« DSK est-il fini ? Tout est possible. Pire, tout est permis. Cette affaire dénonce tous les côtés sombres de nos propres caractères. Au-delà de la stratégie politique, comment chacun de nous évalue-t-il ce sujet ? Quand l'enquête sera plus avancée, il ne sera plus temps de nous poser ces questions. Nous pourrons nous cacher derrière les faits. Pendant quelques heures encore personne n'a soufflé sur le miroir. Nous recevons les annonces qui se déchaînent. Comment les percevons-nous ? Où plaçons-nous nos propres convictions dans cette vague de boue qui s'est abattue ce week-end ? Il est rare qu'un événement d'actualité nous mette aussi bien face à nous-mêmes. » Voilà ce que nous aurions pu écrire le 15 mai passé. Coup monté ? Horreur, malheur ! DSK nous apparaissait comme le diable de la Salsa du Démon, ou la victime d'une machination.
Quatre mois plus tard revient-il « lavé » ? « blanchi » ? Dans tous les cas pas nettoyé du tout. Il reste des taches sur les précieux costumes de DSK. Sans parler des braves qui vont maintenant étaler leurs malheurs, victimes autorisées désormais ; résistantes de la dernière heure. Ces victimes éduquées à la liberté desservent la cause de ceux qui n'ont d'autre choix que de subir et de se taire. La lessive n'est pas terminée. Il y a encore du travail au lavoir de la justice.
Bien des questions restent sans réponse.
Comment entendons-nous : « abandon des charges » ? Notre cerveau, perturbé par l'entassement d'autant d'ordures exposées nous répond : «abandon - décharge ».
Le retour de DSK se prépare-t-il ? « Il est fini, il ne reviendra pas ». Pourquoi tant le dire alors.
Pourquoi répéter : « qu'il sera écouté, que son expérience, et son talent sont remarquables » quand c'est unanimement reconnu ? Déjà des candidats cherchent à caresser le tigre fatigué qui revient lécher ses blessures. Trop tôt. Les blanches colombes, gardiennes de la morale élastique, ne sont pas prêtes, elles crieront au scandale. Il faudra quitter la cage. Plus tard, beaucoup seront mangés car le grand fauve aura, lui, repéré ses utiles amis. Les électeurs oublieront-ils ? Et qui s'en soucie ? L'exemplarité exigible de nos dirigeants est un fantasme. Sinon aurait-on élu Mitterrand ? Fabius oserait-il encore paraître, et tant d'autres ? Notre république est décevante par ses oublis, par ses renoncements à ses principes, ses « pardons » de complaisance. Un ancien président au tribunal, un prétendant estampillé « abandon des charges », mieux vaut ne pas avoir trop de mémoire, pour regarder danser Marianne. La belle n'est pas exigeante dans le choix ses cavaliers.
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