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Civelles : quota en baisse

La campagne de pêche qui doit démarrer le premier décembre en Loire Atlantique est marquée en France par une diminution des quotas autorisés.

34 t contre 37 l’an passé, c’est le résultat des négociations qui se sont déroulées en juin dernier entre le Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CNPMEM), le Comité National de la pêche professionnelle en eau douce (CONAPPED), le WWF d’une part et d’autre part avec le Ministre de l’environnement, Delphine Batho et le Ministre délégué en charge de la pêche, Frédéric Cuvillier.

Cette diminution du quota engendre des interrogations et des inquiétudes  chez les pêcheurs professionnels.En effet, depuis la saison 2009-2010, un plan de gestion de la ressource a été mis en place (plan de gestion anguille ou PGA), approuvé par la Commission européenne. Il prévoit une réduction de la mortalité par pêche de 30 % pour les anguilles et de 40 % pour les civelles d'ici 2015.
« Ces objectifs bien qu’atteints, voire même dépassés, n’ont pas suffi à convaincre la ministre de tous les efforts entrepris depuis plusieurs années »  a déclaré Gérard Romiti, le président du Comité national des pêches. Soulagé quand même, car, la profession a évité de tomber sous le couperet d’un moratoire.
 

52 % du quota des captures pour le 44

Surnommé l’or blanc ou l’or gris, la civelle ou pibale pullulait en Loire et sa pêche n’a dérangé personne jusque dans les années soixante-dix, car, l’anguille était considérée comme un nuisible.
Le marché s’est peu à peu ouvert et une activité plus professionnelle a vu le jour, les quantités énormes, qualifiées aujourd’hui de surpêche jusqu’à 4 000 tonnes par saison à la fin des années soixante-dix se sont réduites comme une peau de chagrin à 110 t en 2010.
Évidemment, le prix de vente a flambé jusqu’à un record de 1 000 euros le kilo, le prix moyen aujourd’hui varie de 150 à 200 euros.
Mais le marché a l’export est en pleine progression dans les pays asiatiques, en effet, il est impossible de faire de reproduire de l’anguille en captivité. Comme elle est fort appréciée, notamment au Japon à Taïwan ou en Corée du Sud, la  solution passe par des civelles d’importations qui sont élevées en Chine. On comprend mieux le désarroi des civelliers qui s’étaient vu interdire cette part du marché à l’export en janvier 2011, bloquant par exemple le port de Saint-Nazaire lors d’un mouvement national. Relire :http:// http://www.saintnazaire-infos.fr/les-civelliers-bloquent-le-port-25-52-609.html
 

Préserver la ressource

Bien évidemment, il est impossible de savoir combien de centaines de kg d’alevins sont puisés chaque année. Une pêche estimée en 2008 en Loire de 100 à 200 kg par saison et par pêcheur professionnel, soit 5 à 10 kg par marée.

Question essentielle, la préservation de la ressource, certes. Puisqu’il faut près de 3 000 civelles pour un kg de marchandise. Certes, cela fait autant d’anguilles qui ne connaîtront jamais la joie de la reproduction dans la mer des Sargasses. Il faut peut-être imaginer d’autres causes à la disparition de l’espèce et que l’on arrête de montrer du doigt les pêcheurs professionnels, en diminution, aujourd’hui, ils sont 150 entre les fluviaux et les maritimes dans le département.
L’anguille, l’un des poissons les plus communs dans les années soixante-dix est devenue une espèce en quasi voie d’extinction, elle est classée comme vulnérable par l’Union Européenne. On peut avancer plusieurs autres explications à sa disparition. Elles sont cumulables.

On l’a vu la surpêche des années soixante-dix, mais, elle a fait l’objet d’une sévère réglementation.
La Loire qui a vu en cours des années sa morphologie se transformer avec des dragages intensifs, l’eau douce arrive plus vite dans l’estuaire, même chose pour les lâchers d’eau des barrages hydrauliques,  de plus non équipés de passe à poissons, la pollution des eaux, mais aussi la diminution des zones humides, l’arrivée d’espèces parasites et enfin le braconnage (une civelle sur dix serait pêchée illégalement).
Ce dernier facteur paraît des plus difficiles à cerner, sans doute, un vrai fléau, une économie parallèle alimentée par des viviers clandestins, des réseaux, sans oublier des acheteurs qui ferment les yeux sur les provenances et la probité des revendeurs sans licence.
 

D’autres revendications

Les quotas sont donc en légère baisse pour la nouvelle saison qui a débuté par une première manifestation-grogne des civelliers dans le Sud de la France au début du mois. Une nouvelle réunion doit faire débattre d’autres dossiers concernant la préservation de la ressource et la protection des professionnels. « Le gel des contraintes imposées à la profession en attente de l'atteinte des objectifs 2012 fixés pour les autres sources de mortalité de l'anguille, la réalisation d'un bilan de la mise en œuvre des Plans de gestion anguille au regard du repeuplement des autres États membres et la révision de l'approche de restauration de l'espèce vers une approche écosystémique ».
 

Le communiqué officiel

« L'anguille est une espèce sensible, soumise à un plan de reconstitution au niveau européen, et à un plan de gestion au niveau national, et nécessite des mesures de gestion adéquates. Ces mesures de gestion portent sur la réduction de la mortalité par pêche, mais aussi sur les autres causes de mortalité de l'anguille : restauration de la continuité écologique et reconquête de la qualité des zones humides et plus généralement des milieux aquatiques.
Le point d'étape de la mise en œuvre du plan de gestion de l'anguille effectué en juin 2012, et transmis à la Commission Européenne, a permis de mettre en évidence des pistes de progrès. Une révision de ce plan de gestion pourrait être envisagée. Les évolutions qu'il faudrait apporter, tout en confirmant le principe d'encadrement de la pêche professionnelle, devront notamment permettre d'améliorer les connaissances sur cette espèce et de renforcer les actions sur les autres causes de mortalité de l'anguille ».


Sources :

http://www.lepecheurprofessionnel.fr/index.php/qui-sont-les-pecheurs-professionnels/les-organisations-professionnelles/les-associations/loire-atlantique
http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=29912
http://www.comite-peches.fr/site/index.php

Auteur : JRC | 14/11/2012 | 3 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 31 juillet 2013 à 18h43 par REQUIN ROUGE
Il faut interdire la pêche aux civelles.
Préservons les stocks qui sont très bas.
#2 - Le 01 août 2014 à 23h55 par ibrahim, Rabat
laissez le peuple profaite de ce tresore de la nature ,,,,c quoi les quotas ??? deja les gens qui lancent ces lois veulent seuls profaiter de patrimoine naturel
#3 - Le 05 août 2014 à 10h17 par malin, Pornichet
D'accord avec vous REQUIN les civelles sont source de conflits et les braconniers profitent du laxisme !!!

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