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« Le Thésée » : la bataille des Cardinaux

Les 20 et 21 novembre 1759, « les Cardinaux » quatre rochers proches de l'île de Hoëdic ont donné leur nom à une des plus sévères défaites de la flotte française face à l'Angleterre. Un des navires coulés pourrait être renfloué.

Les Britanniques s'en souviennent comme The Battle of Quiberon Bay. En pleine guerre de Sept  ans ( 1756-1763) - qui oppose l'Angleterre et la Prusse d'une part à la France, l'Autriche, la Russie, la Suède et l'Espagne d'autre part - près de l'île d'Hoëdic, une bataille navale au nom sinistre va se dérouler les 20 et 21 novembre 1759 : la bataille des Cardinaux, du nom de quatre rochers. La victoire des Britanniques sur la flotte française confirme la suprématie maritime de l'Angleterre qui accède au rang de puissance mondiale tandis que la France s'affaiblit sur terre et sur mer, perdant des colonies en Amérique (Canada) et en Outre-mer.

Envahir l'Angleterre

Le roi Louis XV, las des revers de la France et pressé d'en finir, conçoit l'hypothétique projet d'envahir L'Angleterre.  Il enjoint à l'amiral de Conflans, commandant de la flotte du Ponant de Brest ( 21 vaisseaux, trois frégates, deux corvettes dotés de 1500 canons, d'embarquer l'infanterie terrestre ( 14 000 hommes) basée dans le Morbihan et de la débarquer de l'autre côté de la Manche, en Écosse. Mais  la flotte française se voit barrer la route par la flotte britannique, dirigée par l'amiral Hawkes. Pour compenser son infériorité numérique face à l'ennemi (la flotte anglaise aligne 34 vaisseaux, trois frégates, deux corvettes dotés de 2000 canons, 3500 hommes), l'amiral de Conflans décide d'obliger, par une subtile manœuvre,  les vaisseaux anglais à se placer dans la baie de Quiberon, entre une côte rocheuse dangereuse et la flotte française. Mais c'est sans compter sur les éléments qui se liguent contre la flotte française.

Une fatale manoeuvre, une défaite cuisante

Le 20 novembre 1759, dans l'après-midi, le vent se met à souffler à 75 km/h ; la mer est démontée ; la visibilité très mauvaise gêne la transmission d'ordres. Le combat s'engage entre les deux flottes. La position en ligne ne tient pas. Les Français doivent tenter une ultime manœuvre dans l'urgence. Le Thésée, vire précipitamment. L'eau de mer s'engouffre par les sabords de batterie basse restés ouverts. Le bateau coule en quelques instants, sans avoir subi le tir de l'ennemi, avec 630 hommes à bord. Seule une vingtaine de marins parvient à se hisser sur l'un des trois mâts du navire. Le capitaine Guy François Kersaint et ses deux fils, Jacques Guy François et Guy François perdent la vie au cours de ce naufrage.
La déroute de la flotte française est totale : Le Superbe coule ; Le Redoutable est capturé ; Le Héros et Le Soleil Royal navire amiral sont brûlés. Sept  vaisseaux, trois frégates et une corvette se réfugient en Vilaine. Les autres navires s'enfuient vers Rochefort. Le Juste s'échoue dans l'embouchure de la Loire. Les Anglais déplorent, quant à eux, la perte de deux vaisseaux : Le HMS Resolution et Le HSM Esssex. Les pertes humaines sont élevées : 2500 du côté français, 300-400 du côté anglais.

Jusqu'en 2009

Pendant près de 250 ans, Le Thésée a reposé à plus de 20 m, sous une épaisse couche protectrice  de vase et de sédiments. Mais en 2009, une équipe de passionnés, s'appuyant sur le journal de bord de l'hydrographe de l'amiral Hawkes - Cléments, qui a procédé à un relevé des positions des bateaux, après leur naufrage - va le tirer de l'oubli. Après Le Soleil Royal en 1981, Le Superbe, en 2004, L'Essex, c'est maintenant au tour du Thésée de refaire surface et d'être l'objet, de toutes les attentions de la part de l'archéologie marine qui l'a localisé grâce à des relevés de magnétométrie et des sondages basse fréquence. C'est que ce fleuron de la marine française présente plusieurs intérêts indéniables.  Ce 74 canons, de 6o m de long, construit à Brest en 1758, pourrait livrer  plusieurs  secrets :
- quelles étaient les étapes de  construction d'un navire au XVIII e siècle ?
- quelle était la vie quotidienne des marins à bord ?
- quelles armes et vivres transportait-on ?
Autant de questions auquelles le renflouement pourrait répondre. De plus, un trésor (vaisselle, argenterie de premier choix pour la réception du duc de Choiseul, ministre de la guerre) y serait enfoui.
Une véritable opportunité à ne pas laisser passer.

Voir aussi : http://www.laturballe-infos.fr/le-thesee-deuxieme-serie-de-plongees-pour-authentifier-l-epave-26-31-410.html

Auteur : MT | 21/07/2014 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 28 juillet 2014 à 08h42 par Freya, Saint Nazaire
Je recommande la lecture du fantastique ouvrage de Jean Boudriot : "Le vaisseau de 74 cannons".

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