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Bernard Hinault : un champion et un homme d'exception

Il possède le plus beau palmarès du vélo français. Avec Eddy Merckx, il reste dans la mémoire collective, comme le coureur ayant marqué de façon indélébile le cyclisme mondial du 20e siècle. A 57 ans, sa notoriété demeure intacte, comme aux plus beaux jours de sa carrière. Vous l'aurez compris, il n'y a pas besoin d'être devin, pour savoir que l'on parle de Bernard Hinault. De passage à Guérande lors de la 2e étape du Tour De Bretagne, il nous a accordé en exclusivité une interview réalisée avec la complicité de son ami Michel Jeannot.

Pour tout dire celui que l'on surnomme encore "le blaireau" n'a guère changé, même depuis sa retraite sportive en 1986. Animé d'une passion viscérale, il continue de vivre le cyclisme avec cette force intérieure qui lui a permis de remporter quelques 216 courses dans sa carrière. Physiquement, l'homme d'Yffiniac présente toujours cette démarche volontaire qui le caractérise si bien. Certes, le poids des ans lui a bien fait prendre quelques rides, mais comme le souligne son ami Michel Jeannot, Bernard Hinault sait prendre soin de sa personne. Mais il y a un autre trait de sa personnalité qui n'a pas varié : son caractère. Il y a dans le regard de cet homme, une étrange sensation qui vous impressionne et qui peut parfois vous mettre mal à l'aise. Peu à peu, au fur et à mesure de la discussion, cette gêne vous quitte doucement et laisse place à une certaine convivialité. Le personnage se sent sans doute plus en confiance et son interlocuteur également. Le tutoiement s'instaure naturellement et amicalement.
 
Que deviens tu, depuis que tu as abandonné la compétition ?
« Je travaille pour Amaury Sports Organisation qui gère le Tour de France. A raison de 120 à 130 jours par an, je m'occupe des relations publiques et l'une de mes fonctions est notamment de mettre en place et de surveiller les protocoles qui font suite à l'étape du jour ».
 
Paradoxalement, toi qui n'a jamais couru le Tour De Bretagne, comment justifier  ta présence sur celui-ci ? « Il y a deux raisons principales. La première c'est l'amitié qui me lie à Christophe Fossani le président du Tour de Bretagne, qui est à la fois un ami et mon voisin. Je viens donc lui donner un coup de main. La seconde, c'est mon attachement à ma terre natale. Qui plus est, si ma présence à cette épreuve peut contribuer à sa notoriété qui est déjà très grande, eh bien tant mieux! »
 
Comment expliques-tu, qu'aucun coureur français ne soit jamais parvenu à gagner ou à briller sur le Tour de France, depuis ton dernier succès en 1985 ? « Personnellement, j'ai toujours pensé qu'ils en s'entraînent pas assez. Chez les jeunes, nous avons souvent des champions du monde et puis après, il n'y a plus rien. L’espoir placé en eux ne se concrétise pas. On se demande s'ils font ce qu'il faut pour gagner. A vrai dire, dans la génération actuelle, je ne vois pas de coureurs français capables de gagner le Tour de France.  Il y a un certain nombre de jeunes comme Sicard, qui promettent, mais rien ne permet de dire qu'ils seront de grands champions. Sicard va participer à la prochaine Vuelta avec tous les grands costauds du peloton. C'est un test grandeur nature et on va bien voir de quoi il est capable ».
 
Que penses-tu de l'éventuelle participation de Contador au prochain tour de France ? « A ce jour l'UCI et l'AMA n'ont toujours pas pris leur décision. S'il est au départ, c'est qu'il est blanc. Mais une chose est sûre, ce n'est pas logique que cette situation traîne depuis six mois. S'il est mouillé, on peut se poser la question de l'implication des uns et des autres dans cette affaire ».
 
Est-ce que tu n'as pas l'impression, que le dopage dans le cyclisme soit plus médiatisé ? « Je crois qu'il faut arrêter de tirer à boulet rouge sur le vélo. Il n'y a pas plus de dopage que dans d'autres sports. Le fait que les images soient rediffusées dans 189 pays, et que l'épreuve bénéficie d'une notoriété planétaire contribuent à ce que le Tour de France soit l'objet de toutes ces attaques. Certes, tout n'est sans doute pas parfait, mais de là ce que l'on veuille laver plus blanc que blanc, il y a une incompréhension ».
 
Quels sont tes favoris pour la prochaine édition ? « Cela devrait se jouer entre trois coureurs, à savoir les deux frères Schleck et Contador s'il est au départ ».
 
Des coureurs comme Thomas Voeckler l'homme fort de ce début de saison, ou Chavanel ont-ils les moyens de monter sur le podium ? « Voeckler est un guerrier, avec des petits moyens. Ce n'est pas une grosse chaudière, mais à son âge, il fait tous les efforts nécessaires pour se montrer et gagner des courses. Chavanel, il peut gagner des étapes, prendre le maillot jaune pendant quelques temps, mais je ne le vois pas dans les trois premiers ».
 
Quel est le coût d'organisation pour une ville qui souhaite accueillir une étape du tour de France ? « Aujourd'hui, celui-ci s'élève à peu près à 150 000 euros pour une arrivée et 100 000 euros pour un départ. Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'un événement entièrement gratuit pour le public. C'est la ville qui offre un grand spectacle à ces concitoyens, les gens ont tendance à l'oublier. Chaque année, nous recevons environ 250 candidatures de villes qui souhaitent accueillir le tour de France ».

Auteur : Yvon Enaud | 29/04/2011 | 0 commentaire
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