L’échéance approche. Et bien que des « petits candidats » tels que Jean-Pierre Chevènement et Christine Boutin ont déjà jeté l’éponge, que se murmure un prochain retrait d’Hervé Morin, Nicolas Dupont Aignan reste solidement ancré dans la campagne présidentielle. Celui qui se dit l’héritier du Général de Gaulle, égratignant au passage l’étiquette que s’est collé Dominique de Villepin, n’a pas peur de rien. Surtout pas de Nicolas Sarkozy qu’il a abandonné avant bien d’autres à l’aube de sa mandature, ni de la machine de guerre UMP, pas plus du PS et du FN. « Il ne reste plus aujourd’hui à l’UMP que les fans de Nicolas Sarkozy », lâche Bruno Potier. Fort de ses 12 500 adhérents et militants, de ses 250 élus, Nicolas Dupont Aignan n’a pas grand-chose à craindre sur sa chasse gardée. Député-maire de Yerres (Essonne), il est élu avec 80 % des voix au 1er tour des municipales, 60 % au 1er tour des législatives, et 50 % aux régionales sur sa circonscription. Tant et si bien que l’UMP ne présente pas de candidat face à celui qui n’a pourtant pas de mots assez durs pour Nicolas Sarkozy. Quelque part à droite, il occupe la place des gaullistes sociaux, souverainistes, anti-euro, issus de la grande coalition pour le « non » à la constitution européenne. Sa candidature se veut utile et nécessaire sur l’échiquier politique.
Peu de doutes subsistent quant à la probabilité de voir des bulletins de vote « Dupont Aignan » sur les tables des bureaux de votes en avril. « Ce sera dur, mais à une ou deux près, on aura nos 500 signatures d’élus. Nous avons peu de moyens mais beaucoup de militants qui sont sur le terrain depuis maintenant un an. L’accueil des élus est bon. Nicolas Dupont Aignan apparaît comme quelqu’un de courageux et d’honnête », complète Bruno Potier, président de « Debout les jeunes ». À l’instar d’autres formations, et d’autres têtes d’affiches, « Debout la République » ne crie pas au scandale des parrainages, mais le mouvement réclame tout de même l’anonymat pour les prochains scrutins, dénonçant l’amalgame entre parrainage et soutien public.
Il n’a vraiment peur de rien Nicolas Dupont Aignan, pas même des militants d’extrême-gauche lorsqu’il vient rejoindre une manifestation de soutien au peuple grec devant l’ambassade hellénique. Insultés et traités de fachos, Bruno Potier était au côté de son leader : « Franchement, on se demande qui n’est pas démocrate dans cette histoire ! Ils nous ont exclus de la manifestation. C’est étonnant qu’on ne puisse pas de retrouver solidaires des Grecs au-delà des clivages. Nicolas Dupont Aignan est allé en Grèce il y a un an pour leur apporter son soutien et il a été chaleureusement reçu ».
Plus que les grands meetings « à un million d’euros comme celui de Hollande au Bourget », le candidat de « Debout la République » a choisi une campagne singulière sur le terrain, marquée par quelques coups médiatiques bien sentis. Il a ainsi fait une opération « péage gratuit » pour dénoncer la main mise et les profits des sociétés d’autoroutes alors que ces infrastructures sont payées depuis longtemps. Dans un supermarché, il est allé faire ses courses pour illustrer l’un de ses combats les plus emblématiques : le coût de la vie dont le coupable désigné est l’euro. Dans le même esprit, Bruno Potier promet d’autres actions de ce genre dans les jours à venir. « C’est plus efficace qu’un meeting, on met le doigt sur un point précis », ajoute-t-il.
Pas facile pour autant de se faire entendre dans le concert médiatique des poids lourds de l’élection. Les sondages ne décollent pas vraiment, mais pas de quoi atténuer l’enthousiasme du jeune président. « Il faut toujours le rappeler, les sondages, c’est une photo à un instant "t". Les sondeurs ne font pas l’élection, on l’a vu à maintes reprises. Ne volons pas le premier tour aux Français ! C’est difficile pour nous parce que nous n’avons pas les mêmes moyens que les autres. Il reste cinq semaines et bientôt nous aurons tous le même temps de parole. Là, on verra bien ce qui en ressortira. Cinq semaines sur 52, c’est déjà ça pour exprimer nos idées ! », explique Bruno Potier.
Bruno Potier n’aime pas trop le terme de souverainiste. Et pour cause : « Si tel était le cas, cela voudrait dire que le peuple français n’est plus souverain. Or, il peut encore décider par lui-même. Ainsi, nous reviendrons sur les traités européens par référendum. On l’a déjà fait par le passé, et ce n’est pas pour ça que notre pays s’est retrouvé isolé ». Les axes principaux du programme de « Debout la République » s’y rapportent pourtant, au point même que le nouveau slogan de Nicolas Sarkozy, « La France forte ! », fait un peu plagiat. La sortie de l’euro est l’une des clés proposée par Dupont Aignan pour sortir de la spirale de crise. Il projette de ramener le montant de la dette à 1 000 milliards d’euros en 2017, en arrêtant le mécanisme de 1973. Au lieu d’emprunter sur les marchés à des taux exorbitants, il prône le retour aux emprunts directs à la Banque de France, à 0%. Nicolas Dupont Aignan promet que c’est l’État qui devra se serrer la ceinture pour réaliser 20 milliards d’économies par an. Dans la droite lignée du Général de Gaulle, la France sortirait immédiatement de l’OTAN, « une alliance militaire qui ne sert plus à rien depuis la fin de la Guerre froide ! ». D’autres mesures symboliques concernent la prise de participations dans Total à hauteur de 33%, et la fusion EDF/GDF.
Bruno Potier survole quelques dossiers politiques, économiques et sociaux de la région, pour donner les orientations de « Debout la République » et permettre aux citoyens de mieux situer le mouvement :
La filière pêche : «C’est aberrant qu’au niveau européen, des pays qui ne sont pas concernés par la mer décident pour les autres ! La pêche sera gérée par les pays qui pêchent.»
La réforme territoriale : «Nous sommes pour la suppression du conseil régional et pour conserver le conseil général, ce dernier étant primordial dans l’action sociale. En Loire-Atlantique, 45 % du budget du Département va à l’action sociale ! Le conseiller général est bien plus à l’écoute des citoyens.»
La réunification administrative de la Bretagne :« C’est un vieux dossier, et j’avoue humblement ne pas avoir d’idée sur le sujet. Aussi, la proposition d’un référendum me semble bonne pour avoir des arguments et connaître vraiment l’état de l’opinion.»
Les chantiers navals :« On renationalise tout et tout de suite ! Nous avons de bons contacts à ce sujet avec les syndicats et les ouvriers. C’est l’un des fleurons de notre économie nationale et il y a de l’avenir pour les chantiers.»
L’éolien off-shore :« Nous sommes pour ! C’est créateur d’emploi et cela nous offre une source d’énergie renouvelable.»
Les législatives :« Nous aurons des candidats en Loire-Atlantique, mais nous ne savons pas encore sur quelles circonscriptions.»
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