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Éolien, les dés sont jetés

Ce mercredi s’est clos l’appel d’offres pour la construction des futures grandes fermes éoliennes offshore lancé par le gouvernement français.

5 à 600 éoliennes

Pour les cinq sites retenus en France dont celui au large de La Baule, dix groupes ou consortiums ont déposé leurs candidatures pour répondre à ce marché. C’est la commission de régulation de l'énergie (CRE) qui a réceptionné ces dossiers aux l’enjeux financier et industriel colossaux.

Rappelons qu’il ne s’agit que la première tranche de machines qui devraient développer une puissance de 3 GW, soit l’équivalent de 3 tranches de centrale nucléaire. Elles doivent être opérationnelles en 2015. Si le calendrier du Grenelle de l’environnement est maintenu, une seconde vague est prévue pour qu’à l’horizon 2020, le parc français  atteigne 6 GW.
Estimé à 10 milliards d’euros, l’investissement est conséquent chez les fabriquants. Reste à savoir sur quels critères seront départagés les concurrents. Alsthom et Aréva pensent pouvoir récupérer une grosse partie du gâteau ; mais d’autres groupes sont aussi présents comme  l’Allemand Siemens ou l’Espagnol Iberdrola.
Alsthom a pris les devants avec la commande récente d’un jacket (fondation d’éolienne off shore) à STX, pour tester sa turbine géante sur le site expérimental de Frossay. Le groupe a aussi déjà retenu Cherbourg pour la construction des engins à pales.
Du côté de Saint-Nazaire, il ne reste plus qu’à prier Éole pour que le groupe remporte une part suffisante du marché de la construction des machines géantes.
 Jérôme Pétresse, le président de l’activité renouvelable au sein d’Alsthom a déclaré que « L'impact sur l'emploi sera considérable, environ 1000 emplois directs sont prévus, sachant que pour un emploi de ce type, il faut en ajouter trois ou quatre indirects». L’investissement ne se fera qu’à condition qu’EDF ER (Énergies renouvelables) emporte la moitié de l’appel d’offres.
Selon les observateurs économiques, la construction, la mise en place, puis, la maintenance doivent, à terme créer 6 à 8 000 emplois sur les 5 sites.
L’on conçoit d’autant plus la position pro éolien défendue et appuyée par les élus locaux et départementaux.

Ils ont déclaré :

Yves Lainé (maire du Pouliguen) lors des vœux : « Avec des éoliennes de 150m de hauteur à 11 kilomètres au large dont la taille visible sera de un centimètre. Il y aurait des retombées financières pour les communes ».

René Leroux (Conseiller général, maire de la Turballe) : « Nous sommes aujourd'hui très convoités, parce que d'abord commune du littoral avec un avenir économique lié à l'éolien. Le port de la Turballe a été choisi par les opérateurs du futur parc éolien comme base logistique, de maintenance et de formation ».

Yannick Haury (conseiller général, maire Saint-Brévin) : « Chacun exprime le souhait de vouloir trouver de nouvelles formes d’énergie, il faut bien commencer un jour ».

Yves Métaireau (maire de La Baule et président de Cap Atlantique) : « Nous sommes là pour préparer l’avenir, mettre au point des grands projets qui serviront dans une décennie, voire plus ; parmi eux, le développement des énergies renouvelables est une priorité. Les 80 kilomètres de côtes de notre territoire ne seront plus, dans l’avenir, exclusivement réservés aux touristes ».

Difficile de lutter pour les écolos de tout poil qui évoquent une pollution visuelle, une détérioration des fonds marins, du bio top ou des zones de pêche affectées par les futures fermes.
Philippe Grosvalet (président du conseil général) en ce qui concerne l’implantation aux larges de nos côtes, a déclaré : « Ce dossier est sous la maîtrise de l’État. Il y a eu déjà de nombreuses concertations avec le préfet, l’État doit assumer ses choix. Nous soutenons politiquement le développement de l’éolien, je le défends et il y aura débat public en temps et heure ».
Rémy Gautron le (président de la Fédération Presqu’île Environnement) lors d’une grande messe à Atlantia (La Baule) consacrée aux énergies renouvelables : « Il n’y a pas eu de débats pour choisir le lieu d’implantation, comment va-t-il se dérouler ? Est-ce que tous les paramètres ont été pris en compte ? ».

Chaque sujet consacré à l’éolien suscite de nombreuses réactions sur nos sites.

Commentaires d’internautes :

« À la Baule, on aura d'un côté le béton et de l'autre les éoliennes...
En Camargue du côté de Fos sur mer ou Port Saint Louis du Rhône, je n’ai pas vu d'éoliennes mais beaucoup de cheminées d'usines... »

« Le retour sur investissement d’une éolienne étant estimé à 7 ans, et sa durée de vie à 15 ans, ce sont des bénéfices de l’ordre de deux à trois fois l’investissement initial qui sont ainsi distribués aux promoteurs grâce aux avantages fiscaux et tarifaires qui leur sont consentis par la loi dans le cadre de privilèges exorbitants du droit commun ».

« Bon, je vous l'avoue, l'éolien c'est mieux que rien, mais je préfère l'hydrolien car constant et prévisible dans son rendement ».

La machine éolienne offshore est donc lancée ; les bagarres, concertations et des réunions à venir devraient faire encore couler beaucoup de salive ; pas sur le principe désormais acquis, mais sur tout ce qui en découle.
Le nom des élus sera dévoilé en avril prochain, avant les présidentielles.
Les autres sites d’implantation des fermes sont Le Tréport, Saint- Brieuc, Fécamp et Courseulles-sur-mer.

 

Auteur : JRC | 12/01/2012 | 0 commentaire
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