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La Cavalcade de Scaër (29), le premier carnaval de Bretagne

En Bretagne, il y a le Festival Interceltique de Lorient, le Festival de Cornouaille à Quimper, les grands rassemblements de bateaux et vieux gréements à Brest et Douarnenez, le Festival des Vieilles charrues à Carhaix…

Et tous les deux ans lors du week-end de la Pentecôte : la Cavalcade de Scaër, qui offre à des dizaines de milliers de spectateurs un spectacle unique. Entre tradition et modernisme, culture et fête, c’est tout une ville qui se mobilise pour faire de Scaër, le petit Rio du Centre-Bretagne.
C’est en passant Quimperlé, aux portes du Finistère, qu’il faut s’enfoncer sur une bonne vingtaine de kilomètres vers l’argoat (les terres) pour arriver à Scaër. Nous sommes à 200 kilomètres et deux heures de route de Saint-Nazaire. Passée la géographie locale, on ne peut pas dire que ce nom parle au commun des mortels. Sauf que, les fumeurs seront peut-être surpris d’apprendre que O.C.B sur les paquets de feuilles à rouler, ça signifie Odet Cascadec Bolloré. Cascadec étant le nom d’un bois où est implantée la fameuse papeterie Bolloré, sur la commune de Scaër. Aujourd’hui, la ville est bien plus connue pour sa cavalcade, importée dans les années 20 par une femme venue d’ailleurs, et qui, pour le moins que l’on puisse écrire, à laisser son empreinte au pays des sabotiers. Depuis, lorsqu’on parle de la ville, on dit « Scaër, la joyeuse ». Démonstration faite tous les deux ans.
L’esprit de compétition
Pourquoi la Cavalcade de Scaër est le premier carnaval de Bretagne et le troisième en France ? Parce que, comme dans n’importe quel championnat sportif, un classement est établi par un jury indépendant. Dans l’Ouest, Scaër est en concurrence avec Nantes, et n’est pas peu fière de faire mieux que rivaliser avec la capitale historique de la Bretagne. Hélas pour les Ligériens, quelques sombres histoires internes ont provoqué l’annulation de la mi-carême nantaise. Parmi les carnavals les plus réputés, on trouve notamment Dunkerque et Cholet.
Mais la qualité impressionnante du plateau de la Cavalcade de Scaër est entretenue par une autre compétition : celle qui se déroule entre les groupes et les chars, au sein même du carnaval. Là aussi, c’est un jury indépendant, venu des autres grands carnavals français qui établit le classement. Les rivalités et les défis agitent à chaque instant, dès le soir même de la fin des festivités, le landerneau scaërois. Tout cela reste convivial et à peu près fair-play, mais les centaines de bénévoles qui œuvrent sur les chars y puisent une source de motivation décuplée. « Tous ont également à cœur le respect du public. Ils ont la volonté de faire quelque chose de beau parce que le public paye son entrée. Ils font la fête, mais ils sont aussi de montrer leurs talents. C’est un vrai spectacle », explique Pierre-Yves Fiche, chargé de la communication au sein du comité d’organisation.
Les groupes qui animent la Cavalcade sont réunis en associations autonomes. On en dénombre une vingtaine, de 15 à 150 adhérents. Chacune a son propre budget, issu des prix décernés selon le classement obtenu, et des cotisations. Pour arriver à un tel résultat final, les carnavaliers doivent donc faire preuve de débrouillardise et d’imagination. « C’est la force de la Cavalcade, avec la transmission des savoir-faire aux jeunes générations, la recherche de complémentarité et de compétence. Ainsi, la Cavalcade se régénère toute seule », indique Pierre-Yves Fiche. Dans cette commune d’un peu plus de 5 000 habitants, tout le monde est plus ou moins concerné et mobilisé par l’événement. A Scaër, on a coutume de dire que la cavalcade est un « virus » dont on ne peut se défaire, et les Scaërois d’ajouter : « Lorsque l’on quitte Scaër, on y revient toujours pour la Cavalcade ! ».

25 chars, 1 200 costumes, 150 musiciens…
Avec un budget de 280 000 euros, la Cavalcade de Scaër se gère un peu comme une entreprise. Malgré tout, cette 63e édition reposera comme les autres, en grande partie, sur le nombre d’entrées, principale ressource de la manifestation, à hauteur de 75 %. Les partenaires et sponsors contribuent pour 20 %, les aides publiques du Conseil Général et Régional pour 2,5 %. « Pour ces derniers, c’est un peu complexe, ce financement est un peu « fantôme ». Nous manquons de reconnaissance car notre manifestation n’est pas d’identité bretonne. C’est un carnaval décalé qui n’a pas encore sa place dans le programme culturel breton. La Région semble désormais grandement s’y intéresser et nous allons travailler dans cette direction », explique l’organisateur.
De façon un peu anachronique, en cette période de sécheresse, les organisateurs scruteront le ciel avec attention. « Le soleil, c’est 50 % de la réussite de la cavalcade, et c’est le seul élément que nous ne maîtrisons pas », confie Pierre-Yves Fiche.
Car pour le reste, on peut faire confiance aux 1 200 carnavaliers répartis sur 25 chars et groupes. Une petite visite dans les hangars où l’on s’affaire à coller les dernières fleurs en papier, à poser les éléments de décor, à mettre la dernière couche de peinture, en dit long sur la qualité des chars qui composeront le cortège. Impressionnant !
Dimanche 12 juin, le premier carnaval de Bretagne s’élancera dans les rues de Scaër à 14 h 00, pour deux tours de circuit. La proclamation des résultats est attendue pour 18 h 00. La fête se prolonge en musique de 19 h 00 à 1 h 00 du matin (une nouveauté cette année), avec restauration sur place. Lundi, ils remettent ça, à partir de 14 h 30 ! Voilà une bien belle idée de balade pour la Pentecôte.

Auteur : YD | 03/06/2011 | 
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