www.media-web.fr

Affaires Sarkozy : Les mystérieux silences médiatiques

C’est un secret de polichinelle : l’ancien président de la République prépare son retour pour l’élection de 2017. Mais les médias ont étrangement passé sous silence sa mise hors de cause dans deux grosses affaires (Bettencourt et Karachi), ce qui lui dégage tout de même considérablement l’horizon en vue de la future présidentielle.
Nicolas Sarkozy à Guérande (archives)
Nicolas Sarkozy à Guérande (archives)
Média Web n’a pas vocation à favoriser tel ou tel personnage de la vie politique. Encore moins d’être un organe de presse au service de l’UMP et de l’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy. Pourtant, nous nous étonnons du silence assourdissant qui accompagne la mise hors de cause dans deux affaires « explosives » du président déchu en mai 2012. Pour rappel, les médias s’en sont donné à cœur joie lors de sa mise en examen dans l’affaire Bettencourt. Certes, il est vrai que l’information a été reprise en octobre dernier lorsque Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu de la part du parquet de Bordeaux. Une fois cet obstacle levé, le début de la reconquête de l’opinion et les préparatifs d’un retour ne pouvaient que débuter. Mais dans l’opinion générale, l’image de l’homme est encore écornée par cette affaire, car une mise en examen a toujours des répercussions insoupçonnables. Les Guignols de l’info, caricaturant à outrance Nicolas Sarkozy spoliant « Mamie Zinzin », alias Liliane Bettencourt en vieille femme grabataire, ont un fort pouvoir de « nuisance », de persuasion sur l’inconscient collectif.
Mais plus surprenant cette fois, le silence total qui accompagne l’abandon des poursuites à l’encontre de l’ancien ministre du Budget de l’époque dans l’affaire Karachi. Pour vous en persuader, il suffit de taper ces mots-clés dans un moteur de recherche internet. Pourtant, cet abandon, qui date du 13 janvier dernier, alors que François Léotard et Edouard Balladur sont quant à eux renvoyés devant la Cour de justice de la République (CJR), permet de fait de lever un nouvel obstacle au retour de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène politique nationale. Aucun délit dans cette affaire n’a pu lui être reproché. Toutefois, s’il estime cette rentrée politique inéluctable, au prétexte de ne pas laisser le destin du pays à François Hollande et Marine Le Pen, il ne faudrait pas que l’ancien président s’auto-persuade pour autant qu’il est l’homme « providentiel ». Les sondages politiques successifs concernant son retour sont là pour le lui rappeler.

Un retour médiatique orchestré

Pourquoi un tel silence lorsque Nicolas Sarkozy est mis hors de cause ? Le rôle des médias n’est –il pas de tout dire ? Il y a de quoi s’interroger sur l’impartialité de bon nombre de confrères. Les rédactions, majoritairement de gauche (pléonasme), préfèrent cependant énumérer les clichés publiés par Nicolas Sarkozy « himself » sur les réseaux sociaux, Instagram pour ne pas le citer, sa compagnie aux côtés de son épouse lors de sa tournée de concerts ou bien encore indiquer sa présence au Parc des Princes le 19 janvier lors de PSG-Nantes, confortablement installé aux côtés de Waldemar Kita, le président des Canaris.
Mais surtout la presse, ultra friande des petites phrases (politico-politiciennes si possible), se régale depuis la vraie-fausse gaffe de Bernadette Chirac au micro de nos confrères d’Europe 1 le 22 janvier dernier. L’ancienne première dame a confirmé ce qui se murmurait dans le tout Paris médiatique, Nicolas Sarkozy va revenir en politique. Lapsus ? Certainement pas. Sans manquer de respect à Jacques Chirac, prédécesseur de Nicolas Sarkozy de 1995 à 2007, son épouse n’est pas « sénile », et les liens qui unissent la madame des « opérations pièces jaunes » au mari de la chanteuse Carla Bruni sont étroits. Tout cela fleure bon l’orchestration politique, et le timing de l’agenda (post Karachi donc) semble millimétré.

Les affaires ne sont pas toutes classées

Bien sûr, il reste à Nicolas Sarkozy de se défaire d’autres « casseroles », qui lui collent au doigt tel le sparadrap du capitaine Haddock. Citons pêle-mêle l’affaire du potentiel financement de sa campagne de 2012 par le régime libyen de Kadhafi. Ou encore l’affaire des sondages de l’Elysée, qui remonte à 2007 (favoritisme). Mais l’affaire qui, bien qu’en sommeil ces dernières semaines, risque de faire grand bruit à nouveau quand elle ressortira concerne le Crédit Lyonnais, Bernard Tapie et Christine Lagarde. Là, il est reproché à Nicolas Sarkozy d’avoir rencontré l’ancien ministre de la Ville, président de l’OM ou encore comédien à une vingtaine de reprises entre 2007 et 2010.

Quoiqu’il en soit, Nicolas Sarkozy revient sur le devant de la scène. Ne manque plus qu’à lever les derniers obstacles des affaires, et à surveiller de près la conjoncture politique. Un retour après les élections régionales de 2015 semble être le plus adéquat. Ni trop tôt, ni trop tard. Mais en ce qui concerne son agenda, faisons confiance à cette « bête » politique pour juger le moment opportun. D’ici là, la presse saura certainement orchestrer la présence de Nicolas Sarkozy dans ses gazettes. Reste à déterminer dans quelle rubrique.

Auteur : Jean Rioufol | 24/01/2014 | 3 commentaires
Article précédent : « Le virage de l'agroécologie enfin amorçé ? »
Article suivant : « Municipales à Paris : La chasse au vote bobo »

Vos commentaires

#1 - Le 24 janvier 2014 à 22h11 par Caroline, Paris
très juste en France au moment de l'inculpation on est déjà coupable, puis dans le cas d'un non lieu on ne donne pas assez de retentissement. on devrait créer une loi qui oblige les médias à rendre justice à un innocent.
#2 - Le 25 janvier 2014 à 11h40 par Michael
Sauf erreur, Sarkozy n'a pas été mis en cause dans les deux affaires dont vous parlez, faute d'un dossier assez solide. Un manque de preuve ne signifie pas qu'il était innocent de Facto, un peu comme ce fût le cas pour son adversaire Strauss Kahn à New York. Mais cela ne les innocente nullement !
#3 - Le 27 janvier 2014 à 18h04 par v
mr sarkozy ne sera jamais mis en cause et pour cause... on peut pas inquiéter ses supérieurs tout permis!! ****MODERATEUR*** voir la charte du commentaire.

au détriment du peuple français! et que ce soit hollande Sarkozy ou autres, ça n empêchera pas que ce soit le crif assermenté par tel aviv qui gouvernera et fera ce qu il a envie en France! ça c est la réalité, la vraie... la censure incessante, la raison d état le prouve noir sur blanc!

Laisser un commentaire

*

*

*

*

Les champs marqués d'une étoile sont obligatoires

Media Web Régie par : Agence de presse et marketing Images & Idées images-et-idees@mail.ch CH 1847 Rennaz
www.media-web.fr  |   Nous contacter