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Le premier meeting de Nicolas Sarkozy dans le Nord

Nicolas Sarkozy tenait sa première réunion de campagne hier soir à Lambersart. Devant 4000 militants scandant « Hollande en Corrèze, Sarkozy à L’Élysée » Nicolas Sarkozy a rendu un émouvant hommage à Hervé Gourdel l’otage assassiné en Algérie. Puis il est revenu sur les thèmes qui lui sont chers et a assuré qu’il y aurait une primaire à droite.

L'intervention de Nicolas Sarkozy

Un Français, Hervé Gourdel, marié, père de famille, aimé de ses enfants, de ses parents et de ses amis vient d’être assassiné par des gens qui, par leur barbarie, font honte à l’humanité.

Je veux m’incliner devant la mémoire de notre compatriote. Je veux dire à sa femme, à sa famille, notre émotion et notre solidarité devant le martyr infligé à Hervé Gourdel.

Ceux qui ont commis cet acte doivent savoir qu’un jour, ils auront à rendre des comptes de leur sauvagerie. Laisser impunis des crimes si révoltants serait une faute morale impardonnable.

Je veux redire mon accord avec l’engagement de nos forces contre cette organisation terroriste, qui bafoue les principes humains les plus fondamentaux. Nous vivons sur une même planète. Nous sommes confrontés aux mêmes menaces que les autres démocraties.

Quand la sécurité nationale est en jeu la France doit être unie. Le gouvernement doit savoir que, quelques soient nos profonds désaccords, nous l’aiderons autant qu’il est nécessaire, chaque fois que nous serons confrontés à des événements si graves.

Je n’ai pas voulu annuler notre réunion parce que c’est justement ce que souhaitent ces barbares : empêcher les démocraties de vivre normalement. La démocratie française ne s’arrête pas parce que des sanguinaires assassinent. La République sera toujours plus forte que le crime, et les Républicains toujours plus déterminés que les criminels.

Mes chers compatriotes,

Chacun, aussi révolté qu’il soit, doit garder son sang-froid et comprendre que dans ces circonstances tout amalgame avec une partie de notre communauté nationale serait insupportable, injuste et odieux. Ceux qui ont commis l’irréparable cherchent à nous diviser.

Nous répondrons par l’unité sans faille de tous les Français.

Mes Chers Amis,

Si vous saviez comme je suis heureux de vous retrouver !

Durant deux années et demie, je me suis éloigné du débat public. Je n’ai quasiment pas pris la parole. Je n’ai pas voulu répondre aux attaques et aux polémiques. Je ne le ferai pas davantage aujourd’hui car la France, dans la situation où elle se trouve, a d’abord besoin de tracer un nouvel avenir. C’est une longue marche que nous allons commencer ensemble au service de notre pays.

J’ai pris beaucoup de recul. Je me suis donné le temps de la réflexion. J’ai beaucoup pensé à ce que nous avions vécu ensemble. A ce que nous avions réussi. A ce que nous avions manqué aussi. A ce qu’il fallait changer. A ce qu’il fallait garder. A ce qu’il fallait approfondir.

Mais il y a d’abord quelque chose que je m’étais juré de vous dire.

A vous, le peuple de France. A vous, Français du quotidien qui vous engagez avec un désintéressement admirable.

A vous, mes amis, depuis si longtemps, je voulais tout simplement vous dire : merci.

Merci pour votre soutien qui ne m’a jamais fait défaut avant, pendant, après. Si je suis revenu, au fond, c’est parce que vous avez toujours été là. Je ne pouvais pas imaginer vous laisser tomber. Je n’en avais tout simplement pas le droit. Et puis il faut bien le dire, je n’en avais pas envie non plus !

Deux ans et demi durant, j’ai assisté, silencieux, à la destruction systématique de tout ce que nous avions fait, non parce que c’était mal, ou que cela ne marchait pas, mais parce que c’était nous. Dès le lendemain de l’élection présidentielle, tout ce qui n’était pas socialiste, tous ceux qui ne pensaient pas dans la bonne direction, n’appartenaient pas à la nouvelle majorité, étaient destitués, démis, accusés, renvoyés ! Cette fascination pour la revanche a précipité le pays dans la stupéfaction d’abord, dans l’indignation ensuite.

