Aux confins de la Loire-Atlantique et de la Vendée, à mi-chemin entre le Pays de Retz et le Clissonnais se situe la commune de Vieillevigne. Cette bourgade de quelque 3 900 âmes tient son nom du latin Vitula Vinea. L'histoire raconte que Louis XIII y passa une nuit en 1622. Didier Rabiller et son épouse Fabienne y sont installés depuis 1990. Tous les deux avec Gaetan Salmon comme associé gèrent une exploitation entièrement dédiée à la production de poulets, dindes, pintades, lapins, chapons et poulardes. Mais à la Ferme de la forêt, on est à des années lumière des élevages intensifs où seul le rendement compte au détriment de la qualité. Pourtant cela n'a pas toujours été aussi simple qu'aujourd'hui. Sans pour autant renier ce qui a été fait, Didier Rabiller se souvient d'une certaine époque : « Pendant huit ans, nous avons travaillé en collaboration avec un groupe et l'on élevait des volailles label rouge. Le volume nous a permis d'amortir des bâtiments fonctionnels, que nous n'aurions pas pu financer avec la vente directe. Pour nous, cette période a servi de tremplin. Malheureusement l'esprit de décision ne nous appartenait pas. On parvenait à tout payer, mais nous n'avions aucun pouvoir. Qui plus est, ce système de production est trop concentré pour être agréable à vivre. Il nous fallait faire beaucoup de volume dans un minimum de temps et sans droit à l'erreur ». Et d'ajouter : « Travailler plus, pour dépenser moins, telle était la devise de l'époque ».
Alors en 1998, Didier Rabiller et son épouse se décident à franchir le pas et changent radicalement de stratégie de commercialisation. Terminée la production à outrance ! Terminée la vente à l'industrie agro-alimentaire ! Place à l'élevage raisonné et à la vente directe. « Avec ce système, on ne doit rien à personne. On a fait le choix d'élever une production haut de gamme. Aujourd'hui, à nous de faire nos preuves et de montrer à nos clients que nos produits sont d'une qualité bien supérieure à ceux distribués par les industriels ». La Ferme de la forêt présente la particularité de réunir dans un rayon de 400 m la production, le centre de conditionnement des oeufs, l'abattoir et laboratoire de transformation. Plus de 4000 m2 de bâtiments dont 2500 accompagnés de 7 ha de parcours herbeux pour la production permettent ainsi de travailler dans des conditions optimales, tant pour les propriétaires et les cinq salariés qui oeuvrent sur l'exploitation, que pour les animaux. En effet, poulets, dindes, chapons et autres volatiles ont le bonheur de vivre en plein air et cet aspect est bien évidemment un plus en terme de qualité. Exit le stress d'un confinement dans des locaux en vase clos. La nourriture est aussi un élément prépondérant dans l'élevage avicole. Sur les huit cents tonnes de maïs (sans OGM) ou blé nécessaires à la consommation des animaux, 200 sont produites sur l'exploitation. Le reste est acheté chez des agriculteurs à 5/10 km à la ronde. « Courant février ou mars 2012, un centre de fabrication d'aliments naturels sera fonctionnel sur place ».
Aujourd'hui, Didier Rabiller et son épouse ne regrettent pas le choix effectué, il y a maintenant une douzaine d'années. En optant pour la qualité, le couple et leur associé ont aussi choisi de travailler avec des souches animales à croissance lente qui ne sont pas utilisées dans l'industrie. Les 10 000 poules pondeuses sont de race Marans et restent environ deux ans. Les poulets arrivent à l'état de poussin d'un jour et sont abattus au bout de 95 à 100 jours, de même que les pintades. Quant aux chapons et dindes qui prendront place dans vos assiettes à Noël, ils sont élevés pendant 200/210 jours. Outre, la production elle-même, Didier, Fabienne et Gaëtan fabriquent également des plats cuisinés, des terrines, saucisses, autant de mets délicieux qui n'attendent que d'être dégustés. La distribution pour sa part se fait sur cinq marchés de Nantes, ainsi que dans magasins spécialisés comme la SOCALI ou la grande distribution, même si cela reste une part limitée de la vente (2 % du chiffre d'affaires) : « Nous avons en effet quelques GMS qui nous ont fait la demande. Mais cela ne change rien pour nous. Nous imposons nos tarifs. S'ils veulent faire des promotions, ils prennent sur leur marge. Nous commercialisons également avec des gens qui font la cueillette à la ferme et avec des particuliers. Pour ce faire, il suffit de passer commande le mercredi pour enlèvement sur place le vendredi soir ». Après vingt ans de travail acharné à la recherche d'une qualité optimale, Didier et son épouse commencent à récolter les fruits de leur labeur. La preuve : depuis trois ans, ils connaissent une croissance à deux chiffres de leur CA : + 20% en 2009, + 30% en 2010, et + 17% en 2011. « C'est agréable et compliqué de gérer la croissance, mais on ne se plaint pas ». Comme quoi quand on produit de la qualité, on s'y retrouve. Et à ceux qui disent que c'est cher, Didier Rabiller à une réponse toute prète : « On ne vend pas un prix, on vend un produit ».
Ferme de la forêt
Le moulin du pâtis
44416 Vieillevigne
02.51.11.86.71
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