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Algues vertes : quelle salade !

À la Baule, André Ollivro, le porte-parole de l’association « Halte aux marées vertes » a dénoncé une nouvelle fois dans ce dossier l’Etat, les élus locaux et les « agro trafiquants » lors une conférence organisée par Europe Ecologie Les Verts presqu’île (EELV).
Ulva Armorica est le nom scientifique de l'algue verte
Ulva Armorica est le nom scientifique de l'algue verte

Quelles solutions pour préserver des marées vertes le littoral et l’une des plus belles baies du monde ? Un titre un peu persifleur pour un débat présenté par Mireille Bourdon, candidate aux dernières cantonales sur la Baule (7,78 % des suffrages).


Nitrates et phosphates
André Ollivro, retraité de GDF mène ce combat depuis plus de 10 ans ; le discours est simple, appliqué, rageur et plutôt convainquant : « Il est trop facile de montrer du doigt les agriculteurs qui sont des victimes dans ce dossier ; le vrai responsable, c’est l’agriculture intensive.
Les algues vertes sont générées par les nitrates et les phosphates directement lié à l’agriculture massive, d’après les différents rapports d’Ifremer*.
Le spécialiste es’ algue verte a rappelé que le tribunal administratif a imposé une concentration ne devant pas dépasser 10 mg de la source à la mer « les taux actuels sont nettement supérieurs (Jusqu’à 50 mg) ».
« L’on commence à prendre conscience que l’agriculture intensive n’est pas une solution, qu’elle provoque ces nuisances et un risque sanitaire ».
André Ollivro a beaucoup parlé du problème des algues vertes en baie de Saint-Brieuc et « d’un procès lancé contre les préfets, il y a quelques semaines ; mais, il n’y aurait pas assez de menottes » plaisante-t-il.
Pourtant le Breton est très remonté devant l’état de sa chère baie. Il se félicite néanmoins de la mise en place, voilà deux ans du plan algues vertes. Il se réjouit aussi de l’instauration de comités scientifiques chargés de faire respecter la loi ;
Son association - Halte aux algues vertes - créée en 2000 est passée de la bataille de l’eau en un combat pour le respect de l’environnement.
« Tout le monde savait le pourquoi du comment, c’est la loi de la jungle dans nos terres bretonnes. L’État français a été mis à l’amende par l’Europe et le sera encore ».

L’hydrogène sulfuré s’apparente au cyanure

Depuis que l’on a avoué que les algues vertes tuent par les gaz qu’elles produisent en se décomposant, il existe un risque ; « C’est à l’agence sanitaire de faire respecter les normes en vigueur ». Cet indicateur de santé publique doit faire avancer le « schmilblick »
Les élus locaux ont aussi leur part de responsabilité. « Ce sont eux qui acceptent des extensions l’élevage, qui délivrent des permis de construire et qui n’appliquent les directives de Bruxelles sur le bon état écologique de l’eau ».
Même s’il pense qu’il faut aider les agriculteurs à moins polluer, André Ollivro estime que « certains sont repartis dans le déni » en clamant leur innocence.
Les groupes industriels et les coopératives ne semblent pas vraiment prêts à se tourner vers du durable en changeant leurs méthodes de production intensive même si : « Les agriculteurs ont pris conscience de la nécessité du changement. Le fait que le gouvernement ait reconnu le danger sanitaire et que nous ayons gagné notre procès, concourt à ce que les agriculteurs et les corporations aient envie d’amorcer un virage vers des pratiques convenables ».

Remettre les cochons sur la paille

Mireille Bourdon et André Ollivro
Mireille Bourdon et André Ollivro

Il a de ces phrases chocs, André Ollivro comme « Maïs + lisier = algue verte assurée » ; même si certains de ses amis éleveurs bretons ont « remis les cochons sur la paille ».
L’urbanisation est aussi attaquée « Cela passe par une reconquête des zones humides, l’agriculture doit changer, l’aménagement doit changer » proclame-t-il.
André Ollivro souhaite « que le gouvernement oriente les mesures de la PAC vers plus de respect environnemental. Nous voulons aussi qu’il impose la méthanisation et le raffinage des déchets ». 

2 films plus tard projetés sur les effrayants dépôts d’algues vertes en baie de Saint-Brieuc et leurs conséquences sur la faune, la flore et le tourisme ; il faut bien en venir à parler des solutions.
« Je vous engage à travers vos associations à siéger dans les commissions environnementales ; c’est l’angle sanitaire qui les fera plier . Il faut faire du happening pour encore et encore alerter et sensibiliser ». Ainsi, vêtus de combinaisons blanches et portant des masques, les membres de son association ont réussi à faire parler d’elle devant une marée d’algues vertes ; une action qui sera reconduite prochainement en Bretagne devant une maternité porcine : « On compte 800 cochons au kilomètre carré dans les côtes d’Armor ! »

15 000 tonnes d’algues vertes
On reste néanmoins sur notre faim, comme le fait remarquer un auditeur dans la salle « Nous n'avons pas ici les mêmes problèmes qu’en Bretagne Nord. Nous sommes impactés par la Vilaine à cause des bovins et les élevages avicoles et par la Loire par l’agriculture intensive ».
 Oui, mais martèle André Ollivro, « les algues vertes se développent aussi chez vous parce qu’il y a un excédent de nitrates et de phosphates qui arrivent dans la baie de la Presqu’île ».
Reste aussi la prise en charge du nettoiement des plages et de l’éradication des algues vertes. Mireille Bourdon précise : « Qu’il faut changer la PAC (politique agricole commune) pour apporter moins de subventions à ce système d’exploitation ». Elle rappelle également quelques chiffres : « Sur le territoire de Cap Atlantique, 15 000 tonnes d’algues vertes ont été ramassées cette année contre 10 000 en 2009 pour un budget de 311 500 € dont 261 000 € à la charge de l’intercommunalité ».

Reste à se débarrasser des algues vertes, l’une des pistes serait le compostage, mais le coût est nettement supérieur à l’épandage (12 € contre 0,5 € la tonne).

Pratique :
André Ollivro est l’auteur des livres : Le scandale des algues vertes et Les marées vertes tuent aussi

www.halteauxmareesvertes.fr/

Rapport de l'ANSES
http://www.halteauxmareesvertes.fr/uploads/documents/rapport%20ANSES.pdf

Auteur : JRC | 13/01/2012 | 0 commentaire
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