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Isabelle Thomas député européen PS rend visite aux pêcheurs de La Turballe

Isabelle Thomas est membre de la Commission pêche à Bruxelles où elle a succédé à Stéphane Le Foll. Elle se dit passionnée par les problèmes de la pêche mais souhaite plus d’investissement des pêcheurs pour peser sur les mauvaises décisions prises par Bruxelles.
Isabelle Thomas et Adeline L’Honen devant les représentants de la pêche
Isabelle Thomas et Adeline L’Honen devant les représentants de la pêche

Le crachin breton n’a pas effrayé Isabelle Thomas qui est arrivée avec ses amis socialistes à 8 h 30 ce matin à La Turballe. Elle était accompagnée par Adeline L’Honen* conseillère régionale, maire de Batz-sur-mer. Paradoxe Max Palladin Directeur de la SEM, excusé était... à Bruxelles.

Le souci majeur des pêcheurs est la prochaine application de la loi sur les « rejets » En effet les députés européens ont voté une loi interdisant le rejet en mer des espèces non conformes. Cette pratique consiste à passer par-dessus bord les poissons non commercialisables car trop petits, abîmés ou simplement hors quotas. Ces captures non désirées représentent près d'un quart des captures totales de l'UE. Les captures débarquées de poissons qui « n'ont pas la taille requise ne pourraient être vendues que pour être utilisées à des fins autres que la consommation humaine. Les États membres doivent s'assurer que les navires de pêche respectent l'interdiction de rejet », ont précisé les députés dans un communiqué.

L'eurodéputée socialiste française Isabelle Thomas, membre de la Commission de la pêche, opposée au projet de loi, a qualifié cette proposition « d'inacceptable ». « Il y avait des solutions plus efficaces pour lutter contre les rejets. La majorité du Parlement européen a choisi la plus inacceptable. Inacceptable d'abord parce qu'elle légalise la commercialisation des rejets transformés en farines animales, et parce que cette mesure ne ressuscitera pas les poissons (...). Pour éliminer les rejets, je préconise la sélectivité des engins, la modernisation des navires et de leurs technologies, les plans de gestion », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

L’application du texte et les contrôles posent de nombreuses questions. « Le texte va conduire à des sanctions mais on ne sait pas comment les mettre en œuvre. Les caméras de vidéo surveillance embarquées ne résoudront rien car il faudra des heures et des heures à des fonctionnaires pour visionner les enregistrements. » souligne l’eurodéputé. Les pêcheurs montrent les incohérences de Bruxelles. « Quand ils prennent une mauvaise décision comme sur le merlu ils ne reviennent jamais en arrière » Adeline L’Honen souligne que sur la raie brunette ça fait des années qu’ils font fausse route, elle espère une réouverture prochaine. La raie brunette, représentait jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires pour des navires – chalutiers, cordiers et fileyeurs - dans la Manche. Mais elle est interdite de pêche depuis 2009 par la Commission européenne, sans aucune justification scientifique.

« Le poids des rejets sur les bateaux posera un problème de sécurité. La Commission ne prend pas en compte le social,  quand on ferme la pêche d’une espèce du jour au lendemain» précise un autre pêcheur. «  Les employés refuseront de ramasser les rejets pour aucun revenu» ajoute un autre.

Pour Isabelle Thomas « il faut être très mobilisés», les pêcheurs ont un problème de représentativité à Bruxelles face aux ONG très présentes, on est là dans un rapport de force où les ONG font la pluie et le beau temps devant l’absence des pêcheurs. Ces derniers comme écœurés ne croyant visiblement plus en l’Europe ont néanmoins remercié l’Eurodéputé de faire ce qu'elle peut. Une idée de pétition a été évoquée faute de mieux « car quand on est tous les jours en mer à cause de nos entreprises précaires, on ne peut pas être à Bruxelles ».

Question à Isabelle Thomas

Devant les incohérences de Bruxelles comment croire encore en l’Europe ?
« Justement aujourd’hui on a une Commission européenne extrêmement libérale, pour changer cela, il faut changer le Président de la Commission et  - fait nouveau -  l’occasion nous en est donnée puisque pour la première fois dans l’histoire de l’Europe, on va voter le 25 mai pour les députés au parlement européen, mais en plus on va voter pour le Président de la Commission européenne. Pour la première fois, on va choisir le président, ce qui va politiser l’élection, mais aussi une responsabilité du futur président devant les électeurs. Je crois en l’Europe car dans une économie mondialisée je ne vois pas comment la France pourrait faire face. Il faut surtout changer le système et le rendre plus démocratique c’est un pas en avant en faisant élire le Président de la Commission par les citoyens. »

 

*Au Conseil régional, Adeline L’Honen est en charge du suivi des filières Pêche et Aquaculture. Très investie dans cette tâche, elle a été élue en mai dernier à Porto Présidente de la commission pêche de l'Arc Atlantique. Elle a présenté une proposition de travail pour les deux années à venir, approuvée à l'unanimité.


 

06/05/2014 | 0 commentaire
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