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Couvre feu

Le festival de Corsept reste résolument dans le rock festif et la découverte musicale, cet éclecticisme musical fait s’y côtoyer des univers parfois aux antipodes.

Rencontre avec le Peuple de l’herbe et la chanteuse d’origine lituanienne Giedré, avant leurs prestations « corseptiennes ». Ils jouaient ce dimanche lors de la dernière journée du festival dont la tête d’affiche était Alpha Blondy.

« C’est le peuple qui est en danger, pas l’herbe »

Le Peuple de l'herbe est né en 1997 sous l'impulsion de Dj Pee et Dj Stani. Ils apportent un son et une texture musicale différente ; une musique, qui 15 ans plus tard à évoluer grâce à l’arrivée de nouveaux musiciens dans la formation, notamment le batteur Psychostick.

Acid jazz, hip hop, drum’n Bass, comment définir le style musical de la formation ?
Au début, c’était plus des samples, mon arrivée et celle de N'Zeng, (trompettiste de formation jazz) ont apporté autre chose et au fur et à mesure chacun à amener ses influences.

Vous venez de sortir votre 6e album Matter of Time, vous n’êtes pas très prolixe…
Oui, mais, bon, notre terre de prédilection, c’est surtout la scène, après, on a des projets, mais c’est toujours compliqué à tenir, on a 15 ans de tournées au compteur.

Vous êtes un « vieux » groupe…
Oui, le public a changé, ce sont les enfants de nos premiers fans qui sont maintenant devant la scène, mais, il y a toujours l’enthousiasme, tant qu’on ne fait pas ch…le monde, tant mieux.

Le groupe a changé, mais, le nom du groupe  le Peuple de l’herbe  qui est une allusion au cannabis est une étiquette qui ne vous colle pas trop ?
Les deux DJ du départ travaillaient avant dans une agence de booking et quand le film Microcosmos, le peuple de l’herbe est sorti, ils se sont fait prendre le nom de Microcosmos. Ils ont donc décidé de s’appeler le Peuple de l’herbe. C’était aussi fédérateur en 97, on parlait beaucoup de la dépénalisation du produit en Europe. (Ndlr, à cette époque, le logo du groupe représente un chien tenant une feuille de cannabis dans la gueule).
On n’a jamais non plus été un groupe militant pro cannabis, c’est pas l’herbe qui est en danger, c’est le peuple.

Leur site : http://www.lepeupledelherbe.net/
 

Giedré : Alice au pays de l’humour noir

Trop belle, trop blonde, trop grande avec de grands yeux verts, cette jeune femme d’origine lituanienne chante pourtant des horreurs, il faut imaginer, dit-elle : « Une Alice au pays des poubelles qui parlerait de sodomie ou de coït ». Le public adore et en redemande.
Rencontre en pleine séance de maquillage avant une montée sur scène où elle préviendra : « Je chante des chansons pour enfants, pour les enfants sourds, mais, vous, les grands, vous pouvez rester ».
On pourrait la croire déjantée, décalée, que nenni ! Giedré est l’archétype de la petite fille modèle, de la supernana soft qui adore les jolies mélodies. Reste à supporter ou à sourire devant les paroles crues et ses histoires pleines d'humour abordant la contraception, la prostitution, la pédophilie ou la sexualité chez les personnes âgées.


Pourquoi ce look en complet décalage, par exemple sur scène, il y a un nounours dans la déco ?
Je crois que je vois les mêmes trucs que les gens et je vis dans le même monde ; si on regarde bien le nounours, il y a écrit caca dessus et puis les poupées, elles sont gonflables, c’est comme dans la vie, il faut bien regarder ce qu’il se passe.

Pourquoi ne pas écrire des chansons d’amour, c’est dans le moule, non ?
(Après réflexion) J’en fais des chansons d’amour, mais, je parle de l’amour entre une grand-mère et son chien ou d’un monsieur qui aime bien faire l’amour avec des gens qui sont morts ; qui a dit que l’amour, c’est juste des bisous sur la plage, l’amour peut prendre plein de visages.

Comment se déclenche l’écriture ?

Il n’y a rien de plus que j’aime au monde que de regarder les gens, comment ils vivent, pourquoi ils sont là et comment ils se débrouillent pour être, ici, en vie ; en fait ça n’a aucun sens, alors, comment ils font pour leur en donner ?

Vos albums sont autoproduits, c’est un choix ?
Je préfère faire tout, toute seule, à la maison. Les gens (ndlr : les producteurs de maison de disques) qui te parlent avec leur costume-cravate, derrière un bureau et qui te disent : « Au niveau de la communication, la troisième phrase de ta chanson, ça ne va pas le faire », je ne peux pas.

Projets ?
Continuer à faire ce que j’aime, il y a plein de nouvelles chansons en cours d’écriture, j’ai hâte de les jouer en public.


Son site :http:// www.giedre.fr/
 

Auteur : JRC | 26/08/2012 | 0 commentaire
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