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La Baule UMP François Fillon demande à Hollande de prendre ses responsabilités

François Fillon est arrivé au campus UMP de La Baule visiblement préoccupé. Il n’a pas dit un mot à la presse qui le questionnait. Selon nos sources malgré l’unité de façade à La Baule la guerre des chefs continue entre Fillonistes et Sarkozistes avec le jeu des petites affaires vraies ou fausses qui se dégonflent aussi vite qu’elles n’éclosent.
François Fillon
François Fillon

À entendre les porte-flingues des uns et des autres, d’autres affaires pourraient secouer l’UMP et ses dirigeants. Pendant ce temps les militants qui espèrent encore font semblant de croire à un possible redressement de leur mouvement.

François Fillon s’en est pris à François Hollande et a longuement évoqué la situation internationale.
« Aux portes de l’Europe, dans l’Est de l’Ukraine, le conflit civil fait rage, et chacun semble camper sur ses positions sans voir que c’est tout notre continent qui peut basculer dans une sorte de nouvelle Guerre Froide.
Combien de temps faudra-t-il pour comprendre que l’Ukraine doit être fédéralisée, que la Russie doit négocier et que l’Otan doit mesurer ses réactions ?
La crise ukrainienne n’est pas seulement le résultat de l’histoire post-soviétique, elle est aussi le résultat d’une incapacité collective à penser la grande Europe, et pour la penser, je regrette que la France ait perdu cette capacité à porter un message politique singulier qui ne se limite pas à suivre ses alliés. »

Le califat de la terreur

Le premier ministre a ensuite évoqué son voyage au Moyen Orient :
« Au Moyen-Orient, voici que la poudrière du terrorisme se mue en califat de la terreur.    
J'achève un déplacement de trois jours en Irak au cours duquel j'ai visité plusieurs camps de réfugiés.
À cinq heures de vol de Paris, on assassine des enfants, des vieillards, des handicapés, on vend des femmes sur le marché !
Nous sommes en présence, non pas d’un « simple» conflit régional, mais d’un crime contre l’humanité. La décapitation des otages nous a révoltés, mais sachez qu’elle n’est, sur place, qu’une horreur parmi d’autres.
Parmi tous les réfugiés, beaucoup de victimes sont de confession chrétienne.
Ils sont là depuis 2000 ans ; 2000 ans à vivre encore et toujours autour des dernières églises qui témoignent d’une très longue histoire.
Aujourd’hui, ils n’ont pour choix que la fuite ou la mort.
Notre rôle est de les défendre, de les accueillir, pour ceux qui voudraient se réfugier en Europe, mais notre mission n’est pas d’organiser leur exode, c’est au contraire de se battre pour qu’ils puissent vivre chez eux, en paix.
Avec l’EILL, nous assistons à l’émergence d’un état terroriste avec des moyens financiers, une armée équipée et des volontaires étrangers susceptibles de porter leur guerre en Europe.
Son but affiché est d’entraîner le monde dans un conflit de religions et de civilisations.
Face à ce risque, une mobilisation diplomatique, militaire et humanitaire est nécessaire.
Il est indispensable d'avancer très vite sur la conférence internationale, avec la participation de la Turquie, de l'Iran et des états du Golfe.
Sur le plan militaire, nous avons soutenu la livraison d'armes mais il va falloir mettre les moyens pour éradiquer ce califat de la terreur et contrer son armée.
Quant à la situation humanitaire, elle est dramatique.
La France a été la première à réagir mais les besoins sont immenses et dépassent largement les seules actions publiques.
Sur place, des hommes et des femmes courageux et généreux sont à l’œuvre.
J’ai décidé personnellement de les aider à récolter des fonds qui iront à l’aide des réfugiés irakiens et vous pouvez aussi le faire car que serait la France sans sa fraternité, infidèle à sa réputation, infidèle à son histoire qui la lie à celle de l’Orient ?
Le prix de l’indifférence et de la lâcheté est plus élevé que le prix de la solidarité et du courage.
Voilà ce que je crois et ce que je voulais vous dire.

Le naufrage de la dignité de l'État

Le premier ministre François Fillon a demandé au Président de la République de prendre ses responsabilités.

« François Hollande nous a replongés dans les errements de la IVe République avec l’issue funeste qu’on lui connaît.
Je lui demande de bien mesurer l’état moral et politique de la situation.
 
