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Les européennes dans le grand Ouest : le Front National et l'abstention en pole position

Dans un mois, les électeurs retourneront aux urnes pour y élire leurs députés européens. L'enjeu est de taille, puisque pour la première fois, les eurodéputés devront désigner le président de la Commission européenne. Mais à quelques semaines de l'échéance, la prépondérance du sentiment eurosceptique en France porte à croire que les grands vainqueurs de l'élection seront l'abstention et le Front National. Un pronostic qui pourrait en partie se vérifier dans le grand Ouest, bien que la droite soit en mesure de remporter la région.

Dans le cadre des élections européennes, la France est divisée en huit circonscriptions pour élire 74 députés (sur les 751 que compte le Parlement européen). La circonscription de l'Ouest, qui réunit les régions Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charente, pourvoit neuf eurodéputés. Si les élections européennes promettent d'être un baromètre du climat politique français plus encore que les municipales, c'est bien l'abstention qui risque de l'emporter dans un mois.

Une probable victoire du « parti de l'abstention »

Les élections européennes sont le scrutin qui mobilise le moins, en témoignent une chute continue de la participation depuis 1979 et les chiffres records de l'abstention qui s'élevait à 59,37 % en 2009. L'Ouest est bon élève en la matière, puisque les taux d'abstention y sont légèrement moins élevés que la moyenne nationale (57,64 % en 2009). Néanmoins, comme l'ont montré les municipales en mars – avec notamment la ville de Brest championne de l'abstention en Bretagne (47,68 % au second tour) – l'abstention gagne du terrain dans l'Ouest comme ailleurs et elle pourrait atteindre des sommets le 25 mai prochain.

Faut-il s'attendre à une poussée du FN dans le Grand Ouest ?

Les faibles taux de participation qui sont à prévoir le 25 mai prochain pourraient favoriser une montée du Front National. Marine Le Pen ne cache pas son ambition de voir le FN devenir « le premier parti de France » à l'occasion des européennes et certains sondages récents parlent en sa faveur. Dans l'Ouest, où les électeurs sont traditionnellement rétifs face à l'extrême-droite, le Front National a déjà créé la surprise aux municipales en se maintenant au second tour dans plusieurs grandes villes, dont certaines villes de gauche comme Poitiers ou Lorient. Mais avant d'anticiper une percée du FN dans l'Ouest aux européennes, il faut garder à l'esprit que le FN n'avait totalisé que 3,06 %  des voix dans la circonscription lors des européennes de 2009. D'autre part, la tête de liste du parti pour l'Ouest est un candidat qui n'habite pas la région, Gilles Lebreton, professeur au Havre et conseiller de Marine Le Pen depuis 2011. En comparaison avec des candidats tels que Florient Philippot pour la circonscription de l'Est ou Jean-Marie Le Pen pour le Sud-Est, ce n'est donc pas à l'Ouest que le Front National semble vouloir jouer ses meilleures cartes.
 

Toutefois, l'absence du Mouvement pour la France, quatrième parti de la circonscription Ouest avec 10,27 % des voix lors des élections de 2009 pourrait bénéficier au parti de Marine Le Pen."En effet, Philippe de Villiers n'a pas décidé de se représenter pour un cinquième mandat européen et laisse donc le champ libre au Front National qui s'imposerait dans l'Ouest comme l'une des seules alternatives souverainistes d'importance à droite, aux côtés notamment de la liste Debout la République menée par Cécile Bayle de Jessé" 

Quel sort pour la gauche ?

Les socialistes mal en point au pouvoir et sérieusement battus aux municipales, avec des villes comme la Roche-sur-Yon ou Laval passées à droite, ont de fortes raisons de craindre un nouveau revers lors des européennes. Il y a cinq ans, la liste de Stéphane Le Foll n'était arrivée qu'à un demi-point devant les Verts pour la circonscription de l'Ouest. Cette année, c'est l'eurodéputée sortante Isabelle Thomas, conseillère régionale en Bretagne et figure de l'aile gauche du PS, qui devra tenter de convaincre les électeurs de l'Ouest d'ici le 25 mai. Ces derniers pourraient être susceptibles de reporter leurs voix sur les Verts. Yannick Jadot, député écologiste sortant et déjà tête de liste il y a cinq ans, espère ainsi renouveler le record de 2009 (16,65 % des voix dans l'Ouest). Du côté du Front de Gauche, c'est Myriam Martin, ex-porte-parole du NPA, qui a été choisie pour défendre les couleurs de la gauche souverainiste.

Les ambitions du centre-droit

L'UMP, forte de sa victoire en 2009 et de son succès aux municipales, présente l'eurodéputé sortant Alain Cadec, conseiller général des Côtes d'Armor. Mais la liste qui rêve de surprendre dans l'Ouest, c'est le mouvement Alternative, emmené par Jean Arthuis, et qui rassemble l'UDI et le Modem. Sénateur de la Mayenne et fondateur de l'Alliance centriste en 2009, Jean Arthuis a participé activement à la construction européenne au cours de sa carrière : il a notamment préparé la France à l'entrée dans l'euro et collaboré à la constitution du Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC). Cette candidature au Parlement européen apparaît donc comme le développement logique de sa carrière politique : à ses yeux, « l'Europe est la dernière chance pour la France ». Un discours que l'on a peu l'habitude d'entendre chez les élus à un moment où une certaine réserve sur l'Union Européenne domine. Avec les écologistes, les centristes font donc partie des rares à défendre encore un projet européen fort, quand l'euroscepticisme gagne même les grands partis traditionnellement européens comme le PS et l'UMP.

Une opportunité de se faire entendre pour le Parti Breton

Un autre mouvement considère pourtant l'Europe comme une chance : le Parti Breton. Créé en 2000, le parti avait lancé une liste européenne pour la première fois en 2009. Baptisée « la Voix de la Bretagne en Europe », la liste d'Émile Granville avait récolté 1,31 % des voix de la circonscription. À défaut de faire élire un député, les élections du 25 mai seront donc l'occasion pour le Parti Breton de communiquer sur son projet d'émancipation politique de la Bretagne, dans un espace européen où les régions sont nombreuses à revendiquer leur autonomie.

Auteur : M.B | 25/04/2014 | 2 commentaires
Article précédent : « Européennes : Gilles Lebreton lance RBM à la conquête de l'Ouest et chasse chez DLR »

Vos commentaires

#1 - Le 25 avril 2014 à 23h56 par Nous Citoyens Ouest
Pour une alternative aux partis de droite ou de gauche qui envoient à Bruxelles leurs recalés de la politique, Nous Citoyens présentera aussi une liste dans l'Ouest.

http://www.nouscitoyens.fr/wp-content/uploads/2014/04/Flyer_Nous_citoyens_OUEST_21.pdf
#2 - Le 26 avril 2014 à 14h03 par Jean-François, Rennes
Je suis étonnée qu'on veuille absolument dans l'Ouest se coucher devant l'idée générale d'un front qui débarquerait ou des centres réunis juste pour la circonstance entre MM Bayrou-Borloo-Morin : non, l'alternative au retrait de Philippe de Villiers s'appelle Force Vie, qui s'adresse à un électorat attaché aux valeurs traditionnelles de la famille, tout en étant européen, pour une Europe à sa juste place ! Ce siège au Parlement sera pour Force Vie, avec Marie de Blic

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