Onze jeunes secrétaires nationaux de l’UMP ambitieux viennent de se retrouver dans un collectif baptisé « Nouvelle Donne » Dans une lettre ouverte adressée à « Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand et les autres », ils demandent de « sortir des rivalités d'hommes et de femmes » pour se consacrer « au débat d'idées ».
« À l'heure où la gauche concentre tous les leviers du pouvoir, nos concitoyens attendent davantage de vous », écrivent-ils notamment. « Il faut sortir de la guerre des chefs. On ignore ce qui différencie les candidats sur le fond », « On ne veut pas rester dans l'opposition pendant dix ans, explique Sébastien Chenu, adjoint au maire de Beauvais (Oise). Il est temps de se demander comment reconquérir des territoires perdus. »
Ils n’ont dans l’immédiat aucune proposition, sauf des idées sur la réforme du parti. « Ce sera fait dans un second temps », assurent-ils. « Nous voulons êtres des poils à gratter », ont-ils précisé..
Robert Grossmann, ancien Président de l’Union des Jeunes pour le Progrès (UJP), dans son blognote pointe du doigt qu’avant 68, les jeunes faisaient de la politique par conviction et qu’aujourd’hui ils font de la politique par ambition.
« J’ai été leader d’un mouvement de jeunes qui a laissé sa trace dans l’histoire et qui ne cessait de développer projets et idées nouvelles. Mais, surtout, il était guidé par un idéal, mot aujourd’hui banni du vocabulaire politique.
»On savait l’UMP mal en point après la mère de toutes les défaites qui vint couronner les autres sans aucune exception.
»On pouvait regarder sévèrement l’éclatement de son unité factice avec la demi-douzaine de prétendants à sa présidence.
» Mais le point d’orgue cacophonique vient d’être atteint avec la proclamation de quelque onze anonymes secrétaires nationaux de ce mouvement.
» Ils s’offrent avec une insolente transparence avec ce cri pathétique « On ne veut pas rester dans l’opposition pendant dix ans». En clair, ''On veut les places parce qu’on est jeune ''.
Au nom de quelles compétences ? L’état civil !
Au nom de quel projet ? Plus tard !
Avec quelles idées ? Aux autres de dire les leurs, nous, on est jeunes !
Dans l’apparition aoûtienne de nos jeunes impatients, un autre credo est pittoresque de pathétique : "On ne veut pas que ce soient les responsables des défaites des dernières années qui viennent nous dire ce qu'il faut faire". Ça fera du monde à virer et aux plus hauts niveaux…
L’histoire nous a pourtant démontré que ceux qui savaient tirer les enseignements de leur défaite et se relever étaient plus forts et mieux armés pour la reconquête. Mitterrand, Chirac, s’il ne fallait en citer que deux, sont des exemples éloquents de battus, rebattus puis élus.
Périodiquement surgit ce genre de prurit, on se souviendra de l’équipée des 12 quadras - 6 UDF et 6 RPR- de 1989, lançant l’opération ''rénovateurs'', qui devait changer la face de la droite en remédiant à ses divisions. Villiers, d’Aubert, Noir, Carignon, Bayrou, entre autres.
Le club des quadras a vécu le temps d’un été et chacun s’en est allé à son destin !
Le fait d’ériger l’état civil en stratégie électorale méconnaît un autre facteur essentiel : les électeurs ! »
René Char : ''On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme''.
Des cadres du parti lancent un appel pour que l’ex-chef de l’État brigue la présidence de l’UMP.
Pendant la guerre des chefs pour la présidence du parti, un sondage Ifop réalisé pour le journal du Dimanche révèle que 53 % des sympathisants UMP souhaitent que Nicolas Sarkozy revienne dans la vie politique, et qu'il soit le candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017. La relève des candidats à la tête du parti n’enthousiasme pas les sympathisants. François Fillon recueille 48 % d’opinions positives devant Jean François Copé 24 %, Nathalie Kosciusko-Morizet 7 %. Xavier Bertrand recueille 5 %, Bruno Le Maire doit se contenter de 2 % et Christian Estrosi plafonne à 1 %.
Enfin dans les rapports avec le Front National le sondage Ifop révèle que 52 % des sympathisants sont favorables à des accords électoraux UMP-FN aux élections locales (municipales, cantonales, régionales), quand une proportion similaire (48 %) y est résolument opposée.
Le parti gaulliste résoudra ses nombreuses contradictions quand il aura trouvé un leader qui fera respecter la ligne politique définie, aussi bien à l’échelon national qu’à l’échelon départemental, car les dysfonctionnements sont les mêmes à tous les niveaux de la hiérarchie. Et si les candidats aux différents postes dans l'organigramme UMP faisaient de la politique par conviction ? Cela pourrait changer la donne.
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