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Destruction d’un envahisseur à Mesquer

Le premier nid de frelons asiatiques découvert sur la Presqu’île Guérandaise a été détruit lundi à Mesquer, sa présence accentue l’inquiétude des apiculteurs, car ce frelon (Vespa velutina) est un tueur d’abeilles.

Frelons

Alain Rey

Découvert pour la première fois en France en 2004, le frelon asiatique qui aurait voyagé dans des poteries importées des Pays asiatiques par cargo s’est très vite adapté au climat français. Il a d’abord envahi le grand Sud-Ouest et arrive aujourd’hui dans les Pays de la Loire. Ce prédateur colonise et se reproduit à grande vitesse et les prévisions sont alarmantes, 32 nids ont été détruits depuis le début de l’année en Loire-Atlantique.
Les conséquences économiques et écologiques sont importantes, ce frelon s’attaque en particulier aux abeilles qui jouent un rôle essentiel par leur travail de pollinisation des végétaux (40 % des fruits et légumes ou des oléagineux).
Sa piqûre est très dangereuse, car, Vespa velutina attaque en bande, de plus, si on s’approche trop prêt d’un nid, les femelles énervées peuvent projeter du venin, plusieurs décès ont déjà été constatés.
Malgré les demandes répétées des syndicats français des apiculteurs auprès des ministères de l’agriculture et de l’écologie, le frelon asiatique n’a toujours pas été classé parmi les nuisibles. Il n’existe actuellement aucune législation en la matière, l’Etat français ne prend pas en charge son éradication.
Alain Rey, vice-président de la Fédération des Apiculteurs de Bretagne et des Pays de la Loire, présent à Mesquer lundi, se dit inquiet. L’apiculteur de Pompas, près de Guérande qui était déjà monté au créneau dans nos colonnes à propos des taux de mortalité dans les cheptels de ruchers revient sur ce nouveau phénomène :« Malgré nos demandes, le frelon asiatique n’est toujours pris en compte dans le classement des nuisibles, je suis encore plus soucieux de le voir arriver sur la Presqu’île avec cette grande interrogation : s’il essaime en Brière, comment pourra-t-on l’arrêter ? Le territoire est trop vaste et de nombreuses zones sont inaccessibles. Avec le taux de reproduction de cette variété de  frelon, nous serons impuissants, il faut agir maintenant ».

Une abeille en plat de résistance ?

Les scientifiques et les chercheurs sont sans réponse devant cette
invasion et incapables de la maîtriser ou même de la ralentir. Comme tout bon prédateur, le frelon asiatique cherche les proies les plus faibles.
Au-dessus des ruchers au travail, il attend en vol stationnaire et va fondre sur les abeilles, décortiquer le corps de ses proies, en leur coupant d’un coup de mandibules la tête et arracher les pattes et les ailes pour ne garder que les parties riches en protéines, puis, va rentrer dans la ruche pour tout massacrer.
Les reines frelons sont impressionnantes, jusqu’à 3 centimètres de longueur. On reconnaît un frelon asiatique grâce à son thorax de couleur brun noir, les pattes brunes sont jaunes à leurs extrémités, la tête est noire et la face jaune orangé. Notre frelon d’Europe (Vespa crabo) a lui le corps taché de roux de noir et de jaune et son abdomen est jaune rayé de noir.
Le nid de Mesquer a été découvert et signalé en mairie le 5 août, il aura fallu deux semaines pour arriver à trouver une solution à son éradication. Le coût de la destruction de ce type d’insectes ne rentrant dans aucune législation établie, c’est finalement la mairie de Mesquer qui a accepté de payer la facture.
Les pompiers ne pouvant pas intervenir, puisque le nid se trouvait dans l’enceinte d’une propriété, c’est une entreprise privée qui a été chargée de l’opération. Deux hommes surprotégés à bord d’une nacelle ont pulvérisé un insecticide dans le nid suspendu à 15 mètres de hauteur dans un arbre pour éradiquer son contenu, entre 3 à 4 000 frelons.
Le problème reste entier et les projections sont pessimistes devant cet étranger ailé qui va rejoindre dans notre Hexagone une longue liste « d’anormalités » remettant en cause l’équilibre biologique naturel comme le ragondin, la tortue de Floride, la grenouille taureau ou l’écrevisse de Louisiane.

Mais, ces insectes ou animaux y sont-ils pour quelque chose ou ne faudrait-il pas encore une fois se tourner vers l’homme, le vrai prédateur de notre planète ?
 

Auteur : JRC | 23/08/2011 | 0 commentaire
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