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Cinquante ans de la loi Neuwirth : L’accès à la contraception est un enjeu majeur pour l’égalité

La tribune d'Armelle Billard Conseillère départementale d’Ille-et-Vilaine déléguée à l'égalité Hommes/Femmes
« La loi de 1967 dite loi « Neuwirth », relative à la régulation des naissances légalise la contraception et donne accès à la pilule à  toutes les femmes. Elle répond aux revendications du mouvement féministe qui vit sa deuxième grande vague, après la conquête des droits politiques au début du siècle.
Armelle Billard
Armelle Billard

Cette renaissance des luttes pour les droits des femmes prend sa source dans la publication du « Deuxième sexe » de Simone de Beauvoir en 1949, devenue une œuvre majeure de la littérature féministe. Simone de Beauvoir place le contrôle des naissances comme l’une des deux conditions de l’émancipation des femmes, avec le travail. C’est dans ce contexte qu’est créée la « Maternité heureuse » en 1956, qui devient le Mouvement Français pour le Planning familial en 1960 et qui participera à l’élaboration de la loi avec Lucien Neuwirth.

 L’accès à la contraception pour toutes est un droit fondamental pour la liberté des femmes à disposer de leur corps. Bien sûr, il s’agit de prévenir l’avortement et les grossesses non désirées. Mais il est surtout question pour les femmes de se réapproprier leur corps, longtemps considérés comme des propriétés collectives censées répondre aux injonctions natalistes. Un droit fondamental parce que le contrôle du corps des femmes serait, selon l’anthropologue Françoise Héritier, la pierre angulaire de la domination masculine : c’est parce que les femmes ont la capacité d’engendrer des filles et des garçons que les hommes se sont approprié le contrôle de leur fécondité. C’est à partir de là que naîtrait la hiérarchie et l’inégalité entre les sexes. 

 De ce fait, grâce à la contraception les femmes prennent leur autonomie, elles usent de leur libre arbitre en matière de fécondité, du nombre d’enfants qu’elles souhaitent et du moment où elles souhaitent les avoir. Cette capacité de choisir libère la sexualité des femmes en la désynchronisant de la maternité.

La loi Neuwirth institue les centres de planification et d’éducation familiale, confiés aux Départements (CPEF).

Les CPEF offrent une gamme de prestations large : un rôle de conseil et d’accompagnement sur la vie affective et sexuelle, d’écoute et d’aide aux victimes de violences, mais aussi un suivi médical avec la mise en place de la première contraception, la pratique de l’IVG médicamenteuse ou encore le suivi gynécologique. L’enjeu de l’accès à la contraception est toujours très actuel. En effet, on estime encore  qu’un tiers des grossesses reste non voulu et aboutit 6 fois sur 10 à une IVG[1]. 

 Ce service public doit permettre à toutes et tous de trouver des réponses rapidement, gratuitement et à proximité, c’est la raison pour laquelle le Département d’Ille-et-Vilaine a décidé en 2014 de mieux déployer les moyens sur le territoire avec l’ouverture d’un centre à Bain-de-Bretagne et la création de quatre antennes dans des secteurs ruraux ou périurbains. Ainsi, en 2017, le Département d’Ille-et-Vilaine compte 12 centres de planification (8 centres et 4 antennes) directement gérés par le Département, 2 par l’association Planning familial 35 et 2 dans les centres hospitaliers de Rennes et Saint-Malo.

L’ampleur de cette politique publique témoigne d’une volonté forte de la majorité de garantir concrètement les droits des femmes, qui doivent appeler une vigilance de tous les instants. Les élus progressistes se sont emparés pleinement, dès 2015, de cette lutte contre les discriminations qui visent 52% de la population, les femmes.

 À l’heure où leur parole se libère enfin pour dire le harcèlement et les violences sexuelles quotidiennes qu’elles peuvent subir tout au long de leur vie, le chemin est encore long vers l’égalité réelle. Ainsi faudra-t-il faire émerger un monde dans lequel la sexualité des femmes se libère du jugement moral, au moment où la pornographie cause d’innombrables dégâts dans les esprits des jeunes publics. Les femmes doivent avoir réellement le choix, de leur sexualité, de leur mode de vie ou de la manière dont elles souhaitent s’occuper de leurs enfants, quand elles en ont. Enfin, l’avancée du combat pour l’égalité passera par l’implication des hommes dans la contraception. Celle-ci ne peut plus peser exclusivement sur les femmes ».

27/12/2017 | 0 commentaire
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