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Breizh : un problème d'identité... Régional et culturel

Le récent débat sur l’identité nationale n’est pas sans rappeler l’épineux dossier de l’unification historique de la Bretagne, de Clisson à Brest, en passant par Nantes. Au-delà du problème politique, les Ligériens, du Croisic à Saint-Nazaire vivent une véritable schizophrénie identitaire. Les collectivités locales semblent avoir tranchées. Partout, elles affichent la Bretagne en vitrine, au risque de faire dans l’outrance, voire dans le non-sens culturel et historique.

L’économie du tourisme met trop souvent en avant une Bretagne uniformisée, sans particularismes, au point parfois de faire l’impasse sur les spécificités de nos localités.
Inutile de rentrer dans le problème politique car ce domaine n’a jamais fait très bon ménage avec la culture. Faisons confiance à nos dirigeants et à nos citoyens engagés pour trouver les meilleures solutions. Rappelons juste qu’il est étonnant que la République Française n’aie pas jugé utile de corriger cette amputation réalisée par l’Etat Français. A contrario, constatons qu’au Pays Basque, une frontière nationale n’empêche pas tout un peuple de se sentir uni et solidaire au sein d’une même culture. Non, laissons de côté l’aspect politique…
Ar Groazig et la Duchesse Anne
Au Croisic, c’est Michèle Quellard, la mairesse, qui a mis les pieds dans le Kig ha farz. Lors de ses vœux, elle a évoqué sa fonction en faisant appel à la fameuse souveraine Bretonne. «Je suis la première femme maire du Croisic depuis la Duchesse Anne », avait-elle dit. Et ensuite de déclarer « 2010, année de la Bretagne au Croisic». Un peu comme si le président Nicolas Sarkozy déclarait « 2010 année de la France », on s’interroge. C’est incongru, mais dans cet élan identitaire, Michèle Quellard dit implicitement, voire inconsciemment, que Le Croisic n’est pas en Bretagne. Ce n’était évidemment pas son intention mais c’est révélateur de la fameuse maxime :  « Avoir le cul entre deux chaises ».
Depuis, les Gwen ha Du arborent tout ce que la commune compte comme édifices et places (salle des fêtes, ancienne mairie, etc), tant et si bien qu’il y a plus de drapeaux Bretons dans le ciel Croisicais que dans tout Quimper. Le fait qu’ils aient été affublés du drapeau tricolore, une semaine plus tard, laisse songeur quant à notre duplicité.
Dans les commerces, à côté des sachets de sel, on vend de la Bretagne à tout-va. Du T-hirt « A l’aise Breizh » aux cartes postales humoristiques, en passant par les autocollants BZH, les faïences Henriot, les bols Bretons, le « vrai » Kouing Aman, on évite encore la vente des artichauts et choux-fleurs estampillés « produits locaux ». Il n’y a guère que dans les crêperies que l’on peut sentir une délicieuse différence.
En extrapolant, on sourirait facilement si l’on voyait un touriste étranger, visiter la France, et acheter en souvenir de son séjour en Provence, une Tour Eiffel miniature, sur le vieux port de Marseille. On pense aussi aux stations services d’autoroutes, les plus proches de notre région, véritables « Big bazars Breizh » où l’on trouve tout et n’importe quoi sur la Bretagne, pourvu qu’il y ait une hermine dessus.

La nouveauté « Breizhonneg »
Mais c’est peut-être avec la langue bretonne que l’on fait le mieux dans l’escroquerie culturelle. Car si on doit se féliciter du développement du Breton, notamment dans les écoles Diwan mais aussi à l’école publique, que dire de l’affichage en Breton ?
Si historiquement, il est incontestable que nous sommes Bretons, nous n’avons jamais parlé cette langue. Les seuls qui l’ont pratiqués ou le parle encore  sont ceux qui se sont installés ici, venus avec la pêche et les chantiers navals principalement. Quel sens peut-on bien donner aux panneaux en Breton lorsque l’on ne comprend pas un mot de la langue maternelle de Per Jakez Helias ( à part Kenavo, bien-sûr !), sinon celui de la vitrine à touristes.
Pourtant, il y a de nombreux endroits en Bretagne administrative où l’on ne parle pas Breton. Cela ne pose pas de problème, encore moins en Pays Gallo où l’on affiche son propre dialecte, sans complexe. Non, on ne comprend pas le « Bro Gozh Ma Zadou » (l’hymne breton) aux quatre coins de la région.

La Bretagne est une boule à facette
Ils rigolent bien nos voisins de l’Armorique lorsqu’ils viennent passer quelques jours chez nous. Ils trouvent ici un condensé de Bretagne, un amalgame proche de la vulgarité et du commerce de bas étage. Eux qui cherchent le climat exceptionnel dont on jouit, le sel, les particularismes historiques et architecturaux, les marais, les danses et costumes locaux, la découverte d’une flore et d’une faune riche et variées, se retrouvent plonger au cœur d’un fest-noz sans saveur.
La Bretagne n’est pas une et indivisible comme la République. Elle ne prône pas l’uniformité et le conformisme. Elle se compose de multiples pays (Léon, Bigoudénie, Cornouailles, Roi Morvant, Trégor, Poher…), elle offre sa dualité rurale et maritime, ses antagonismes politiques (les rouges Costarmoricains, la tradition de droite en Morbihan), ses langues, ses mers et ses paysages contrastées, ses problèmes environnementaux et sociaux si différents selon où l’on habite.
Nous sommes en Bretagne, c’est ancré dans la mémoire collective. Du « Pays Breton » de la chanson « Le France » de Michel Sardou, au derby Breton de football Nantes-Rennes des pages sportives, nous partageons un socle commun. Nul besoin de l’affichage à outrance pour le savoir… juste être nous-mêmes et montrer qui nous sommes, Ligériens quoi.
On ne peut que conseiller d’écouter et réécouter le texte de Tri Yann (groupe Nantais…), « La découverte ou l’ignorance », tout est dit.

Auteur : Yoann Daniel | 06/03/2010 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 12 avril 2011 à 17h20 par sarah
trop compliqué!!!!)=

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