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La journée de la jupe : halte au vol !

En 2006 des filles voulaient s'habiller « en filles » sans être inquiétées. Des associations, dont Ni putes ni soumises les avaient soutenues. En 2009 un film avec Adjani « la jupe » soutient le droit des filles. À Nantes des lycéens ont eu l'idée que les garçons pourraient portee la jupe une journée pour lutter contre le sexisme. Le rectorat a validé, provoquant la colère de collectifs.

« Les Nantais pour la famille » et « la Manif pour tous » s'opposent, « nous n'admettrons que l'école demande à nos enfants de se travestir », et soulignant « la volonté de faire fondre petit à petit les différences entre les sexes » (Ouest-France). Une bonne occasion de revenir sur le devant de la scène pour des collectifs qui n'avaient plus trop d'occasion de se montrer.
Voir http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/05/15/ce-que-souleve-la-juge-a-nantes-la-polemique-laisse-la-communaute-educative-perplexe_4419338_3224.html
En 1972, Michèle Alliot-Marie, alors jeune conseillère politique, se voyait refuser l’entrée de l’Assemblée nationale pour port du pantalon « Si c’est le pantalon qui vous gêne, je l’enlève», avait répondu le futur ministre de la défense. Il s'agissait alors plus de "bien-séance" pour les uns, et de "libération" pour les autres.

L'académie de Nantes ne « demandait » pas aux garçons de se travestir, elle leur permettait de se déguiser une journée, comme à carnaval pour faire une animation illustrant une réflexion sur le sexisme, un peu comme on porterait un ruban rouge pour lutter contre le sida, ou un écusson "contre le sexiqme".
Et la "fausse polémique" a démarré : "les garçons devaient venir au lycée en jupe".


"Je n'ose y croire tellement c'est grave. C'est scandaleux. C'est pourquoi M. Hamon doit intervenir sans délai pour condamner fermement cette initiative et l'annuler" déclarait la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère.

« À poil pour tous ? »

À provoquer ainsi les adolescents, ces groupes mériteraient une réponse qui ne ferait pas « fondre petit à petit la différence entre les sexes » : de décider par exemple d'aller à l'école en vêtements minimum.
Mais « les familles nantaises » et « la Manif pour tous » trouveraient alors sans doute une atteinte aux bonnes mœurs.
 
Le jour où les filles devront aller à l'école en jogging et sweat-shirt à capuche pour ne pas être harcelées, il sera trop tard. Il restera un équivalent vestimentaire pour cacher ses formes et ne pas se faire traiter de pute... la burka ? Paradoxal ? Pas tant que ça.
 

Respecter les ados

Amusant : quand les filles veulent se vêtir en jupes elles affirment leur « genre » leur droit à être des filles, et respectées. En les soutenant les garçons, démontrent le leur, de jeunes mâles solidaires de leur groupe, et peu importe qu'ils soient en jupe pendant une journée : qui doute de la virilité de la garde écossaise en kilt ? La Manif pour tous les traite-t-elle de « travestis » ?
Les adultes sont fautifs quand ils refusent le débat avec leurs jeunes mais ils se transforment  en voleurs quand ils détournent, au profit de leurs idéologies (anti-théorie du genre), les demandes de leurs enfants.
En quoi est-ce gênant de permettre un débat sur le sexisme à l'école, et d'en reparler le soir à la maison autour de la table familiale ? Il n'est pas ici question de la théorie du genre : il est question de respecter les femmes et leurs droits.
« Porter une jupe n'est pas être une pute », « porter une jupe n'est pas une invitation à se faire violer ». « On veut juste prendre le bus tranquillement, ne pas subir les regards insistants, ne pas nous faire insulter quand nous ne répondons pas aux commentaires » . «C'est idiot de s'opposer à ce que nous portions une jupe pendant une journée en disant que c'est diminuer la différence entre les sexes, parce que nous le faisons pour les filles puissent porter des jupes toute l'année sans se faire emmerder » dit Simon élève de premiere. Quant à Marion elle a choisi de rire, elle prêtera des jupes à ses copains, et tant pis si ça ne plaît pas à ceux qui « vénèrent un mec qui a une maman et deux papas, et dont le chef est en robe toute l'année ». Un prof de lycée confie : « nous devons travailler en paix, et surtout ne pas faire rentrer de débats clivant dans nos cours ». « La liberté, de la justice , ce sont des sujets explosifs à cet âge, il faut être prudent »  explique une autre. Prêtera-t-elle des vêtements à ses garçons ? Bien sûr, «ils ont déjà demandé,et choisi». Acceptera-t-elle des garçons en jupe dans ses cours, « ce vendredi, oui ». Un autre dit « moi aussi je les accepterai, mais je ne porterai pas la jupe pour faire mon cours».
 Faire porter ce débat sur « l'indifférenciation des sexes » en prenant pour prétexte une idée de communication, c'est spolier les jeunes de leur message, les priver de leurs idées, et refuser aux garçons de participer à la liberté des filles.