Le nombre de mensonges, le nombre de gens à qui on a menti est si important, qu’aujourd’hui se répand partout en France, dans toutes les régions, dans toutes les catégories, une sourde colère.

Les Français éprouvent l’impression qu’au sommet de l’Etat, ils sont perdus, sonnés, incapables du moindre rebond, sans perspective et sans stratégie.

Et que dire de ces comportements qui abaissent le débat public : la présidence dite normale…

On imagine ce que cela aurait été si elle ne l’avait pas été ! Le comportement exemplaire des ministres, le Président qui ne se mêlera pas de tout, la vie privée qui ne devra pas interférer avec la vie publique. Que reste-t-il du Moi Président ?

A mi-mandat présidentiel, c’est sans doute ce que l’on appelle un sans-faute !

On s’attendait au pire. Et bien nous voici servi.

Devant cette situation de la France, il nous faut être responsables, républicains, à la hauteur de la gravité de la crise. Nous ne devons pas jeter de l’huile sur le feu. Nous n’avons pas le droit d’attiser les colères et les frustrations.

C’est sur nous que va donc reposer, tout au long de ces deux prochaines années, la responsabilité d’une alternative crédible.

Il y a un travail urgent à engager. C’est celui qui concerne notre famille politique et plus largement l’opposition. Devant la gravité de la situation de la France, il faut sans délai mettre fin aux querelles, aux disputes dérisoires qui ont, j’ose le mot, ridiculisé notre famille politique ces deux dernières années.

Nous n’avons plus le droit de nous diviser. Nous avons le devoir de nous rassembler.

Nous aurons tous besoin les uns des autres.

Nous aurons besoin de l’expérience d’Alain Juppé pour qui j’ai beaucoup d’amitié. Nous aurons besoin de celle de François Fillon avec qui j’ai travaillé cinq années en pleine confiance. Nous aurons besoin des jeunes dont beaucoup furent de très bons ministres. Je pense à Nathalie Kosciusko-Morizet, à Laurent Wauquiez, à Bruno Le Maire, à François Baroin et à tant d’autres. Nous aurons besoin des moins jeunes aussi dont l’expérience nous sera bien utile. Qui peut imaginer qu’il soit possible de réussir seul ?

Je suis revenu pour aider au rassemblement de notre famille.

Je refuse la division. Je refuse les querelles d’ego qui sont dérisoires au regard de l’urgence du redressement de la France. Chacun aura sa place, chacun aura un rôle à la mesure de son travail au service du collectif, chacun sera respecté à la mesure dont il respectera les autres, chacun pourra exprimer ses différences à charge pour lui d’accepter celles des autres.

Si vous me choisissez comme Président de notre famille politique, j’assumerai mes responsabilités.

Je rassemblerai une équipe nouvelle, j’écouterai chacun, nous débattrons de façon approfondie. Aussi souvent qu’il le faudra, nous voterons. Et une fois la décision prise, je veillerai à ce qu’elle soit appliquée et respectée. Aucune organisation ne peut fonctionner sans un minimum d’autorité, de leadership, de volonté. L’impression de pagaille doit cesser, la cacophonie nous a rendu inaudibles, l’individualisme exacerbé a clairement montré ses limites !

Je veux être le Président d’une famille qui a profondément besoin d’être remise en ordre de marche, d’être refondée, de travailler beaucoup plus qu’elle ne l’a fait.

La question n’est pas aujourd’hui de choisir qui ira ou n’ira pas à la prochaine élection présidentielle dans deux années et demie, mais comment porter sur les fonts baptismaux ce vaste rassemblement ouvert, moderne, pluraliste, uni, qui redonnera de l’espoir à nos compatriotes qui ne peuvent être condamnés à la perspective déprimante d’une alternative stérile, entre l’humiliation que nous vivons aujourd’hui, et l’humiliation que nous ressentirions demain avec l’isolement complet prôné par le Front National.

Il nous faut maintenant construire la grande formation politique du XXIème Siècle. La doter d’un solide projet de gouvernement.

