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Henri Guaino : Lettre ouverte à tous ceux qui ont un jour soutenu le RPR, l'UMP, ou Les Républicains.

Ayant pris mes distances avec la politique active, je ne prendrai pas part à la désignation du futur président de LR.
Quant à la refondation, si nécessaire pour l'équilibre de notre vie politique et de notre République, les évènements des derniers mois n'ont fait que renforcer les convictions que j'exprimais devant le Conseil National des Républicains le 13 fevrier de l'année dernière. Je n'ai pas un mot à changer.
Vous trouverez ce texte ci-dessous. Ce sera ma contribution à cette réflexion collective qui ne saurait se résumer à quelques questionnaires à remplir ou à des ateliers, encore moins à des querelles de personnes.

Discours au

Conseil National des Républicains le

13 février 2016

Mes chers amis,

Lorsque le Général de Gaulle reçoit à Londres les premiers Français libres qui ne sont encore que quelques-uns, il leur dit : « Je ne vous félicite pas d’être venus, vous n’avez fait que votre devoir. »

Ces quelques mots sont le plus bel hommage jamais rendu à tous ceux dont l’engagement ne réclame pas d’autre récompense que le sentiment de l’austère fierté de servir une cause plus grande que soi, une cause qui s’appelle « la France ».

Comme un certain nombre d’entre vous, je suis entré, il y a maintenant plus de trente ans, dans la famille politique qui se voulait l’héritière de cette haute conception morale de l’engagement et qui s’était donnée pour but de la faire vivre.

J’y retrouvais des femmes et des hommes qui avaient toujours fait passer leur pays avant leur parti, des femmes et des hommes qui avaient leurs défauts, qui avaient leurs faiblesses mais qui, au moment de choisir ne se demandaient pas où était la droite, où était la gauche, où était le centre, mais où était l’intérêt national.

Il leur arrivait de se tromper. Mais, il y avait une chose sur laquelle ils ne se trompaient jamais, c’était sur le sens qu’ils donnaient à leur engagement politique quand ils se souvenaient qu’ils avaient jadis dit « non » à tout ce qui menace d’asservir un homme ou un peuple ou qu’ils étaient les successeurs de ceux qui avaient opposé à un destin pitoyable, ce refus obstiné. Cette famille s’appelait « le Gaullisme » non à cause d’une idéologie mais à cause d’une histoire, une histoire qui parlait de l’Homme, de la liberté et de la grandeur d’un peuple.

C’est de l’histoire ancienne ?

Pour certains peut-être.

Je leur laisse les vieilles lunes de la politique politicienne, les délices du régime des partis, le clientélisme, les petits calculs pour gagner à tout prix les élections sans se soucier de la manière de gouverner au lendemain des élections.

Ils n’ont pas compris que le peuple en colère ne leur pardonnera plus rien. Plus rien !

Nous sommes revenus à la fin de la IVe république, ou peut-être de la troisième quand les abandons de la politique politicienne préparaient les grands naufrages.

Il y a trente ans, ma famille, c’était le Gaullisme.

Le sens de mon engagement politique, c’était le Gaullisme. 

Ça l’est toujours !

Ça l’est plus que jamais !

Parce qu’au milieu des grands désordres du monde, dans les terribles épreuves que nous traversons, face aux immenses défis que nous avons à relever, je ne discerne pas d’autre voie que celle que nous dessine la leçon intellectuelle et morale du Gaullisme.

Nous avons voulu faire le rassemblement de la droite et du centre.

Soit. Mais, nous ne pouvons pas continuer en passant systématiquement par pertes et profits les idées, les principes et les valeurs du Gaullisme qui n’est pas une nostalgie mais la plus grande exigence politique de notre temps.

Je ne suis pas de je ne sais quelle droite, je ne suis pas centriste, je ne suis pas libéral, je ne suis pas néoconservateur, je suis Gaulliste !

Je crois à l’indépendance nationale et à la souveraineté du peuple et j’en ai assez qu’on les piétine.

Ma famille politique, ce n’est pas le PPE dont on a soigneusement caché le programme lors des élections européennes parce que nous ne pouvions pas l’assumer devant les Français.

Ma famille politique, ce n’est pas Monsieur Juncker qui a dirigé pendant des années le plus grand système d’évasion fiscale d’Europe.

Ma famille politique, ce n’est pas celle qui veut plus de fédéralisme en Europe.

Ma famille politique, ce n’est pas celle qui n’imagine d’autre destin à la France que de devenir allemande ou anglo-saxonne.

Ma famille politique, ce n’est pas celle qui se rallie à la politique des dîners « en ville » d’un Ministre de l’Economie qui confond la banque d’affaires avec la politique de la France.

Ma famille politique, c’est celle qui a honte d’entendre un Ministre français expliquer, en anglais, à Davos devant tous les banquiers du monde que la situation économique ne permet pas de payer un peu plus cher les heures supplémentaires de ceux qui travaillent le plus dur pour essayer de faire vivre leur famille. 