En provoquant les ados de cette manière, à un mois des examens, les adultes ne risquent que de les mettre en colère, et dans la rue. Ce qui ne devrait être qu'une journée de réflexion festive pourrait bien devenir une mèche qu'il était inutile d'allumer.


En refusant à leurs fils d'être solidaires de leurs sœurs et de leurs camarades de classe qui veulent leur expliquer ce qu'elles vivent tout en affirmant justement « leur différence » ces parents ne se conduisent pas en « familles ». Et ça, c' est plutôt « mauvais genre».

L'avis du FN

Dans un communiqué le FN 44 indique : « Vendredi passé, le conseil académique de la vie lycéenne, en lançant l'opération "Ce que soulève la jupe", a proposé d'"inviter filles et garçons, élèves et adultes, le temps d'une journée événement, à porter une jupe ou un autocollant 'je lutte contre le sexisme'".

Alors qu'une telle initiative n'aurait dû être que l'occasion d'un sourire, elle a été cautionnée par le rectorat de Nantes et il s'est trouvé 27 lycées pour décider de relayer cette action.

Alors que les droits des femmes reculent dangereusement en France devant la montée d'un islam radical étroitement corrélé à une immigration incontrôlée, et que de véritables crimes contre les femmes tels que l'obligation du port du voile, les mariages arrangés et obligés, les crimes d'honneurs ou les tournantes, se déroulent dans les quartiers périphériques de nos villes, il est risible et méprisable que la caste qui nous gouverne et ses relais dans l'éducation nationale ne trouvent rien de mieux comme solution que de conseiller à de jeunes lycéens de sexe masculin de porter des vêtements féminins.

Pour le FN 44, ceci est symptomatique de l'idéologie de la société boboïsée que promeuvent le Parti socialiste et ses courroies de transmission, idéologie à mille lieues des attentes véritables du peuple français ».

L'avis de Michèle Meunier

Pour la sénatrice "Il faut rétablir quelques vérités !"  

« Une fois de plus, la droite et les réactionnaires utilisent le mensonge, colportent les rumeurs, jouent sur les amalgames.
Rétablissons quelques vérités pour sortir de ce mauvais procès :
- « Ce que soulève la jupe » (formulation issue du titre de l'ouvrage de Christine Bard, historienne du féminisme) est une journée de lutte contre le sexisme et les discriminations proposée vendredi dans plusieurs lycées de l'académie de Nantes, à l'initiative des lycéen-ne-s eux-mêmes.
- Cette journée symbolique est l'aboutissement d'un travail pédagogique conduit depuis plusieurs années au sein des établissements et vient ponctuer une série de débats, d'échanges, de travaux sur l'égalité.
- Il s'agit d'une approche qui interroge les stéréotypes existants dans la vie de tous les jours, dont les tenues vestimentaires. Bien évidemment, personne n'est obligé de porter une jupe !
J'aimerais m'adresser à celles et ceux qui agitent la polémique et s'estiment choqué-e-s par cette journée : Seriez-vous opposé-e-s à la lutte contre les discriminations et les stéréotypes ? Seriez-vous opposé-e-s à la promotion de l'égalité entre filles et garçons, femmes et hommes ? Seriez-vous finalement opposé-e-s à la devise de notre République qui fait de l'Égalité notre socle commun ?
Défendre le droit légitime à la différence ne saurait justifier les inégalités.
Décidément, les stéréotypes ont la peau dure dans notre société. Les vieux conservatismes demeurent...et attendent la moindre occasion pour ressurgir !
Plus que jamais, le combat pour l'égalité, et contre toute forme de discrimination, reste d'actualité ».