Et maintenant qu’il me soit permis d’évoquer, pour la première fois, la question des primaires.

Je vais le faire brièvement et très clairement. Il y aura des primaires ! Qui pourrait de bonne foi douter qu’il en fût autrement ? Ne faisons pas de ce sujet, une inutile querelle. Le moment venu, chacun d’entre vous pourra donc choisir celui ou celle qu’il considérera comme le meilleur. D’ici là j’appelle chacun à s’investir dans le collectif, à travailler en équipe et à apporter sa pierre à l’édifice que nous sommes en train de reconstruire.

Je veux que nous nous adressions à tous les Français qui ne peuvent se résoudre à l’affaissement de notre pays. J’aimerais tellement les convaincre que les vieux clivages sont dépassés, qu’ils ne correspondent plus à la moindre réalité. C’est pourquoi, nous devons parler au peuple de France dans sa diversité, dans sa multitude, dans sa complexité aussi.

Il ne s’agit pas de se claquemurer à droite parce que cela serait la droite, d’aller débaucher tel ou tel au centre ou de récupérer quelques transfuges de la gauche.

Il s’agira de donner à chacun de nos compatriotes, quel qu’il soit, l’opportunité de participer au redressement du pays, de donner le meilleur de lui-même pour un objectif qui doit dépasser chacun d’entre nous : l’avenir de notre pays.

Ne singeons pas les socialistes dans leur aveuglement idéologique. Il s’agit de trouver de nouvelles idées, de nouvelles solutions, de nouvelles perspectives face aux défis du nouveau monde dans lequel nous vivons.

Tout devra être revu de fond en comble. Il ne s’agit pas d’imiter les autres. Il s’agit encore moins de nous renier. Il s’agit de s’adapter pour retrouver les voies du génie français.

Le monde a terriblement changé. Il s’est ouvert, la concurrence fait rage. Dans ce monde si ouvert, tout est libre pour ceux qui vont vite, tout devient impossible pour ceux qui sont embarrassés par le poids des structures et des idéologies. Aux électeurs socialistes sincères, je veux demander si, à leur sens, le problème serait de créer de nouvelles prestations sociales alors que nous n’arrivons déjà plus à financer les actuelles ?

La fiscalité du futur doit tenir compte de notre environnement économique plus que de nos idéologies. Nos entreprises doivent pouvoir se battre à armes égales au moins avec leurs concurrents européens. C’est la conséquence logique de la liberté de circulation des hommes et des capitaux. Abandonnons les vieilles lunes de la lutte des classes, les procès en sorcellerie sur les cadeaux aux riches, la jalousie morbide pour faire comprendre à chacun que plus nous aurons d’entreprises prospères, plus il y aura d’emplois.

Peut-on avec un minimum de bon sens faire entendre que la solidarité est une priorité nationale mais que si l’on distribue ce que l’on n’a pas produit, si l’on partage ce que l’on n’a pas acquis, si l’on promet ce que l’on ne s’est pas donné la peine de créer, alors ce sera le chômage, la pauvreté, l’exclusion pour le plus grand nombre ?

La question n’est pas de savoir s’il faut être plus ou moins à droite mais quelle est la politique économique qui nous permettra de retrouver de la croissance, de recommencer à créer des emplois, et d’attirer en France les investisseurs et les créateurs.

Faut-il être aveugle pour ne pas constater le véritable exode de nos jeunes qui partent à

l’étranger parce qu’ils pensent que la réussite n’est plus possible et surtout qu’elle n’est plus acceptée en France ? Ils partent mais le pire, c’est que beaucoup d’entre eux ne voudront pas revenir.

Voici le beau résultat de tous ceux qui ont mis tant d’énergie à désacraliser le travail, à rabaisser le mérite, à stigmatiser l’ambition, à moquer le dépassement de soi.

A vouloir contester systématiquement les classements, la sélection, la récompense, on a abandonné la société française à la jalousie, à l’égalitarisme, à l’envie, au nivellement généralisé. A force d’insécuriser les entrepreneurs, les artisans, les inventeurs, les travailleurs indépendants. A force de multiplier les règles, les contrôles, les empêcheurs, on a découragé ceux qui voulaient créer, développer, réussir, entreprendre.

