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Bois flotté. Artiste ou artisan ?

Découvert au fil d’une exposition en presqu’île bauloise, la rencontre avec un artiste se disant « reconstructeur ». Un peu atypique dans la démarche, il était mélangé aux mamies « brosseuses » de tableaux, aux vieux roublards revendeurs de meubles, aux aquarellistes du dimanche, du tout et du rien.

Genre cadeau à faire comme ce cendrier fait maison, on dirait une bouse de vache écrasée, « elle a été cuite et émaillée, « c’est pour aider à arrêter de fumer » Rajoute la vieille dame listing.

Ils viennent tous dans ces expos montrer leurs talents, quelle part, plutôt la fierté de se dévoiler. Napperons, broderies, objets idoines  et autres dentelles.

En me demandant de quelle façon aborder ce sujet sans qu’il soit ridicule « aux sélectionneurs des œuvres ». J’apprends qu’il faut payer pour exposer !

L’année prochaine, je viendrais proposer de vieux livres ou des fers à repasser, un micro-onde tagué, ou des chaussures aux hauts talons pailletés.

Mais, dans ce genre d’exposition gratuite pour voir (alors qu’il faut ailleurs parfois payer comme pour voter !) L’on trouve parfois des objets qui interpellent les synapses et surtout des personnages.

Qui ont tant de choses à dire et à faire encore.

J’ai trouvé  mon sujet. S’il le veut bien ?

L’approche, chez moi, est toujours directe et puis, les artisans adorent parler de leurs œuvres. 

Là, cela semble un peu moins facile.

L’homme, assis en tailleur taille un morceau de bois avec un Opinel. Autour de lui, une dizaine de lampes et de miroirs que l’on ne verrait jamais chez I… ou de T…

Je m’approche.

Autour de lui, des caisses en bois, gorgés d’objets hétéroclites digne de la récup des associations caritatives : un vrai mélange de fils, de vieux miroirs, de lampes des années 70; de douilles, d’interrupteurs, de vis, de clous, d’écrous, de bouts de cordage, des carcasses séchées, de vieux outils.

Mais, aussi de galets et d’’étranges bois tordus que l’on appelle des laisses de mer.

Voilà avec çà, je suis servi !

Je ne vais pas l’importuné sur son parcours d’avant, une question suffira : Pourquoi ?

Le créateur

(Ce sont ses mots)

« Je suis né sur les bords de Loire, il m’a suffit de regarder et d’admirer les branches qui dérivaient dans le courant.

La branche est un tout, posée là sur le sol mouillé.

Question de vie encore à survivre.

Elle ne sait plus rien, d’où elle vient et pourquoi cet endroit.

Encore une fois, je dois de la sauver de son désespoir. 

Pour sa renaissance.

Je les aime, comme mes filles, mes fils adoptifs.

Mon parcours n’a pas d’intérêt.

J’en suis arrivé à la conclusion finale : faire de nouvelles créations avec ce qui a été.

Ce choc terminal est une sorte de résurrection, un travail qui est un lien entre passé, présent et avenir.

Je ne suis que la main qui guide, les objets me montrent le chemin ».

Puis, la mer est arrivée ?

« la mer, vivre près d’elle est un rêve d’enfant, il a fallut de nombreux temps pour y arriver ».

Le constructeur

« Je suis le chercheur d’âme de ce morceau de bois qui peut paraître insignifiant au commun des mortels.

Mais, forcément, il y a un sens caché, donné et à recevoir à qui le voit.

Ainsi, il faut penser avec Lui pour son devenir.

Pierres, bois, galets, roches millénaires attendent le bon vouloir de l’homme sage.

Sans doute dans une sorte d’approche différente, en décalage.

Après tout, ce n’est qu’un bout de bois, sale, mouillé, salé, aux formes bizarres et tortueuses, une baguette de sorcière abandonnée aux embruns, laissée pour compte, car devenue inutile et vile. 

Juste bon à balancer à Rex, qui va le remettre à mon maître plein de fierté ; plus tard : « Putain, il pue, on le met dans de coffre ».

Et voilà pour cela le bois est revenu à la grève.

Mais, dans ce dédale qui débarque, force est de constater que cet ensemble peut devenir une nouvelle forme de vie.

Je dois forcément intervenir. 

Ce passage à l’acte est sensible, une fouille dans le sable mou après la marée.

Certains morceaux ne sont plus utilisables, mort-mort.

Mais d’autres aspirent à renaître. 

Le choix n’est pas toujours simple, ce bois vivant dans ses fibres mérite attention et célérité.

Car, il va devenir une composition, lié avec ses camarades océaniques.

La, le travail commence, avec tout d’abord, un choix.

Il faut déjà trouver une base solide pour fabriquer l’ossature, le reste vient tout seul.

Puisque forcément, ce sont les morceaux épaves qui appellent et qui vont former leurs nouvelles vies pleine de lumières et de soleil. 

Ce sont eux qui éduquent ma main. 

Je ne suis que l’artisan de leurs choix.

Fort et fier de leurs puissances retrouvées.

Je les aime, je me sens comme une sage-femme ». 

Cet homme, ni jeune, ni vieux a accepté un cliché sur une plage qui restera secrète.

Il raconte comment faire renaître.

Histoire de la lampe argentée

« Marché dans le vent, plage, trouvé vieux madrier, beaucoup de petits bois flotté. 

« Découvert le pied dans un dressing en faisant du rangement.

Scié un tronçon et légèrement poncé un morceau du madrier.

Tordu les « feuilles » du pied de la lampe à l’horizontale.

Inséré et emboité le bois flotté après ponçage et certaines découpes.

Les tronçons de bois sont collés, puis ficelés avec de la corde de coton.

Après avoir protégé douille et fil, bombé la base avec une sous couche de noir, puis, le tout, couleur argent.

Reste à mettre l’ampoule coiffée d’un abat-jour ».

Lampe argentée réalisée en janvier 2016.

Toutes des lampes et les miroirs sont réalisés à partir d’objets de récupération.

Galets, bois flotté, morceau de madrier, planche, vieux pieds de lampes entièrement dénudées et recomposées, ferraille insolite, le tout, trouvé le plus souvent sur la plage, dans des vide-greniers ou même dans des poubelles…

Les éléments « neufs » sont les abat-jours et la partie électrique.

Nettoyé, poncé, collé, vissé ou enroulé de cordage en coton, l’assemblage est laissé tel quel, coloré ou vernis, et laisse une grande part au façonnage de l’ensemble qui s’imbrique naturellement ou au bout de plusieurs heures de réflexion.

Il s’agit de trouver une harmonie, un équilibre ou pas, mais qui doit donner cette impression magique d’une renaissance.

Certaines des œuvres sont en galerie, d’autres attendent, sans doute, l’instant magique de la lumière communiante avec l’esprit voulu.

Prix : Selon voir avec l'artiste, on dira très abordable.

Tout contact mail ici : jeanremycussonneau@gmail.com

27/12/2016 | 0 commentaire
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