L'avis de DLR

Cécile Bayle de Jessé, tête de liste de "Debout la France : ni système, ni extrêmes” Ouest soutenue par Nicolas Dupont-Aignan et Déléguée nationale DLR à l'épanouissement familial, réagit.
Elle n'admet pas que le rectorat de Nantes, papier à en tête faisant foi, cautionne une telle manifestation !
Elle demande aux adultes responsables d'avoir un minimum de discernement, de ne pas instrumentaliser ni troubler nos enfants dans le cadre d'une soi-disante démarche contre le sexisme, en se retranchant sur la volonté de quelques jeunes élus représentant les élèves de plusieurs établissements.
Nos enfants sont en période d'examens, et il est à rappeler que le rôle de l’Éducation Nationale est de les instruire et non de les éduquer.
Ce rôle est dévolu prioritairement aux parents !
Nous rappelons d'autre part que, pour ce qui concerne les sujets de société, l'Union Européenne n'est pas compétente et ne doit pas s'immiscer dans la politique familiale des États membres et la France plus particulièrement (rapport Estrella, rapport Lunacek sur le sujet qui nous occupe indirectement aujourd'hui).

Auteur : LY | 15/05/2014 | 3 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 16 mai 2014 à 09h00 par Dupont pas Ducon, Saint-nazaire
Tous en jupette !!!!

Soutenons tous cette initiative citoyenne!

Au prochain conseil municipal de Saint-Nazaire demandons à nos élus, à notre maire David Samzun en tête de porter une jupette pour en finir avec le sexisme.

Cela démontrerais l'unité de la classe politique locale sur ce grand sujet de société.

Le Merrer en jupette ?
Sandra V en jupette ? dommage elle en porte déja..
Blanchard en jupette ? A non..le FN est contre cette initiative encore.. dommage

Que le monde serait beau et attrayant avec tout nos élus en jupette
#2 - Le 16 mai 2014 à 11h19 par Guilbaud Fabien, La Baule
Pour les gugus FN et droite de chez Boutin, un petit rappel: la jupe est portée aujourd'hui par les hommes en Ecosse et en Indonésie. Elle l'était en France autrefois, tout comme en Egypte, chez les romains, etc...

Il en est de même des bottes: Accaparées par Paco Rabane pour en faire un article féminin dans les années 60-70, elles sont à la base inventées pour, et portées par les hommes!

Je suis de ceux qui revendiquent aux hommes la liberté de porter des bottes! Pas d'affreuses santiags à la Johnny, mais des bottes que l'on ne trouve aujourd'hui qu'au rayon femme et qui pourtant sont tout à fait mixtes! Osons!

Ce n'est ni un fantasme, ni une question de travestissement, mais juste la liberté de choix de s'habiller comme on veut! Il existe de nombreux forums et blogs sur le sujet.

Chacun est libre de faire ce qu'il veut, ras le bol des cataloguages.

Je suis aussi pour l'abolition du "costard-cravate", ce truc immonde qui ressemble à un bavoir, et que les technocrates ont imposé depuis 60 ans.

L'habit ne fait pas le moine! Il y a 30 ans on désignait par "gens sérieux, travailleurs et honnêtes" ceux qui portaient la cravate...
Aujourd'hui ce sont les plus gros escrocs de la planète, ceux qui massacrent l'environnement, qui ruinent les peuples, qui sont en costard-cravate!
#3 - Le 21 mai 2014 à 14h43 par pelissier, La Tour Du Pin
J'ai toujours trouvé injuste que l'homme ne porte pas la jupe comme la femme porte le pantalon depuis les années 1945/50
les tolérances pour les femmes doivent être les mêmes pour les hommes.D'autres parts la jupe était portée par les hommes avant que le pantalon existe

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