En agissant ainsi, on a abimé le génie français qui a tant besoin de liberté.

On n’a pas compris que l’addition des réussites individuelles est la condition de la réussite collective d’un pays. On n’a pas admis qu’il fallait favoriser le risque, l’ambition, la nouveauté. L’immobilisme, c’est la certitude d’échouer. Entreprendre, c’est la possibilité de réussir. La vie n’est faite que de risques. Le pire étant sans doute celui qui consiste à n’en prendre aucun. Ce n’est pas ma vision de la France.

Je crois dans la nécessité de préserver les équilibres de notre planète.

Je considère comme incontournable notre investissement dans la croissance propre, la qualité de vie, la protection environnementale.

Mais je refuse que nous tournions le dos au progrès, que nous ayons peur de tout. Le progrès est une idée neuve. Il est dans la nature de l’être humain que de chercher à faire progresser ses connaissances. Cette gauche qui est au pouvoir est devenue réactionnaire. C’est nous qui devons défendre, promouvoir, encourager le mouvement des connaissances, et des idées. Le progrès n’est pas tout mais, sans le progrès, rien ne sera possible.

De ce point de vue, je souhaite que nous réfléchissions aux conséquences du principe de précaution auquel je préférerai toujours le principe de responsabilité. Car avec la précaution, on s’abstient de faire. Avec la responsabilité, on assume la conséquence de ses choix et on ne se condamne pas à l’immobilisme. Je ne peux accepter de voir les Etats-Unis devenus indépendants grâce au gaz de schiste et la France ne pas profiter de cette nouvelle énergie alors que le chômage ravage tant de nos territoires et tant de nos familles.

Nous devons nous adresser à tous ces Français qui sont tentés de ne plus croire en rien, ni en personne. Nous devons reconquérir cette France qui est en proie au ressentiment et à la colère.

Il y a un risque de décrochage d’une partie de nos compatriotes. Je ne veux pas que par désespoir, ils rentrent en sécession d’avec la République.

Nous devons parler à tous ceux qui se sont radicalisés parce qu’ils se sont sentis méprisés, humiliés.

Je pense notamment à tous ces Français qui considèrent la famille comme une valeur fondamentale pour l’équilibre de la société. Leur idée de la famille est aussi respectable que toute autre. Je n’accepterai jamais qu’on veuille détruire la famille en la présentant comme un choix politique réactionnaire, conservateur, bourgeois. Depuis que l’homme a conscience de sa destinée singulière, la famille n’est pas pour lui un choix, elle est une nécessité vitale.

L’homme n’est pas fait pour vivre seul, il a besoin de l’affection des siens, de s’investir dans un projet familial, de construire dans la durée. La façon dont furent traitées les familles fut indécente.

Chacun a le droit à son libre arbitre. Il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient ouverts et généreux et de l’autre ceux qui ne comprendraient rien. Je le dis d’autant plus fortement que je n’accepterai jamais de conduire une famille politique où l’on manquerait de respect à qui que cela soit, au prétexte de sa couleur de peau, de sa sexualité, ou de sa différence.

Le racisme est une honte. L’homophobie, une injure inacceptable. La façon dont les Français furent montés les uns contre les autres fut une grave erreur. Je ne veux pas que nous blessions par nos propos, par nos comportements, par notre énergie, ceux qui ne pensent pas comme nous.

Je sais qu’il a pu m’arriver de le faire dans le passé, je le regrette. J’ai appris, j’ai compris.

Qu’au moins l’expérience et l’âge soient de bons prétextes à chercher à s’améliorer.

Nous déciderons sereinement des conséquences à tirer de ce triste épisode. J’entends les positions tranchées des uns et des autres au sein même de notre famille politique. Ma responsabilité n’est pas de la même nature. Une fois à la tête de notre famille je réunirai tout,le monde et nous déciderons. D’ici là, que chacun dise ses convictions et me laisse préparer le rassemblement qui ne sera ni fade, ni tiède.

