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La conspiration du Père Noël

Le gros mensonge perpétué par des générations de parents passe toujours comme une lettre à la Poste. L’homme vit toujours dans le Grand Nord avec son armée de lutins qui fabriquent les jouets commandés par les enfants.

Gosse, sauf dans certaines peuplades reculées ou vivant chez de farouches anti, tout le monde a cru à cette fantasque histoire qui refait surface tous les ans, pile poil à l’heure, et le vieux bonhomme qui ne prend pas une ride est de retour ! Le froid, cela conserve, c’est bien connu.
Quelques soupçons devraient commencer à jaillir, dans cette multiplicité de Pères Noël dans les rues illuminées. Ils sont partout, des clônes plus ou moins réussis offrant des bonbons et des séances photos à tour de hotte.
Il faut vraiment être dans la féérie enfantine, mais, c’est tellement bien d’y croire et d’accepter la parole de ses parents pour argent content. Alors, on devient, nous les grands, des menteurs patentés alimentant la tradition populaire. Comment expliquer que le Père Noël, c’est du pipeau, tiens, c’est comme le Père Fouettard, qui accompagne Saint-Nicolas, pas sage, ça va faire mal.
 

De la petite souris aux cloches de Pâques

On peut mettre dans le même sac cet autre mensonge éhonté, peut-être plus facile à gérer dans le baratin : Les cloches de Pâques, toutes contentes qui reviennent de Rome et laissent choir des œufs dans les jardins, mais, aussi des poules ou des lapins, une vraie basse-cour chocolatée. Ah, là, un Kinder surprise, sans doute une cloche sponsorisée.
C’est donc tout à fait dans l’illogique à l’état pur que, nous parents, entretenons le mystère sans réelle explication.
Bon, mais, quel plaisir teinté de malice que de cacher ainsi les friandises et de voir les enfants courir dans tous les sens pour en trouver le maximum. Depuis longtemps, Pâques est aussi devenu une machine de guerre commerciale implacable, relayée également par les fameuses « chasses aux œufs ».

Au-delà du mythe, finalement, seule compte la récompense

Autre exemple peu crédible, mais digne d’un vrai Walt Disney, la petite souris. La perte de ses dents de lait est accompagnée d’une sorte d’angoisse, d’abord, ça fait peur et parfois mal. Dans des temps pas si lointains, on attachait la dent branlante récalcitrante à une ficelle reliée à une poignée de porte. Ficelle tendue, on refermait brusquement la porte pour extraire de la gencive la dite dent.
Pour faire passer la pilule, on fait croire aux enfants édentés qu’il existe une petite souris spéciale, chargée de venir la nuit changer en pièce la petite dent placée sous l’oreiller. On la visualise bien, trottinant de chambre en chambre, faisant de la varappe sur les draps, se glissant, vaille que vaille sous l’oreiller pour procéder à la transmutation.
Encore une fois, il semblerait que ce doux mensonge, soit là pour faciliter la tombée dentaire suivante. Il s’accompagne également un doux plaisir de faire l’échange soi-même pour faire partie, nous adultes, de ce monde merveilleux et tendrement crédule.
 

Pour revenir au Père Noël

Évidemment, le mensonge peut dériver très vite, notamment, quand les maternels jouent dans la cour de récré avec les plus grands . Car, en grands seigneurs, un rien goguenards, ils dévoilent (non sans plaisir, une certaine jouissance d’être au parfum et avec une pointe d’orgueil)  le pot aux roses aux minots : « Le Père Noël, c’est du bidon ! ».
Alors, choc, déception envers ses parents, apprendre la vérité de ses potes de récré, pas toujours évident, puis il va falloir que les procréateurs s’expliquent.
Etonnamment, cela se passe plutôt bien, parfois, aucune question ne sera posée. Car, on continue d’y croire vaille que vaille, on a trop envie d’y croire. Coté psy, forcément on y vient, la réponse apaisante est souvent la même « il appartient aux parents d’accompagner leurs enfants vers le cheminement de la vérité ». Le mythe du Père Noël est aussi qualifié de « rite initiatique » avant d’atteindre l’âge de raison.

Des dates :

1946 : Création de la chanson Petit Papa Noël
1962 : Françoise Dolto crée le courrier du Père Noël
1990 : Sortie du film d’horreur « 3615 code Père Noël » de René Manzor (frère de Francis Lalanne) qui explose le mythe, faisant du père Noël un psychopathe. (Enorme flop, le film sort pour les fêtes de fin d’année).
Allons, une dernière pensée à tous les enfants du monde qui, le matin de Noël, ont les yeux brillants et les mains fébriles devant les paquets. Gare toutefois à avoir vérifié le bon fonctionnement du robot avant, sinon…
Le Père Noël, c’est comme un doux rêve qui taquine encore cette part de Peter (Pan) qui est en nous. (Le syndrome de Peter Pan exprime pourquoi l’on refuse de grandir).

Photos extraites du site : http://www.santatelevision.com/perenoel/photos-du-pere-noel/renne-du-pere-noel-laponie-photo/

 

Auteur : JRC | 09/12/2012 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 11 décembre 2012 à 19h24 par Raminagrobis
C'est un peu pareil pour la démocratie, le peuple émerveillé croit qu'il choisit ses représentants, tout au plus désigne-t-il le clan dont c'est le tour de mener la même politique que l'autre ; pareil : il y a une distribution, pas de jouets, mais de places et de privilèges !

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