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Dieudonné : qui manipule qui ?

Dieudonné fait la une, et plus encore, mais dans cette foire à la quenelle qui manipule qui ?
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« Si tu as des soucis porte des souliers trop petits » dit un proverbe.
Le gouvernement est enlisé dans des difficultés multiples, la courbe du chomage qui refuse de s'inverser, les hausses de TVA, l'écotaxe, les municipales qui s'annoncent plutôt etc..
Dans ces cas-là, un bon chiffon rouge à agiter sous le nez de la population permet de gagner du temps à défaut de trouver des solutions, et de passer en douceur les mesures qui fâchent, comme pendant les vacances d'été.
Avec Dieudonné, le chiffon est de qualité, il réunit presque tout les sujets qui font que les Français démarrent au quart de tour au Café du Commerce. Et si le régime faiblit, il suffit de relancer la machine avec un nouveau chapitre, tous les journaux s'en chargent. Les alertes Google pétillent sur le net.
Au départ le starter c'est l’antisémitisme, ensuite la liberté d'expression puis les possibles troubles à l'ordre public, suivent les  jugements passés pour propos racistes, et on y va maintenant de la fiscalité : le vilain ne paye pas ses amendes de justice, et quête auprès de ses fans  il n'apparaît dans les sociétés où il travaille, il se planque derrière son épouse et sa maman... L'humoriste est maintenant habillé en Cahuzac dans la collection fraude fiscale, et d'ici à ce que la rumeur coure qu'il financerait des groupes terroristes via des comptes etc... Gérard de Villiers aurait pu en faire le début d'un 201e SAS s'il n'avait posé définitivement sa plume.

Pourtant Dieudonné a déjà donné son spectacle à Paris, s'il ne peut être jugé pour les propos qu'il tiendra, peut-il l'être pour ceux qu'il a déjà tenus ? En attendant, il continue de se poser en victime,  et fait savoir qu'il a porte plainte pour des menaces qu'il a reçues. Malin.

Des réunions de protestation sont annoncées, des maires veulent interdire les spectacles, les noms des parrains des enfants de tel ou tel sont révélés.  Jusqu'où ira-t-on dans cette farce qui ne fait plus rire personne mais agite avec violence des inquiétudes légitimes : répétition de l'Histoire pour les Juifs, censure, inégalité des revenus, sentiment d'injustice devant le fisc..

Effet boomerang

Le bon peuple regarde le chiffon rouge : la polémique. Les politiques y trouvent leur compte : quelle meilleure paillasse pour le FN ? Le laboratoire pour tester les blagues qui sentent le gaz, est idéal : rien à faire, juste à observer les laborantins, et soutenir un artiste-cobaye victimisé au nom « de la liberté d' expression ». Si ça tournait mal, le parti qui ne se veut pas « d'extrème » droite n'y serait pour rien.

Quelques maires, de droite ou de gauche, inquiets des conséquences des concerts dans les villes qu'ils administrent et souvent choqués par les propos de Dieudonné attendent de l'aide. Avant cet épisode plusieurs villes avaient déjà tenté de refuser la tenue de spectacles de l'artiste et pour les mêmes raisons.
La gauche PS est coincée : entre censeur et raciste, pas facile de choisir l'image tout en soutenant le gouvernenement.
Pour la droite ce serait l'occasion de voir comment tout cela est perçu, et de laisser Manuel Valls échouer,  à quelques semaines d'un probable remaniement, mais Copé a déjà annoncé son soutien. Fillon plus prudent, aura flairé le piège, Geoffroy Didier aussi, le leader de la Droite forte dit que le ministre de l'Intérieur a fait « de la publicité gratuite à un provocateur et est tombé dans le panneau de Dieudonné ».
Le ministre semble avoir fait, de cette histoire, une affaire personnelle, en trompettant qu'il lançait tous les services de l'État à la poursuite de l'humoriste : économie, justice, intérieur.  C'est rejouer Zorro, mais dans cette distribution Dieudonné récupère le  rôle du héros, facétieux vengeur masqué, tandis que Valls conduit l'autorité imbécile, et  Hollande en bon sergent Garcia sera une fois de plus  ridiculisé de s'être mêlé d'une affaire qui ne le concernait pas.
Le sujet de liberté posé par le comportement d'un humoriste est intéressant  en terme de débat, mais le pouvoir en soufflant sur la braise d'un feu que la justice seule, comme l’a souligné Joxe aurait pu éteindre, n'a pas peut-être pas eu la meilleure idée pour commencer l'année.

Si c'était pour occuper l'opinion, rarement une l'opération de communication en diversion n'aura été aussi réussie avec un sujet aussi faible au départ.
À voir maintenant comment le ministre de l'intérieur va conduire le camion des pompiers sans se prendre Le mur.
Pascal Brucner dans le Monde vendredi  titrait "on n'éteint pas la haine par décret"
et expliquant qu' "interdire l'humoriste, ce serait le servir, donner à ses thèses complotistes un fondement objectif".

Auteur : LY | 04/01/2014 | 0 commentaire
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