J’appelle à l’ouverture, à la tolérance, au respect. Les problèmes à résoudre sont difficiles. Les solutions nécessiteront tant de courage et d’imagination que nous aurons besoin du concours de chacun pour surmonter les obstacles, les à priori, les peurs.

Nous n’en aurons que plus de force pour refuser l’eau tiède, les demi-solutions, les faux compromis.

Rassurez-vous de ce point de vue, au moins, je n’ai pas changé ! Je refuse cette pensée unique qui en empêchant tout débat à fait le lit de tous les extrémistes. Je veux lever la chape de plomb du conformisme qui empêche d’aller au fond de toutes les questions.

Je refuse par avance les leçons de morale de ceux qui ont utilisé sciemment le Front National au service de leurs calculs électoraux. Je dénonce l’alliance objective entre le PS et le Front National. Mme Le Pen a fait de moi sa cible privilégiée, depuis des années. Je n’ai aucune leçon à recevoir de celle qui en 2012 a donné un beau coup de main à François Hollande. Elle porte donc une responsabilité claire dans le désastre actuel. Tout le monde doit assumer ses responsabilités, même elle.

Quant aux électeurs qui ont voté pour le Front National, il est absurde de vouloir les culpabiliser, leur faire des leçons de morale ou de leur dire que ce n’est pas bien. Leur choix est la conséquence d’une souffrance, d’une peur, ou de la déception que nous leur avons inspirées. On ne reproche pas à quelqu’un sa souffrance, on l’apaise. On ne reproche pas à quelqu’un sa peur, on le rassure. On ne reproche pas à quelqu’un sa déception, on y répond en corrigeant les erreurs que nous avons commises. Voici ma stratégie pour reconquérir ceux qui nous ont quittés. C’est mon devoir. C’est une responsabilité à laquelle je ne me déroberai pas.

Il y a des questions centrales sur lesquelles nous devrons trancher et assumer des choix qui ne peuvent plus être différés sous peine de conduire la nation à la catastrophe.

Ainsi, je veux dire que l’on peut tout à la fois respecter les fonctionnaires, considérer leur travail, aimer le principe même du service public, vouloir un Etat présent sur toute la surface du territoire, et affirmer dans le même temps que le poids de nos dépenses publiques est beaucoup trop lourd pour notre économie, que le temps de travail dans la fonction publique est une question qui ne peut plus être éludée.

Il faudra travailler davantage, le nombre de fonctionnaires devra être réduit comme nous l’avons fait durant le dernier quinquennat et il nous faudra accepter que les recrutements dans la fonction publique ne soient pas tous soumis à la règle du statut à vie car ce n’est plus adapté aux exigences du monde moderne.

J’entends déjà les éternels donneurs de leçons en appeler à la dignité de la fonction publique que j’aurais offensée par mes propos. La vérité, c’est que ce qui risque de détruire les services publics français, c’est l’immobilisme, le refus du mouvement, l’ignorance du monde dans lequel nous vivons, le conservatisme, et même la lâcheté. Ce n’est pas ceux qui conduisent à la paupérisation de la fonction publique qui ont des leçons à nous donner.

Je veux affirmer que le chômage est un drame national et individuel, que les chômeurs sont d’abord des victimes, car l’immense majorité d’entre eux préfèreraient travailler, que l’indemnisation du chômage est un des fondements de notre système social mais que l’on ne pourra pas continuer à accepter qu’un chômeur de longue durée puisse refuser une activité rémunérée en cas de persistance de sa période d’inactivité. Nous ne pouvons accepter une société dans laquelle les droits n’aient pas de contrepartie en termes de devoir.

Je veux dire que, de ce point de vue, nous avons échoué dans notre volonté de faire du R.S.A un instrument de réinsertion par et dans le travail. Les Français devront être consultés et donneront leur avis sur un principe simple : pas de R.S.A ou d’allocations communales sans accepter en contrepartie l’exercice d’une activité au service de la collectivité.

C’est aux Français de donner leur opinion sur le sujet car, je le rappelle, c’est grâce au fruit de leur travail que ces allocations peuvent être versées.