Ma famille politique, c’est celle qui refuse de dresser toutes les catégories de Français les unes contre les autres, de faire la politique des boucs émissaires, parce que c’est une question de morale et parce que c’est le contraire même de l’idée de Nation et de l’idée de peuple.

Ma famille politique, c’est celle qui ne dira jamais à un ouvrier de 50 ans qui a travaillé toute sa vie, qui a encore trois enfants à élever et dont l’entreprise vient de partir en Chine parce que les politiques européennes sont folles, qu’il est un fainéant parce qu’il ne trouve pas de travail.

Ma famille politique, c’est celle qui ne dira jamais à un officier supérieur qui a quitté l’armée après avoir servi son pays pendant 30 ans pour travailler dans une entreprise qui a fait faillite et qui ne retrouve pas de travail parce qu’il a plus de 50 ans lui aussi qu’il est un profiteur.

Ma famille politique, c’est celle qui trouve honteux que l’on puise interdire de cantine les enfants de chômeurs sous le prétexte que les parents ne travaillent pas.

Ma famille politique, c’est celle qui s’appuie sur le mérite, qui valorise l’excellence mais qui se soucie du sort des plus humbles, des plus vulnérables, des plus fragiles et qui pense que la vie n’est pas faite que de compétition et de tension.

Ma famille politique, c’est celle qui ne dira pas aux Français que si la situation de la France est si difficile aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont trop bien vécu depuis 40 ans, parce que c’est économiquement faux et moralement insupportable.

Ma famille politique, c’est celle qui ne supporte plus le sort fait à notre agriculture, qui ne supporte plus que les travailleurs détachés payent moins de charges que les travailleurs français, que l’argent du contribuable français ne puisse pas servir à des politiques de commande publique.

Ma famille politique, c’est celle qui ne veut plus ratifier des traités qui détruisent notre industrie, notre agriculture et notre société.

Ma famille politique, c’est celle qui ne veut plus ni des « Munich sociaux » comme disait Philippe Séguin, ni des « Munich économiques » que sont les politiques d’austérité aveugles qui à force de confondre les causes et les conséquences ne font que nourrir le désordre et la misère.

Ma famille politique, c’est celle qui ne veut plus de l’inquisition fiscale, sociale, environnementale qui étouffe toutes les libertés.

Ma famille politique, c’est celle qui veut la liberté de conscience et de culte mais qui ne veut pas changer de civilisation, qui ne veut pas changer de culture, qui ne veut à aucun prix de la société multiculturelle, qui veut l’assimilation, qui veut qu’à l’école on étudie les croisades, la Shoa, Voltaire, et que l’on se découvre dans les salles de cours et de travaux dirigés.

Ma famille politique, c’est celle qui ne peut pas laisser en suspens la grave question de la filiation, c’est celle qui ne veut pas d’une société où tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur, d’une société où tout devient une marchandise.

Ma famille politique, c’est celle qui n’accepte ni les communautés, ni les tribus, ni les principautés, ni les féodalités, c’est celle pour laquelle il n’y a ni de peuple corse, breton, provençal, basque, alsacien, picard, mais un seul peuple : le peuple français !

C’est celle qui récuse le communautarisme linguistique comme tous les autres communautarismes, pour laquelle il n’y a qu’une seule langue officielle : la langue française !

Ma famille, c’est le Gaullisme.

Plus la France se défait, plus je suis Gaulliste, plus je suis Jacobin, plus je suis Colbertiste, plus je suis assimilationniste.

Oui, Gaulliste, Jacobin, Colbertiste, assimilationniste et pour le retour de la Nation et du peuple dans la politique ! Je l’assume !

J’en ai assez de mettre mes idées, mes convictions, ma morale sous l’éteignoir.

L’effacement de l’identité gaulliste dans la politique n’a produit qu’une seule chose : la radicalisation de la société et la montée des extrêmes.

Cela je ne peux plus, je ne veux plus m’y résigner.

A vous de choisir entre la force du « non » dans l’Histoire qui s’appelle le Gaullisme et qui est un « oui » à la volonté et à la liberté humaine et la voie de la tyrannie insidieuse du désordre et de la servitude dissimulée derrière ce que l’on nomme « nécessité de s’adapter » parce que l’on a même pas le courage de dire «subir » !

14/10/2017 | 3 commentaires

Vos commentaires

#1 - Le 14 octobre 2017 à 22h19 par Robin, Le Mans
Monsieur Guaino votre texte est juste, parfait dans l'analyse, mais qu'attendez-vous pour lancer le Rassemblement Pour la France par exemple
#2 - Le 16 octobre 2017 à 16h07 par cauzic
En parfait accord avec votre réquisitoire qu'attendez vous Monsieur, pour lancer votre rassemblement pour la France.
#3 - Le 16 octobre 2017 à 23h23 par CLOVIS, Paris
Je croyais que la dernière fois, sur I-télé ou BFM TV, Guaino avait annoncé qu'il fermerai sa gueule pour toujours. ET voila qu'il recommence !!!!
Il te faut combien de rateaux pour arrêter ?
****MODERATEUR******

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