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L’Europe dans la tourmente

François Mitterrand, grand lecteur de Machiavel, disait : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses propres dépens » Pour avoir voulu rester trop longtemps dans une telle situation, l’Union Européenne risque la dislocation.

Celle-ci ne sera pas nécessairement le résultat de désaccords entre pays de l’UE, quoi que… mais plutôt d’une fracture de plus en plus marquée entre les peuples des nations européennes et une élite mondialiste qui a cru qu’elle pourrait, le temps aidant et misant sur l’incapacité des gens à discerner le but réel, imposer son projet à la multitude.

Il n’échappe plus à personne aujourd’hui que l’influence américaine, opérant sous différentes formes, a considérablement orienté les institutions européennes. Il arrive néanmoins un moment où, telle la lente dérive des continents, ce qui n’était au départ qu’une simple divergence d’appréciation sans réelles conséquences, devient un fossé puis une véritable faille.

D’aucuns se demandaient quel serait le premier pays qui quitterait cette union, dont la cohérence semble mise à mal depuis un certain temps. Après avoir cru que la Grèce serait la première et, paraît-il, il s’en est fallu de peu, les regards interrogatifs se sont portés vers l’Autriche, en raison d’une élection présidentielle qui a failli porter au pouvoir un « populiste ». Déjouant tous les pronostics, ce sont, comme à la bataille de Fontenoy, les Anglais qui ont tirés les premiers.

Véritable coup de tonnerre dans un ciel réputé calme,  l’annonce du choix britannique a déclenché une sorte de « panica generale  » comme on dit en Italie. L’Angleterre, patrie du libéralisme le plus échevelé, va quitter l’Union Européenne après avoir tant patienté pour y rentrer. Décidément, ces gens-là ne savent pas ce qu’ils veulent. Pensant pouvoir encore infléchir le cours des choses, Jean Claude Junckers s’était pourtant fendu d’un pathétique « dehors, c’est dehors »  D’autres leur avaient promis les flammes de l’enfer ou la malédiction éternelle, rien n’y a fait. Le résultat du référendum est sans appel. La Grande Bretagne va quitter l’Union Européenne.

C’est un échec cuisant pour les institutions européennes et surtout pour ceux qui les dirigent. Ils devraient en tirer les conséquences mais, malheureusement, ils n’en ont pas le courage. La perspective de renoncer si près du but, du moins le croyaient-ils, et par voie de conséquence à tous leurs privilèges leur est insupportable. Il y en a même certains, d’origine anglaise, qui préfèreraient changer de nationalité pour les garder. Et c’est là que se révèle toute l’ampleur de l’imposture. Des gens qui ont toujours prétendu œuvrer pour le bien commun des peuples, promettant au travers de leur action de leur apporter la paix et la prospérité, n’ont même pas le courage de faire face à leur échec.

Ils font penser aux guerriers romains d’Astérix, qui, après avoir pris une raclée mémorable par les « irréductibles gaulois » se contentent de siffloter comme si rien ne s’était passé. Ils sont infaillibles et c’est le peuple qui a mal voté, comme le suggérait Brecht et  qui proposait sa dissolution. Ils s’empressent de dire qu’il faut changer l’Europe, mais que ce sont eux qui vont s’en charger. Comment peuvent-ils y prétendre ? Sont-ils sourds au point de ne pas entendre cette clameur qu’ils attribuent au populisme alors que ce sont eux, et eux seuls, qui en sont à l’origine.

De Gaulle disait : « Il n’est pire déformation de l’esprit que de voir les choses non pas telles qu’elles sont, mais telles qu’on voudrait qu’elles soient » Ayant préféré croire qu’ils auraient la capacité à  orienter l’avenir des peuples de la façon dont eux seuls l’avait décidé, ils ont cru qu’ils réussiraient à « agglomérer les nations comme les marrons dans la purée »

N’ayant pas voulu voir la réalité des peuples et des nations qu’ils constituent,  l’oligarchie qui croyait pouvoir nous imposer ses vues doit partir et laisser à d’autres la charge de réorienter la construction européenne vers des coopérations entre Etats qui préserveraient la souveraineté de nos nations telle qu’elle est inscrite dans la Charte de l’ONU.

Auteur : JG | 29/06/2016 | 0 commentaire
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