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Le député maire de la 7e favorable aux infrastructures

À l’heure où se développe la région Pays de Loire, vivier des cultures industrielles, elle aura besoin d’infrastructures pour accueillir sa population toujours croissante. Pourtant, les avis divergent au sein de la classe politique régionale. Christophe Priou, député maire UMP de Guérande prend position.

Le franchissement de la Loire : un dossier à acter

Pour Christophe Priou, les infrastructures, c’est tout l’enjeu de l’aménagement du territoire. Il souligne « Aujourd’hui, pour reprendre un vieil adage « pas de structure, pas de développement économique ». Et il ajoute « d’ici 2020, ce sera 30 % de population supplémentaire. Pourquoi on se développe très bien en Loire Atlantique ? Parce que nous avons le TGV depuis 1989, nous avons les quatre voies pour aller à Paris sans feu rouge, le terminal méthanier, le franchissement de la Loire avec le pont de Saint-Nazaire. C’est aussi parce que des aînés ont su mettre en place des infrastructures. On a aussi eu la chance d’avoir des personnes politiques qui ont pesé, à un moment où l’État avait de l’argent, comme Oliver Guichard ». Quand on lui soumet l’hypothèse d’un développement économique lié au bassin industriel, Christophe Priou répond « Dans les années 1983, quand Joël Batteux et Marie-Odile Bouillé sont entrés en politique, le taux de chômage de la ville était à peu près à 24 % et les chantiers navals devaient fermer dans les six mois. Cela n’a pas eu lieu. Les cycles industriels ont toujours existé. Aujourd’hui la Navale reste et Airbus explose les compteurs ». À propos d’un nouveau franchissement de la Loire, un sujet qui divise la classe politique de gauche à droite en passant par les écologistes, un pont entre Paimboeuf et Savenay ne semble pas incohérent pour le député maire, conscient naturellement que Nantes a ses problématiques. Mais comme il le souligne « Il serait d’abord important d’acter avoir un troisième franchissement car il faut se poser les bonnes questions : qui paie ? Après c’est où et comment ? On tourne en rond, le débat revient mais pour le moment il n’y a pas d’avancée ». Un franchissement qui selon lui sera à terme indispensable mais c’est un dossier de 10 à 20 ans. Il explique « On ne va pas combler non plus les vasières au regard de l’importance halieutique des vasières de l’estuaire. Il faut réfléchir, je me méfie toujours des positions de certains car quand je vois à l’époque le maire de Saint-Herblain, Jean Marc Ayrault, qui était contre le pont de Cheviré, aujourd’hui il considère qu’il vaudrait mieux refaire un pont sur Nantes plutôt que de fermer celui de Cheviré ». Et d’ajouter malicieusement « Bon entre-temps il est devenu maire de Nantes, il faut toujours avoir un peu de mémoire mais bien sûr on a le droit d’évoluer ».
Les infrastructures selon lui servent aussi pour le tourisme, notamment le tourisme industriel, une tendance lourde venue s’ajouter au bassin nazairien et à celui de la Presqu’ile. « Nous avons la chance d’avoir une région où l’on peut jouer sur plusieurs atouts à chaque fois. Aujourd’hui, la conchyliculture et la saliculture c’est 600 emplois, l’entreprise de laiterie à Herbignac, c’est 300 emplois… C’est une diversité qui crée une vraie richesse. Nous n’avons pas connu des bassins industriels sinistrés comme dans le nord ». Les infrastructures, voilà un sujet qui a permis de faire la transition directe avec le futur aéroport du Grand Ouest Notre-Dame-des-Landes.
 

Notre-Dame-des-Landes : l’avion nouvelle génération

Christophe Priou considère qu’une des faiblesses du dossier Notre-Dame-des-Landes c’est l’accès par transport, il conviendrait donc d’avoir une desserte. Il souligne « La Vendée par exemple, le Pays-de-Retz notamment, est plus à l’écart, et c’est vrai que maintenant franchir Nantes c’est catastrophique ». Il a également une vision intéressante de la transition énergétique aérienne, plutôt favorable au projet, il explique « Je crois que Notre Dame-des-Landes a toute sa place. Le type de transport, comme la voiture ou l’avion, restera mais les carburants évolueront. L’avion restera j’en suis sûr, simplement nous aurons des évolutions de combustible, de carburants, de moteurs ». À la réflexion sur le référendum populaire concernant l’aéroport, Christophe Priou rappelle « On parle beaucoup de démocratie de proximité, notamment depuis la loi Jospin. Mais de mémoire en Loire Atlantique, sur les cinq ou six référendums locaux, ce ne sont que des majorités de droite qui les ont faits c’est pourquoi quand j’entends dans des amphithéâtres certains parler de proximité et de citoyenneté, parfois je trouve qu’il y a un décalage saisissant. Je crois que le référendum en période de crise, et l’Histoire le démontre, a permis aux citoyens de trancher des sujets sérieux ». Et il ajoute à cela « Comme on dit, une grande gueule au bar des halles, il n’a pas son bulletin dans la poche, une personne qu’on ne voit jamais et qui vient voter, et bien ils ont tous deux le même poids. Et c’est bien ce qu’on appelle la majorité silencieuse ».

Le transport collectif : maillon faible des liaisons douces

La question des liaisons douces est aussi un axe primordial de l’intercommunalité. Sur le territoire de Cap Atlantique, on compte environ 280 km de liaisons douces. Aujourd’hui, Christophe Priou considère qu’il faut y intégrer le transport collectif, maillon faible des deux intercommunalités que sont La CARENE et Cap Atlantique. Il souligne « C’est un gros point faible car les entreprises aujourd’hui payent le versement transport mais aucun salarié ne peut s’en servir. Même les chantiers ont pensé remettre en place le train interne notamment pour les 3-8 ». C’est un dossier fédérateur entre les deux intercommunalités sur lequel le Conseil Général peut avoir un rôle majeur en raison de ses prérogatives.
Par ailleurs, l’image des liaisons douces en France est essentiellement liée aux loisirs, le vendredi, samedi, et dimanche. Pour prendre exemple ailleurs, en Hollande c’est beaucoup pour le travail, les Hollandais sont nombreux à circuler en vélo ou en navettes fluviales. Comme l’explique Christophe Priou « Il faut du temps pour changer les mentalités et inverser les comportements. Après aussi il faut se poser la question de quelle fréquentation au bout des chemins, car notre tourisme, plutôt périurbain se situe entre Nantes-Angers-Le Mans, si vous mettez 5 000 personnes dans les marais par exemple en vélo, avec des chiens … Que vous laissez un promeneur à Sissable en période de nidification des aigrettes et des avocettes c’est une véritable catastrophe ». Une manière d’expliquer que la sur-fréquentation peut aussi être dangereuse pour l’environnement si elle est constituée de façon anarchique. Et de conclure « Les 30 % de population en plus sur le littoral sont à gérer aujourd’hui pour les prochaines années. Ce sont des espaces de liberté mais menacés par la surfréquentation ».

Auteur : SD | 13/02/2012 | 0 commentaire
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