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Ite missa est

Le curé de la Baule et Pornichet a été démis. Il ne dira plus la messe. Depuis quelques années il vivait en couple. La sanction est tombée.

Le père Rémi, soixante-dix ans, partageait son temps entre les paroisses de Pornichet et de La Baule. Il baptisait des enfants innocents, mariait des jeunes femmes en robe blanche, recevait des promesses de fidélité conjugale éternelle, et enterrait tous les morts sans discrimination . Il écoutait aussi toutes les misères humaines. Il transmettait le pardon de ce dieu qu'il représentait sur la Terre. Bref, il faisait le job qu'attendaient de lui, sa hiérarchie, et la société. Mais il ne prononcera plus les derniers mots traditionnels « Ite missa est ». Pour lui aussi, la messe est dite, il doit partir.
Il a servi jusqu'à soixante-dix ans et se voit débarqué à cause d'une lettre anonyme.  L’évêché ne peut plus fermer les yeux . Édifiant ! Viré pour faute lourde. Pourquoi pas plus tôt si beaucoup de gens savaient et si c'est tellement terrible ? Fallait-il l'utiliser jusqu'au bout, tant les recrutements sont durs dans la multinationale de l'Église ?
Ce frère des hommes a goûté le produit dont il a assuré la promotion toute sa vie : l'amour. Et qu'on arrête les fables ! Rien ne dit dans les Écritures que les hommes et les femmes qui se vouent à Dieu doivent être privés de compagnons. Qui donc a réécrit cette histoire-là à la fin du Moyen-Âge ? Alors chasteté, célibat... Obligation pour le service ou fantasme vicieux d'une société arriérée ? Interdisant aux femmes de chanter à l'office, l'Église autorisait jusqu'à la fin du XVIIIe siècle qu'on châtre de jeunes garçons pour qu'ils portent encore plus haut la gloire d'un dieu qui n'en demande pas tant. Elle reste verrouillée sur ses positions. C'est « comme ça et puis c'est tout !», « pas de préservatifs, même contre le sida et tant pis si ça tue ! ». La société évolue, les lois s'adaptent. L’Église se meurt de se scléroser et s'étonne qu'on la plaque.

Contrôle et qualité

L'Église démet ce prêtre. Il ne peut plus exercer parce qu'il a une belle amie.
« Techniquement », il n'est plus curé. Donc il ne peut plus baptiser, marier etc.. D'un seul coup, les sacrements qu'il donnerait ne seraient donc plus « valables » du fait qu'il aurait rompu un de ses vœux ? Que valent alors ces sacrements distribués pendant tant d'années ? Aux États-Unis, il se trouverait bien des malins qui demanderaient l'annulation de leur mariage : « J'invoque le vice de procédure. Le curé n'était pas certifié Votre Honneur ! ». Tous ces gens baptisés mariés par un homme comme tout le monde, qui a perdu sa « certification »...Et oui, le ridicule n'est pas loin, à pousser le raisonnement, comme souvent.
 

Equité et vérité

Cet homme n'a rien « fait de mal ». Si tous les catholiques de La Baule, de Pornichet et d'ailleurs, tous ceux qui ont transgressé leur engagement de fidélité conjugale éternelle, en « pensée, en action ou par omission », ceux qui n'ont pas toujours « pardonné leurs offenses à ceux qui les ont offensés » avaient un peu d'engagement dans leur foi, ils réclameraient que ne soit pas puni leur frère Rémi. L'obéissance a ses limites.
En sanctionnant, aussi sévèrement, Monseigneur James a pris un risque, - mais les ouvriers de l'église ne sont pas syndiqués - déclencher un mouvement de solidarité « aimer n'est pas pêcher». Imaginons un instant qu'un dimanche matin, sur les parvis, tous les gens d'église « en situation », accompagnés de leurs paroissiens fassent leur «déclaration de compagnonnage » au bras de, qui son chacun, qui sa chacune, en chantant en canon « non Rémi tu n'as pas nui ! ». L'Église, mise au pied du mur de ses cathédrales, devrait réagir, les démettre tous ou discuter. Elle pourrait alors commencer sa révolution catholique et voir revenir des brebis éloignées. Amen.

 

Auteur : Fuera | 16/09/2011 | 2 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 16 septembre 2011 à 10h03 par BROSSEAU
Je comprends que cet évènement bouleverse. Je l'ai personnellement connu. Mais il est toujours prêtre, sauf erreur de ma part.Seule sa fonction de curé est retirée. Les sacrement qu'il a administrés sont toujours valides ! Quant au célibat, c'est un grand débat, mais je crois que comme le Christ ne pouvait pas se donner à une femme puisqu'il s'est donné à toute l'humanité, le prêtre est témoins de cet amour s'il fait de même; cette règle n'a certes pas été toujours établie, mais les années font murir et progresser l'Eglise; l'important n'est pas le nombre de religieux et de prêtres, mais la qualité de leur engagement total, corps et âme, pour épouser le Christ.Cette approche ne correspond plus au monde actuel, mais le monde actuel passe, l'Eglise reste et s'étend de jour en jour (sauf en Occident, mais c'est une pétipétie). Prions pour le père Rémy et sa compagne, pour Mgr James, tous les prêtres, les paroissiens, et tous ceux qui n'adhèrent pas à cette vision de l'Eglise. Dépassons la passion et ne gardons que l'Amour et le pardon.
#2 - Le 16 septembre 2011 à 16h44 par PER
@ Brosseau
Votre vision des choses ( ma foi pleine de poésie et mâtinée de bons sens pour JC),ne s'applique pas à ses serviteurs que sont les prêtres. Pour une simple raison, le Célibat n' a pas toujours été la règle depuis la naissance de la chrétienté.
Cette règle s'est vue imposée, en raison du trop grand risque pour l' Eglise , d'alors, de voir partir dans des héritages ( eh! oui qui dit mariage dit généralement famille , selon les préceptes mêmes de l'église). L' Eglise se serait alors confrontée à des " squatters", si le prêtre venait à décéder. Aujourd'hui, c'est un autre problème social et financier, quid des prises en charge des veuves et ou orphelins de prêtres qui se marieraient ? Quel revenu décent, pour assurer à ses enfants une éducation souvent coûteuse?
Désolé de casser l'image de JC qui ne peut donner son Amour à une femme, parcequ'Il le doit à l'humanité.
Même si j'ai réussi à faire comprendre à mes propres enfants que l' Amour plus on en donne , plus on en reçoit, et c'est pour cela qu'on ne le divise pas quand un nouveau né arrive.
Je m'étonne donc, qu'on ne puisse trouver une solution sociale et financière à de telles situations. Paradoxalement, l' Eglise avait par le passé plus de revenus qu'aujourd'hui, mais n'a pas anticipée. Aujourd'hui, c'est peut-être aux pratiquants de remettre la main à la poche, pour faciliter cette évolution, qui si elle ne se réalise pas, verra encore un peu plus le déclin de l' Eglise Catholique.
Car, hélas, on ne vit pas seulement d' Amour universel et de Pardon, et même l'eau fraîche coûte cher de nos jours.

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