieu, puis à me retirer sur la pointe des pieds... » Il en a donné un nouvel et magnifique exemple dimanche avant, pendant et après le culte célébré dans un Palais des sports archicomble dans une atmosphère de ferveur et de recueillement impressionnante. Les malheureux arrivés à 10 h 30 ayant trouvé porte close, ils ont dû être réorientés vers d’autres sites comme la gare de Lyon, la Bastille, le Palais Royal parmi la cinquantaine d’autres points d’accueil à travers Paris.


Pendant que Bercy était en fête, à quelques mètres du « village jeunesse », une messe était célébrée par le Père Scheffer dans sa petite et discrète chapelle de L’Agneau de Dieu. Il se réjouissait que les protestants « cheminent ensemble vers l’unité » et rappelait que, sur les pas de Jean XXIII, Jean-Paul II avait écrit « ce qui unit les chrétiens est beaucoup plus fort que ce qui nous divise ». Vivre l’œcuménisme consisterait donc moins à se focaliser sur des différences doctrinales qu’à s’ouvrir sur une vérité commune : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. » Du pain sur la planche et de l’espérance pour tous les chrétiens. 

Auteur : CM | 04/10/2013 | 0 commentaire
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