Changement complet de politique, dissolution, démission : libre au Président de choisir une porte de sortie, mais en toute hypothèse, il ne peut plus continuer son petit bonhomme de chemin comme si de rien n’était, comme si la désillusion du peuple n’était qu’anecdotique.
Désormais tout tient au fil de sa conscience. Qu'il regarde autour de lui : tout est écroulé. Il n'y a qu'un immense vide. Mais il peut encore rendre un service au pays et lui dire :" aidez-moi, je me suis trompé". Et s'il a la moindre estime pour les Français et pour les pouvoirs que ces Français lui ont donnés, il peut encore sauver l'honneur perdu d'un quinquennat... du sien. Il n'y a pas d'illusion à se faire. Nous vivons un mai 68 moral ; un naufrage de la dignité de l'État, une crise des valeurs républicaines, qui ouvre grand les portes à toutes les dérives.
Monsieur le Président, vous seul pouvez maintenant sauver la situation: choisissez la carte du courage ! »

Se préparer à toutes les options

L’opposition doit se préparer à toutes les options

« Vous connaissez mon diagnostic : la France a besoin d’un redressement national d’ampleur.
On ne relancera pas le pays en faisant un remake du passé ou en résumant l’avenir à des duels de personnes.  
Il faut un projet radical, ciblé sur la croissance et l’emploi.
Avec plus de 5 millions de personnes au chômage total ou partiel, avec 0% de croissance, il faut rompre avec les logiques du passé.
La France doit sortir des 35 heures et ramener la négociation du temps de travail vers les acteurs de terrain.
Face au mur de la complexité, il faut refonder le code du travail sur ce qui relève des normes sociales fondamentales et renvoyer le reste des dispositions à la négociation en entreprise.
C’est une révolution, et je l’assume au nom de la certitude que le maquis actuel est un tueur de croissance et d’emploi, au nom aussi d’une rénovation du dialogue social qui est beaucoup trop hiérarchisé et stéréotypé.
Nous devons aussi baisser fortement le coût de travail, en compensant cette réduction par une hausse de la TVA.
Par leurs complexités, ni le CICE, ni le pacte de responsabilité ne sont suffisamment puissants pour replacer notre coût du travail au niveau des leaders de l’OCDE.
Nous devons réformer notre marché d’emploi car il vaut mieux plus de souplesse que toujours plus de chômage.
Notre pays doit être la patrie des entrepreneurs, des investisseurs, des inventeurs et à cet égard, je préfère voir ceux qui créent de la richesse rester en France plutôt que de s’exiler ailleurs.
C’est d’ailleurs là tout le paradoxe socialiste qui prétend ne pas aimer les riches mais qui, pour sauver nos industries, quémande l’appui des investisseurs allemands, américains, qatariens et autres fonds de pension étrangers.
Au lieu de stigmatiser le capital, il faut le valoriser.
J’affirme et j’assume le fait que notre économie a besoin de liberté, bien plus que de socialisme. Et d’ailleurs, quelle autre solution ?
Lorsqu’un pays croule sous les réglementations et les impôts, on n’en remet pas une louche ; lorsqu’il est seul au monde avec ses 35 heures, on n’imagine pas de travailler moins; et lorsqu’il coule sous les déficits, on ne propose pas une relance budgétaire à fonds perdu. »

Le redressement

« Ce n’est ni la gauche ni l’extrême-droite qui vont relancer le pays. Ce devoir nous incombe.
Avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, nous assumons depuis cinq mois une mission de remise en ordre de l’UMP.
L’audit que nous avions commandé a confirmé la gravité de la situation ; des mesures financières et organisationnelles ont été prises ; la justice a été saisie pour nettoyer le passé.
En novembre, se tiendra notre congrès.
J’ai eu l’occasion de dire et je le redis ici : je souhaite que la génération qui me suit prenne ses responsabilités car notre mouvement doit valoriser de nouveaux talents, de nouvelles méthodes.
Vous voterez pour qui vous voudrez, en conscience, car je me suis assez battu pour que la démocratie au sein de notre mouvement soit respectée pour ne pas respecter votre indépendance.
Je vous demande juste d’être exigeants sur les idées et sur les valeurs qui devront guider l’UMP car notre parti ne retrouvera pas la confiance des Français en mettant la poussière sous le tapis.
Quant à moi, vous connaissez mon calendrier et vous savez mon objectif… Mais chaque chose en son temps !
En attendant, je bâtis un projet et je parcours la France.
J’ai rencontré des milliers de Français.
J’en suis sûr : ils sont prêts à prendre des risques.
Prêts à se rallier à un projet décapant, porté par des responsables intègres et décidés.
Prêts à se battre pour retrouver le chemin du progrès. »

François Fillon longuement applaudi par les 500 militants présents a tenu pour beaucoup un discours d’homme d’État en évitant de rentrer dans le registre des rivalités internes à l’UMP.
 

Auteur : JBR | 07/09/2014 | 0 commentaire
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