Ma vision de la politique sociale, c’est un travail pour chacun, pas une allocation pour tous. Je dis à nos dirigeants d’arrêter de promettre un argent qu’ils n’ont pas et qui ne leur appartient pas.

Que va devenir notre système social s’il y a de moins en moins de gens qui travaillent et de plus en plus qui attendent des allocations ? Ne doit-on pas se poser la question d’arrêter cette fuite en avant qui décourage le travail et encourage l’assistanat. Ne peut-on pas sereinement remettre au coeur de nos débats la question du devoir de chacun envers la société avant de parler de nouveaux droits ? N’a-t-on pas fini par aller trop loin dans la promesse d’une société où les vacances, les jours fériés, les R.T.T, les congés de toutes sortes sont devenus le but ultime, oubliant la règle ancestrale selon laquelle rien n’est donné dans la vie, tout doit se mériter !

Nous devrons travailler davantage. Les Français peuvent l’entendre et doivent le comprendre.

Je veux dire que je crois au dialogue social, qu’il n’y a pas de démocratie sociale sans syndicat, que la compétitivité d’une économie moderne passe aussi par la qualité du dialogue social, mais que dans le même temps, nous devons tous nous interroger sur la politisation de nombre d’entre eux qui sont sortis de leur rôle en appelant à voter comme un seul homme pour le candidat socialiste lors de la dernière élection présidentielle.

La démocratie sociale est aussi mal-en-point que la démocratie politique, cela doit nous conduire à en appeler à sa refondation, en allant plus loin dans la réforme des critères de représentativité issus de la seconde guerre mondiale. Pour être reconnu comme représentatif, il faudra être capable de prouver sa représentativité dans les urnes sociales et non pas seulement par sa capacité à bloquer la rue. Les salariés ont le droit d’être défendu par des organisations qui se soucient plus de la situation de leurs mandants que de leurs combats politiques.

On doit pouvoir prononcer le mot immigration sans encourir immédiatement les caricatures de tous ceux qui commettent un déni de réalité en refusant de voir que l’Europe ouverte à tout vent et sans condition, fait courir le risque d’explosion de notre modèle social. Celui qui n’a pas le coeur serré par les drames successifs de Lampedusa n’a pas d’humanité. Il ne s’agit donc pas de se claquemurer, de refuser toute ouverture mais de répondre à cette question incontournable : dans 30 ans, l’Afrique comptera 2 milliards d’habitants, qui osera dire qu’à 12 kms de l’Europe par le détroit de Gibraltar au rythme de l’immigration actuelle, si nous n’apportons pas de nouvelles réponses, cela ne deviendra pas un problème insoluble ?

Il faudra aller plus loin que ce que nous avons fait dans le passé. Garder Schengen dans son état actuel n’est tout simplement plus une option possible. Refonder Schengen, c’est exiger de tous les Etats membres qui voudront y adhérer le préalable de l’harmonisation des politiques d’immigration.

La France ne refusera jamais de soigner ceux qui souffrent et qui ont besoin de soins urgents, mais la France ne peut accepter la dérive de l’aide médicale. Car maintenant il ne s’agit plus d’urgence mais de gabegie.

On peut respecter les différences, reconnaitre le bien fondé du métissage des cultures, prôner l’ouverture de la société et refuser des comportements sur le territoire de la République qui sont des offenses à l’égalité entre la femme et l’homme, qui bafouent les règles de la laïcité auquel nous tenons fermement, et qui portent atteinte à la liberté des consciences. Je n’accepterai jamais le communautarisme.

Je veux dire solennellement que ce n’est pas à la France de s’adapter à toutes les différences.

L’effort d’intégration se doit d’être au minimum partagé entre la société qui accueille et la personne qui veut être accueillie. Et si cette personne ne veut pas s’adapter elle ne peut plus être accueillie. Je le dis calmement, sans aucune volonté d’ostracisme mais avec la fermeté du républicain convaincu que je suis. Il y a des propos, des attitudes et des comportements qui ne sont pas acceptables sur le territoire de la République française car ils ne sont pas destinés à souligner des singularités mais à contester et à provoquer la communauté nationale dans son ensemble.

Je veux affirmer qu’à l’inverse, il ne faut pas craindre les différences, qu’elles sont autant de richesses, que rien à mes yeux n’est pire que l’uniformité qui génère le nivellement, la platitude, l’ennui.

Elle se trouve peut-être ici la grande différence qui demeure entre la gauche et nous. Cette gauche considère toute différence comme une injustice. Au fond, comme cela serait si bien que tout le monde soit en retard…car personne ne serait à l’heure. C’est leur façon de régler les injustices : être injuste avec tout le monde !

Quant à nous, nous pensons que toute différence est une richesse. C’est pourquoi nous pouvons et nous devons nous adresser à tous les Français sans exception. A tous, nous disons que notre ambition est de leur permettre de se réaliser tels qu’ils sont et non pas tels que l’Etat ou la société voudraient qu’ils soient. Je crois à la différence des destins, des tempéraments, des couleurs, des identités. Je veux parler à la France du XXIème siècle pas à celle du XIXème. La seule limite que nous devons mettre à l’expression de ces différences, c’est l’obligation d’aimer la nation à laquelle on appartient, de respecter la société dans laquelle on vit et de faire l’effort de s’intégrer dans l’Etat de droit qui vous accueille.

Je ne transigerai jamais avec cela, la France est une société ouverte. Elle le restera. Mais c’est une société qui n’hésitera pas à défendre fermement ses valeurs lorsqu’elles seront attaquées.

C’est ce qu’elle ne fait plus, c’est ce que nous devrons faire.

L’égalité des chances doit être une priorité nationale. Mais l’égalité formelle, l’aplatissement généralisé, l’uniformité sont autant d’erreurs au regard de la diversité des personnes et une faute morale puisque c’est le refus de tenir compte des efforts, des mérites, de l’engagement de chacun. Chacun doit avoir les mêmes droits. Mais tous n’ont pas les mêmes mérites. Cette vérité est oubliée depuis trop longtemps.

Dois-je vous avouer que j’ai eu honte d’entendre certains de nos dirigeants demander à l’Allemagne d’aller moins vite parce que nous serions devenus incapable de hausser notre propre vitesse. Imaginez la tristesse du général De Gaulle regardant ce qu’ils ont fait de la grandeur de la France….

Que penseriez-vous d’une école où l’on interdirait aux bons élèves d’apprendre leurs leçons pour les mettre au niveau de ceux qui ne peuvent pas suivre ?

La place du génie français, c’est d’être en tête du peloton des grandes nations, pas de demander piteusement à ce que l’allure moyenne se réduise.

Restera un sujet majeur. Comment redonner confiance aux Français ? Confiance en la parole politique. Quand M. Hollande pratique le mensonge, il ne se fait pas seulement du tort à luimême, il en fait à tous les responsables politiques. Il faut donc réfléchir à la question centrale de la crédibilité de notre parole. Le sujet est donc moins de promettre que d’être capable de tenir.

Ici il me faut en quelque sorte remettre l’église au centre du village.

Durant les 5 années de mon quinquennat, je ne prétends pas avoir tout réussi mais j’affirme que pour la première fois depuis bien longtemps, la droite au pouvoir n’a jamais cédé à la pression de la rue.

J’avais promis le service minimum dans les transports en commun. Tous les syndicats étaient contre. Avec Xavier Bertrand nous n’avons pas reculé. J’avais promis de donner l’autonomie aux Universités. Avec Valérie Pécresse, malgré les grèves et les occupations de site, nous avons tenu. J’avais promis de réformer le statut de retraite des cheminots, des électriciens et des gaziers et de réformer la retraite à 60 ans. Avec François Fillon et avec Eric Woerth, malgré les menaces, nous avons tenu.

En 5 années j’en ai connu des épreuves mais jamais, vous m’entendez, jamais je ne vous ai trahi. Jamais je ne vous ai menti.

Jamais je n’ai cédé aux pressions de la rue quoiqu’il ait pu m’en coûter !

Mais je sais bien qu’à l’avenir il faudra faire bien davantage.

Alors je crois qu’il est venu le temps de nous réapproprier la pratique du référendum. Quand une partie des élites et certains corps intermédiaires chercheront à monopoliser un débat, à l’enfermer dans les contraintes de leurs propres intérêts il ne faudra pas hésiter à en appeler au peuple par l’intermédiaire du référendum. Et que l’on ne vienne pas me brandir le risque du plébiscite. Car c’est justement parce que l’on n’a pas assez utilisé cette procédure qu’elle fut détournée !

Et que l’on ne me parle pas de populisme. Le populisme monte lorsque l’on refuse la parole au peuple, jamais lorsque on l’a lui donne.

Je souhaiterai suggérer deux propositions de référendum qui attesteraient de notre volonté d’aller beaucoup plus loin dans les changements à apporter à la France.

Nous ne ferons pas l’économie d’une réflexion sur la crédibilité de la classe politique. Toutes ces dernières années, on a augmenté le nombre de nos parlementaires tout en diminuant leurs moyens et leur capacité à se faire entendre. Il faut réduire leur nombre et leur redonner ainsi, un poids, une parole, un rôle central. Une assemblée pléthorique est en fait inaudible. Dans mon esprit, sur un tel sujet, c’est aux Français de décider. Je leur fais plus confiance pour réformer la classe politique, qu’à qui que cela soit d’autres !

Qui osera dire que l’on peut continuer sans changer profondément la composition, le nombre, le fonctionnement du monde politique ?

Dans le même esprit, je pense que c’est aux Français directement, et à personne d’autre, de se prononcer sur la fusion des Conseil Généraux et des Conseil Régionaux. Nous ne pouvons plus continuer à accumuler les niveaux d’administrations. Nous avions fait voter le conseiller territorial. C’était fait et bien fait. Une fois encore il a fallu qu’ils détruisent pour le plaisir de détruire ce que nous avions construit. Au lieu de ces regroupements régionaux administratifs et forcés qui n’ont ni sens, ni logique, nous demanderons aux Français de trancher la question des deux niveaux d’administrations en toute clarté.

Tout au long de cette campagne pour la présidence de l’UMP, je ferai des propositions pour enrichir le débat. Je le ferai parce que cela correspond à l’idée que je me fais de l’intérêt général. Mais je le ferai sans esprit de système, dans l’idée de rassembler chacun, et non pour prendre des postures. Je le ferai à mon rythme qui n’est pas toujours celui du mondemédiatique. Je le ferai pour que le plus grand nombre de Français puisse s’y reconnaitre. C’est le chemin qu’il nous faudra emprunter pour retrouver le coeur et la confiance des Français.

La France n’a plus le choix, elle doit se réformer profondément ou prendre le risque de s’installer durablement dans le déclin. Notre formation politique n’a pas le choix, elle doit changer de fond en comble pour retrouver l’écoute des Français.

Je n’ai moi-même plus le choix. J’ai pris une décision : celle de me réengager de toutes mes forces au service de la France. Je dois réussir et nous faire réussir.

Mes chers Amis, tout au long de ces mois qui nous attendent j’aurai besoin de vous, de votre soutien, de votre enthousiasme. J’aurai besoin de l’engagement de tous ceux qui aiment la France et ne peuvent accepter la situation où elle se trouve.

Utilisons cette force politique qui est prête à se rassembler pour construire, pour bâtir, et non pas pour détruire.

Un nouveau défi est lancé.

Une nouvelle aventure a commencé.

Je demande aux plus jeunes de s’engager comme jamais.

Je demande aux plus anciens de reprendre du service.

A tous je veux demander de retrouver l’espoir !

La France a besoin de notre espérance commune.

26/09/2014 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 26 septembre 2014 à 14h07 par shogun, Saint-nazaire
Un discourt complet du candidat Sarko sur média Web...bravo
J'espère que tout homme politique (ou femme) aura le droit à la même attention...nous verrons bien..(A garder en mémoire)(ne pas oublier)
Que dire de du discourt lui même...du vent et encore du vent.
Cet ex président amnésique oubli qu'il a déjà gouverné et que ses promesses n'étaient que du vent.....

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